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Éric Bernier revient sur son parcours atypique

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Photo : Bruno Petrozza / TVA Pu

Éric Bernier n’a pas vécu son parcours scolaire sous le signe de la facilité, mais il a quand même réussi à se tailler une place de choix dans le métier. Depuis toujours, l’acteur fonctionne à l’instinct, en suivant sa propre voie... et ça lui réussit! Drôles de Véronic signe son retour au petit écran dans une émission qui met de la légèreté dans notre vie en ce début d’année!

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Éric, heureux de ton retour au petit écran dans Drôles de Véronic?
Oui, surtout que c’est un projet qui n’était pas prévu. Véronic le mijotait depuis longtemps, mais il devait se concrétiser plus tard à cause de sa tournée. Avec la covid, l’émission a été mise sur pied rapidement. Je ne m’y attendais pas: je n’avais plus de travail depuis sept mois, et rien au programme avant deux ans. J’ai donc été heureux de participer à ce projet et de faire de la comédie. C’est un beau travail d’équipe et cette collectivité me fait du bien. Comme nous sommes tous isolés, nous sommes heureux de travailler! C’est un vrai projet de cœur. J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi attentionné que Véronic. J’apprends beaucoup à ses côtés. C’est une grande actrice avec un grand sens de l’humour et une humanité incroyable... Nous sommes tous tombés amoureux d’elle! 

TVA


Tu mentionnais ne pas avoir travaillé pendant sept mois. Est-ce arrivé souvent dans ta carrière?
J’ai eu un passage à vide après Tout sur moi et Sophie Paquin. Pendant huit ans, j’avais travaillé sur ces séries en jouant au théâtre le soir. Je dormais quatre heures par nuit. C’était exigeant, mais j’étais heureux. Ça m’avait tout de même fait du bien d’arrêter. De la même manière, le confinement m’a fait du bien. Ça remet notre métier en perspective. Depuis 30 ans, je suis habitué à jouer, à être critiqué — certains aiment, d’autres non. Quand ça s’arrête, c’est très étrange. Comme être humain, je me questionne: qui suis-je, à part un acteur? Encore une fois, je suis un optimiste. Même si c’est l’horreur, je regarde les événements comme un sociologue et me demande ce qui ressortira de positif de tout cela. Personnellement, je compte conserver certaines choses du confinement, notamment de ne pas tout faire à tout prix. Je me suis même dit que je pourrais exercer un autre métier...

Es-tu allé jusqu’à te demander quel métier tu pourrais faire si les choses ne reprenaient pas?
Oui, j’étais prêt à changer de métier. J’ai toujours aimé l’aménagement paysager. Au chalet, je plante des arbres, je fais des essais, j’expérimente. Ces travaux éliminent toutes mes angoisses. J’allais étudier en horticulture au Jardin botanique, mais des projets se sont confirmés. C’est insupportable d’être passif face à un virus qui décide pour nous et qui nous force à patienter. Je ne suis pas très patient de nature pour ce genre de choses...

As-tu vécu le confinement à la campagne?
Je fais partie des chanceux qui ont eu la possibilité d’acheter un chalet avant la pandémie. Ça m’a sauvé la vie. Quand on est dans la nature, on voit les changements de saison. Je trouve que nous sommes sur Terre pour apprendre des choses, pour être déstabilisés, pour connaître des bouts difficiles aussi. Je ne crois pas au bonheur constant. Comme acteur, il faut accepter les périodes fertiles et celles qui le sont moins. Le métier ne se fait pas de la même manière dans la vingtaine que dans la quarantaine ou la cinquantaine. Nous avons tous nos raisons de faire ce métier, mais ça change quand on vieillit. On n’a peut-être plus autant besoin d’être dans le regard des autres. Parfois, j’aime l’anonymat, j’aime que les gens m’oublient un peu. À l’âge que j’ai, c’est la première fois que je travaille à TVA. C’est très familial. Je suis toujours fier de faire partie des shows que je respecte. Je n’ai pas de plan de carrière. Je vais là où j’ai envie d’aller.

Une partie de toi se sent-elle rassasiée par le métier?
Oui, je n’ai aucune frustration. Je n’ai jamais fait de shows que je n’aimais pas. J’ai été chanceux. Je pense faire les choses avec une certaine naïveté, voire de la candeur: je participe aux spectacles auxquels je crois. Je sais où je ne suis pas bon et je ne veux pas imposer cela aux autres. J’ai donc refusé beaucoup de choses... J’ai besoin d’apprendre. Si je n’ai pas l’impression d’apprendre, j’ai le sentiment de perdre mon temps. Je m’investis beaucoup dans mes projets. Je suis très rigoureux.

On imagine que tu as été un bon élève...
Non, à l’école, j’étais un cancre! Je pense que j’avais un TDAH qui n’avait pas été diagnostiqué à l’époque. J’avais beaucoup de difficulté à me concentrer: j’avais des notes surréalistes! J’avais romantisé mon passé: je me voyais comme un enfant rêveur qui arrivait à faire sa place. C’était faux! J’ai revu mes bulletins: ils étaient catastrophiques! Mes professeurs m’adoraient, mais j’étais constamment dans la lune... Je m’épanouissais dans les cours d’art. J’ai habité Beyrouth avec mes parents, puis en France quand ils sont partis vivre en Arabie Saoudite. À 15 ans, l’entreprise de mon père avait proposé de payer mes études, alors j’ai demandé à étudier en France. Je voulais être peintre. Mes parents ont été extraordinaires! 

Photo : Bruno Petrozza



De te laisser suivre ta voie à 15 ans?
Oui! Je me suis retrouvé seul, dans le sud de la France. Aujourd’hui, quand je vois des jeunes de 15 ans, je me rends compte à quel point j’étais jeune, quand même... Lorsque je suis arrivé avec ma valise, j’ai pleuré un peu. Je me suis demandé à quoi j’avais pensé. Là-bas, ç’a été horrible. Entre les étudiants français et moi, il y avait un tel décalage! Une amie m’a aidé, mais je n’arrivais pas à rattraper ce niveau d’éducation. Comme ça ne marchait pas, j’ai décidé d’être auditeur libre. J’étudiais le français, l’espagnol, la philosophie. J’ai aussi fait de la peinture et de la gravure. On a tenu compte de mes centres d’intérêt. À mon retour au Québec, on a considéré que ces deux années ne valaient rien. Je me suis battu pour obtenir une équivalence. J’étais un outsider.

Finalement, tu as toujours suivi ton cœur?
Oui, et mes parents m’ont toujours respecté et encouragé dans mes choix. Ils savaient que j’étais un esprit libre. C’est pour cette raison que je suis prêt à faire un autre métier si je n’ai pas de travail. Au printemps, j’ai songé à travailler dans les CHSLD, mais finalement, on m’a proposé un rôle...

Drôles de Véronic, mercredi 21 h 30, à TVA. La bande dessinée Whitehorse, qui sera adaptée pour la scène et qui met en vedette entre autres Éric Bernier, Charlotte Aubin et Sonia Cordeau, sera disponible en vidéo sur demande, du 15 au 20 mars, sur duceppe.com.

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