Bianca Gervais: Son rôle de Marie-Louise dans L'Échappée a eu un impact dans sa vie | 7 Jours
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Bianca Gervais: Son rôle de Marie-Louise dans L'Échappée a eu un impact dans sa vie

Image principale de l'article Le rôle de Marie-Louise a été un cadeau

Malgré la pandémie, Bianca Gervais a rapidement renoué avec les plateaux de tournage, entre autres, avec Format familial, L’Échappée et Les pays d’en haut. Ce dernier projet a d’ailleurs permis à l’actrice de découvrir que sa complémentarité avec son amoureux, Sébastien Diaz, se poursuit aussi à travers le jeu. En effet, tourner sur la même série a donné l’occasion au couple de faire la preuve de sa grande complicité. Oui, cette chimie déjà grande se vit aussi à titre d’acteurs...

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Bianca, qu’est-ce qui attend Marie-Louise dans L’Échappée?
Je peux juste mentionner que la saison se termine sur un très gros punch! Ce qui est intéressant cette année, c’est qu’on s’inquiète beaucoup pour Richard, qui met sa famille en péril. Il est désillusionné par rapport à la police; il a le sentiment d’être trahi. Avec un ami d’enfance qui a l’habitude de faire des magouilles, il semble être sur le point de tomber du côté des méchants. Marie-Louise a adopté deux enfants dont elle ne veut pas perdre la garde, alors, ses valeurs profondes vont être ébranlées. Elle voit l’homme qu’elle aime être sur le point de se laisser attirer par les forces du mal. Elle veut le raisonner, faire en sorte qu’il se réveille avant qu’il ne soit trop tard, mais ça ne semble pas fonctionner. Elle est profondément partagée entre l’homme qu’elle aime et ses enfants. Elle devra faire des choix.

C’est la saison du grand déchirement?

Oui. Comme elle est famille d’accueil pour une adolescente qui réclame son autonomie, on dirait qu’après qu’elle s’est beaucoup investie auprès de son homme et de cette jeune fille, tout le monde la déserte. Elle se retrouve seule, et c’est souffrant.

Est-ce qu’on te parle beaucoup de ton personnage?
Au début, les gens avaient beaucoup de mal à la saisir. Lorsque je faisais mon épicerie et que les gens passaient des commentaires sur elle, je sentais qu’ils ne l’aimaient pas. Certains me disaient même qu’ils avaient envie de la chicaner. Pourtant, ce n’était pas un personnage détestable... En fait, j’ai fini par comprendre qu’elle était trop parfaite. Marie-Louise est droite, sans compromis, sans faille. Elle est super intelligente, elle résout les enquêtes et elle a un bon instinct. Ensuite, on l’a vue craquer, adopter un enfant, puis le perdre parce que la mère biologique est revenue dans le décor. À partir de ce moment-là, les commentaires à l’épicerie ont complètement changé... Je suis passée de «Vous, on ne vous aime pas!» à «Venez que je vous prenne dans mes bras!». On ne m’arrête pas en m’appelant Bianca, mais Marie-Louise...

Grâce à son humanité, les gens se sont mis à l’aimer finalement...
Oui, les gens ont besoin de voir que le personnage a des failles. Dans ma carrière, il y a vraiment eu un avant et un après Marie-Louise. Grâce à elle, j’ai gagné un capital de sympathie. Elle a vécu tant de grands drames! Le fait de faire partie de la vie des gens depuis cinq ans a créé un beau lien entre nous. 

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En quoi te sens-tu proche ou différente de Marie-Louise?

Ça peut sembler étonnant, mais, sur papier, je ne me serais pas offert le rôle. Ç’a été un cadeau dans ma carrière. Moi, on ne m’offre pas souvent des rôles; la plupart du temps, je passe des auditions. Marie-Louise a été un cadeau. Je suis plus émotive qu’elle, qui est plutôt pragmatique. Je suis aérienne. Elle, elle est enracinée. Avec mon personnage, j’ai appris à faire des fouilles de police. La gestuelle et le non-verbal sont très forts. Interpréter autre chose que ce que je suis dans la vie, ça fait tellement de bien! Dans la vie, je suis bubbly, lovely; mais si je n’incarnais que ça, ça deviendrait vite insipide. 

À quel moment es-tu retournée sur les plateaux?
Nous n’avons pas été les premiers à recommencer les tournages, mais nous avons été parmi les premiers à l’été 2020. Ça s’est bien passé. Des protocoles hyper stricts sont appliqués. Ça pourrait nous sembler contraignant, mais nous sommes tellement privilégiés de pouvoir travailler que nous sommes heureux! Certains acteurs n’ont pas travaillé depuis un an... C’est évident que ça peut être parfois frustrant de composer avec un plexiglas. C’est comme un miroir: je vois plus mon reflet que ma partenaire de jeu, mais nous sommes capable de continuer à raconter des histoires. Je crois que nous avons une utilité encore plus pertinente qu’avant.

L’adaptation s’est donc faite facilement?
Oui, même si au début, j’ai pensé que les protocoles allaient nous éloigner: avec le port du masque et de la visière, ne plus dîner ensemble, ne plus nous raconter nos week-ends. Finalement, ça nous a plutôt soudés. C’est comme si nous allions à la guerre ensemble. Chaque jour de tournage devient une grande réussite. Pierre-Yves Cardinal est devenu un frère pour moi. Ça fait cinq saisons que nous travaillons ensemble. Il m’a vue porter mon enfant, puis avec Bowie dans les bras. J’ai vu ses filles grandir. C’est touchant de pouvoir suivre de près l’évolution de nos collègues de travail pendant si longtemps. C’est la beauté des séries qui se prolongent sur plusieurs années: ça devient une famille. Même chose pour Format familial. Ce n’est pas mon équipe technique, c’est ma famille. Lorsque l’aventure se terminera, j’aurai une peine d’amour gargantuesque... 

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As-tu de la difficulté avec les fins de projets, les deuils, les adieux?

Profondément! J’évite d’aller reconduire mes proches à l’aéroport. Je quitte souvent les partys la première sans dire au revoir. Les fins de vacances en famille, le retour au quotidien, c’est difficile pour moi. Les transitions et les fins, j’ai bien de la difficulté à composer avec ça. Sur Format familial, j’ai le privilège d’animer avec Sébastien. Comme il est mon mari et que nous sommes dans la même bulle, nous étions toujours collés. Sébastien a eu un personnage dans Les pays d’en haut. Ça m’a donné des opportunités formidables! En théorie, je n’aurais jamais joué avec mon mari en tant qu’acteur! On ne nous aurait jamais proposé ça! Nous avons tous les deux décroché un personnage lors d’auditions Zoom que nous avons passées dans le bureau de Sébastien. Pour Sébastien et moi, jouer dans Les pays d’en haut, ç’a été une belle opportunité qui nous a permis de découvrir que nous avons aussi une belle chimie à titre d’acteurs à l’écran. Du côté de Sébastien, je découvre que jouer est naturel pour lui. Ça marche! 

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Ça vous permet d’atteindre un autre niveau de complicité?
Oui. Et j’aime le fait que, contrairement à d’habitude où c’est moi qui vais dans son monde — l’animation et la réalisation —, c’est lui qui vient dans le mien. Je tiens à souligner son courage. Souvent, quand des gens acceptent un mandat d’acteur, c’est mal reçu. Il aurait pu perdre sa crédibilité. Nous avons des manières très différentes de travailler. Lui est très instinctif, moi je me prépare à l’avance. Au début, j’ai essayé de le coacher, mais il trouvait que je lui donnais trop d’informations. Je me suis rendu compte qu’il fallait que je le laisse aller. Ma job comme blonde, c’était de lui dire: «Allez, vas-y, fonce!» (rires) Au final, il était super bon!

L’Échappée, lundi 20 h, à TVA. Format familial, mercredi 19 h 30, à Télé-Québec.


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