Pierre-Yves Lord à la tête d’un nouveau documentaire au sujet étonnant | 7 Jours
/magazines/tvhebdo

Pierre-Yves Lord à la tête d’un nouveau documentaire au sujet étonnant

Image principale de l'article À la tête d’un nouveau documentaire

Depuis quelques années, la réputation des Kevin, Kévin et autres Kaven de ce monde en prend vraiment pour son rhume. Afin de comprendre pourquoi ce prénom est devenu la cible d’autant de préjugés et de moqueries, Pierre-Yves Lord mène l’enquête dans Kevin.

• À lire aussi:
Pierre-Yves Lord a visité le Cambodge avec son fils

• À lire aussi:
Pierre-Yves Lord partage de magnifiques photos de voyage avec son fils

Ceux qui croient que les individus sont définis par leurs noms ne pensent pas grand-chose de bon du prénom Kevin et de ses déclinaisons, qui renvoient souvent au manque d’éducation, de classe et de bon sens. En fait, une étude française de l’Observatoire des discriminations révèle que face à un Jonathan ou à un Sébastien doté du même CV, les Kevin ont 30 % de chances en moins de décrocher un emploi.

Surpris par cette tendance qui ne semble pas près de s’essouffler, Pierre-Yves Lord explore les origines du prénom dans Kevin, un documentaire produit par Urbania et réalisé par Parish. Pour y arriver, l’animateur rencontre une dizaine de Kevin ainsi qu’une poignée de spécialistes en communication, en sociologie et en publicité.

Un portrait disgracieux

Pour en savoir plus sur les préjugés auxquels les Kevin font face, on entame le documentaire en compagnie de Cédrick Hached, qui s’y connaît bien en image de marque. À la demande de Pierre-Yves, le vice-président et associé de l’entreprise Ad hoc a donc mené un groupe de discussion qui dessine l’image peu reluisante que les Québécois se font des Kevin: les adjectifs de délinquant, d’imbécile et de redneck y côtoient les images de tatouages tribaux, de Honda Civic modifiée et de chandails à motifs de flammes, au grand déplaisir des Kevin réunis par l’animateur.

Ces derniers sont toutefois habitués à ce genre de stéréotypes, même s’ils auraient préféré y échapper. Depuis le Kevin physiothérapeute jusqu’au Kéven travailleur autonome, en passant par le Kaven contrôleur aérien et le Kévune expert en sinistres, tous ont vu leur prénom compliquer leurs vies personnelle, professionnelle et amoureuse. Certains ont même évité de l’utiliser pendant un moment, alors que d’autres «s’assument» dans l’espoir de briser la malédiction.

Le déclin de l’empire Kevin

Les mères de ces Kevin se montrent pourtant fières de leurs choix, ce qui est loin d’étonner Anouk Bélanger. La professeure de communication à l’UQAM explique en effet que dans les années 1980, la scène culturelle du Québec est dominée par les produits américains. La popularité de Kevin McCallister (Macauley Culkin dans Maman, j’ai raté l’avion), Kevin Bacon ou Kevin Costner entraîne alors la naissance de plus de 100 000 petits Kevin, en 1990, avant de perdre progressivement en popularité. Les origines celtes et irlandaises du prénom ainsi que sa récupération par l’Église catholique n’ont pas tardé à se perdre dans ce tsunami culturel américain.

Selon Nadia Seraiocco, chargée de cours à l’École des médias de l’UQAM et future docteure en communication, l’apparition des médias sociaux aurait ensuite terni l’image de tous les Kevin de ce monde avec leurs vidéos virales utilisées comme moqueries. Fiers d’être prolétaires Les Kevin rassemblés par Pierre-Yves Lord avouent que ce sont ces vidéos, gifs animés et mèmes viraux qui leur causent le plus de tort — encore faut-il savoir pourquoi. Baptiste Courmont, sociologue et auteur de La sociologie des prénoms, propose une réponse en soulignant que les bourgeois et aristocrates évitent d’affubler leurs enfants de prénoms populaires auprès des classes sociales inférieures. De leur point de vue, le prénom de Kevin est ainsi devenu synonyme de mauvais goût.

Cette opinion semble s’être répandue dans toute l’Amérique du Nord et en Europe, où Pierre-Yves parle à d’autres Kevin persécutés. Par contre, l’animateur remarque que les Québécois auraient plus d’estime pour un Kevin américain ou français que pour un Kevin local, ce qui lui donne envie d’intervenir. Il propose ainsi à l’agence LG2 de développer quatre options de campagnes publicitaires destinées à redorer l’image du prénom au Québec. On risque d’être surpris par le choix final des Kevin du documentaire Kevin!



À VOIR AUSSI: 15 vedettes québécoises qui aiment s’adonner à la pêche

s

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus