Rebecca Makonnen à la barre d’une série pour mettre en lumière les communautés noires | 7 Jours
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Rebecca Makonnen à la barre d’une série pour mettre en lumière les communautés noires

Image principale de l'article Rebecca Makonnen à la barre d’une nouvelle série

En ce mois de l'histoire des Noirs, Radio-Canada Ohdio met en ligne la série Jouer dans le noir, animée par Rebecca Makonnen. L'animatrice nous parle de ce projet né à la suite des événements majeurs de l'actualité survenus l'année dernière.

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«La série Jouer dans le noir a été imaginée l’été dernier dans la foulée de la mort de George Floyd et de Breonna Taylor, du mouvement Black Lives Matter aux États-Unis et d’événements survenus ici aussi, explique d’entrée de jeu Rebecca Makonnen. Ça vient d’un amalgame de plein de choses à la suite de l’été très mouvementé qu’on a eu, du ras-le-bol d’entendre que plus ça change, plus c’est pareil, d’un sentiment d’impuissance et aussi du fait que j’étais bien tannée d’entendre les gens dire que les personnes issues des diversités se victimisent tout le temps. Je me disais: “Quand tu dis que tu as été victime de profilage racial, t’es en train de te plaindre et de dire que t’es une victime ou tu veux juste mettre les gens au cou- rant de ce qui se passe dans la société?”»

De ces réflexions est née la série en sept épisodes qui décrypte des œuvres phares de la culture populaire mettant en lumière les communautés noires, et qui a d’abord été présentée à son émission On dira ce qu’on voudra, à ICI Première. «Quand la série a été diffusée, à l’automne, il y a eu un impact. J’ai reçu des courriels de gens dont ce n’est pas la réalité qui m’ont dit que ça les intéressait de lire le livre, de connaître l’artiste visuel ou d’écouter la musique dont on avait parlé.» Dans chaque épisode, des collaborateurs viennent discuter, dont Nicolas Ouellet, Corneille et le professeur de philosophie Jérémie McEwen.

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NI NOIR NI BLANC
En moins d’un an, on a vécu la naissance du mouvement Black Lives Matter et la polémique autour du mot en «N». «On a eu beaucoup de discussions sur l’existence ou non du racisme systémique. Ce sont des sujets super sensibles et complexes, avec beaucoup de nuances. Ce n’est ni noir ni blanc. On n’est pas encore capables d’en parler sans dire qu’il y a une tyrannie de la diversité, où il y a des gens qui veulent censurer. C’est comme si, automatiquement, on allait dans le fait qu’on essaie de nous censurer et qu’on ne peut plus rien dire. Je trouve qu’on n’a pas encore trouvé la manière de s’écouter, d’en parler intelligemment... Il faut que, collectivement, on cesse de penser qu’on vit dans un pays de licornes accueillant, où le profilage racial n’existe pas et où les gens ne sont pas blessés par certains propos. Il y a des choses qu’on disait peut-être avant, mais qui ne passent plus aujourd’hui. Après ça, il y a mille nuances: “Est-ce qu’on bannit des œuvres? Est-ce qu’on met des livres à l’index?” Il y a quelques années, à Occupation double, des filles ont utilisé le mot en «N» et s’en sont excusées dans le cadre de l’émission. Ça doit passer par l’éducation. Il y a du chemin à faire.» 


UNE VOLONTÉ DE CHANGEMENT
Pour qu’il y ait du changement, il faut de la volonté, et l’animatrice le remarque avec son émission de radio. «Je pourrais uniquement me concentrer sur les messages racistes et haineux que je reçois, mais je n’ai pas envie de faire ça.      

Je me concentre sur ce que je reçois comme feedback de gens qui me disent qu’ils ne connaissaient pas tel auteur, que ça manquait à leur culture, et qui me remercient de les avoir aiguillés là-dessus. À On dira ce qu’on voudra, on a un segment qui s’appelle En direct de l’adolescence. On demande à deux ados de parler de sujets d’actualité à travers leurs yeux d’adolescents; c’est super inspirant de les entendre parler. Il y a une volonté de changement. Évidemment, ça vient parfois avec une certaine maladresse, une certaine ignorance. Je ne suis là pour faire la leçon à personne; j’ai plein de choses à apprendre, moi aussi. Ça demande une curiosité et une ouverture d’esprit. Il faut qu’on arrête de penser que les gens qui ne sont pas comme nous viennent nous voler des choses. Au contraire, ils nous en apportent.»      

La série Jouer dans le noir est disponible sur l’application Radio-Canada OHdio. On dira ce qu’on voudra est en ondes du lundi au jeudi à 20 h 30, à ICI Première.
De plus, on retrouve Rebecca Makonnen dans la sixième saison d’
Esprit critique, les vendredis à 22 h, à ARTV.

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