Nouveaux visages | Vincent Fafard | 7 Jours
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Nouveaux visages | Vincent Fafard

«J’ai vraiment eu du plaisir à jouer dans Trop»

Image principale de l'article Vincent Fafard
Photo : Annie Éthier Photographe

Il y a plus de 10 ans que Vincent Fafard a obtenu son diplôme du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Chanteur, auteur et comédien, il a principalement travaillé au théâtre avant de faire le saut à la télévision. Voici le parcours de l’interprète de Raphaël dans Trop. 

Vincent, d’où vient ton désir d’être comédien?

Je viens d’un village de 1200 habitants dans Lanaudière. C’est un endroit où vivent des gens magnifiques, très habiles de leurs mains. C’est aussi un milieu rural et agricole. Je me suis toujours senti différent des autres et je ne trouvais pas mon compte dans les activités du village; je m’inventais donc des personnages et j’utilisais beaucoup l’humour pour me démarquer. J’ai même incarné Joseph dans la crèche. C’était la seule chose qui me rapprochait du théâtre, même s’il n’y a eu qu’une représentation. (rires) Au secondaire, j’ai fait de l’improvisation et, par la suite, je me suis inscrit en théâtre au cégep de Saint-Laurent. J’avais envie de changer de monde et j’avais besoin de rencontrer des gens qui me ressemblaient. Comme bien des élèves, j’ai passé les auditions pour le Conservatoire, mais je n’ai pas été accepté. J’en ai profité pour voyager pendant un an avant d’essayer de nouveau et j’ai été choisi. 

Tu n’avais donc pas de modèle venant du milieu artistique?

Mon père est un artiste, mais dans une tout autre branche: il peint des motos. C’est un métier hyper marginal. Mon père a une grande ouverture sur le monde. Quand j’étais jeune, nous regardions ensemble La course autour du monde. Mon père aime aussi la photographie; à la maison, nous avions des revues de photo. Il m’a ouvert l’esprit et m’a poussé à devenir curieux. Je crois que ça m’a mené vers le métier que j’ai choisi. 

Puisqu’ils étaient ouverts d’esprit, tes parents t’ont-ils toujours encouragé dans tes choix?

Oui, même si c’est totalement différent de ce qu’ils font. 

Quelle est la première production professionnelle à laquelle tu as pris part après tes études?

Je n’étais même pas sorti de l’école lorsqu’on m’a sélectionné pour La roulotte, avec Anne-Élisabeth Bossé et Guillaume Cyr. Nous avons donné plus de 150 représentations de Zorro. Cette belle expérience a duré deux ou trois ans; nous nous sommes promenés partout, des Îles-de-la-Madeleine à Winnipeg. 

Le théâtre a rempli ton agenda pendant plusieurs années...

Oui, j’en ai fait beaucoup. Au théâtre, il est possible de faire plusieurs choses différentes; ça m’a amené à jouer dans des comédies musicales et des classiques. 

Chantes-tu aussi?

Oui, j’ai remplacé Normand Brathwaite dans Grease. J’ai aussi un groupe de musique, Les Gerry’s. Nous sommes sept artistes qui reprennent les succès de Gerry Boulet a cappella. Nous allons bientôt sortir un album anniversaire pour fêter les 10 ans du groupe. 

Comment le groupe s’est-il formé?

J’ai toujours aimé Gerry Boulet et Offenbach. Au Conservatoire, j’ai rencontré des gens qui avaient la même passion. Au début, nous avions une seule toune, que nous avons chantée à côté du métro. Nous avons récolté 20 $, que nous avons utilisés pour acheter des partitions, et tout a commencé comme ça. C’est quelque chose qu’on fait à temps perdu, et cette période est parfaite pour ça. 

Du côté de la télé, quel est ton premier rôle significatif?

C’est celui que je tiens dans la série Web Barman, qu’on peut voir sur Tou.tv. Je joue aux côtés de Martin Laroche et de Sonia Cordeau. Au cours de la dernière année, tout s’est enchaîné: j’ai joué dans Victor Lessard, Trop et Toute la vie. Le rôle dans Victor Lessard est arrivé en premier. Dans la troisième saison, j’incarne un journaliste qui réunit des informations importantes. 

Parle-moi de ton personnage dans Trop...

J’ai vraiment eu du plaisir à jouer dans cette série. Je suis un ami d’Evelyne Brochu et d’Alice Pascual. Je campe Raphaël, le premier chum d’Anaïs (Virginie Fortin). Anaïs est le sujet d’un documentaire sur sa bipolarité et, après l’avoir vu, Raphaël revient dans sa vie. Il a l’air d’un bon gars, mais il a des intentions cachées. Il y a quelque chose derrière ses retrouvailles avec Anaïs. 

Avec Virginie Fortin dans Trop.

Photo : © Radio-Canada

Avec Virginie Fortin dans Trop.

Certains téléspectateurs ont eu l’impression qu’ils t’ont vu pour la première fois à la télévision dans Toute la vie. Comment as-tu vécu cette expérience?

Après Victor Lessard et Trop, je me sentais en confiance quand j’ai auditionné pour le rôle de Jonathan, sans savoir comment le personnage allait se développer. C’est un gars intrigant; on ne sait pas trop ce qu’il vient faire à Marie-Labrecque. Il a une relation complexe avec Jolène (Alison Carrier), mais, quand j’interprète ce genre de personnage, j’aime croire qu’il n’est pas complètement méchant. Jonathan est un être humain avant tout, et il agit comme il le fait pour une raison précise: faire vivre sa famille. J’aime défendre des personnages indéfendables. 

Avec Alison Carrier dans Toute la vie.

Photo : © Radio-Canada

Avec Alison Carrier dans Toute la vie.

Le reverra-t-on dans une prochaine saison?

En ce moment, c’est difficile de le savoir, car tout est incertitude et changement. Cependant, je crois qu’il y aurait matière à présenter le procès de Jonathan.

Quels sont tes projets?

J’essaie de me diversifier: je chante et j’écris. J’ai des projets en développement de ce côté et des tournages qui ont été interrompus.

Lesquels de tes contrats t’ont le plus marqué?

Au théâtre, L’importance d’être constant a été un beau tremplin. Quant à la série Barman, elle m’a permis de jouer avec plusieurs comédiens de passage, de qui j’ai beaucoup appris. Enfin, Toute la vie m’a donné de la visibilité. 

Que rêves-tu de jouer?

J’ai fait peu de comédie, et j’aimerais beaucoup en faire plus à la télé. Du côté du théâtre, je rêve d’un rôle comme celui d’Iago dans Othello

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