Andréanne A. Malette lance un troisième album intime et introspectif | 7 Jours
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Andréanne A. Malette lance un troisième album intime et introspectif

Image principale de l'article Un troisième album intime et introspectif
Production

À l'aube de ses 30 ans, Andréanne A. Malette réalisait un vieux rêve en faisant une croisière en Alaska. Ce périple lui a inspiré l'écriture de son nouvel album, Sitka. Un voyage dans une lointaine contrée qui lui a permis de se retrouver...

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Sitka est une ville sur la côte Pacifique de l’Alaska. Voilà deux ans, Andréanne s’y rendait seule à la faveur d’une croisière. «Cet endroit m’a toujours fascinée. Quand j’étais jeune, quelqu’un m’avait dit qu’on pouvait y skier et, rendu en bas, surfer. C’est resté gravé dans ma tête. Je trouvais que c’était la ville parfaite!» 

Elle est partie seule avec sa guitare. «C’était un arrêt dans le temps pour mes 30 ans. Un petit pèlerinage personnel pour prendre du temps pour moi. Je n’ai parlé à personne durant une semaine. Je ne faisais que jouer de la guitare sur le pont.» 

Ce périple en mer et en terre inconnues lui a été bénéfique sous tous rapports. Elle est revenue plus légère qu’au départ. «Le but était de faire une coupure, de laisser derrière moi ce dont je n’avais plus besoin et d’aller de l’avant. Un soir, sur le bateau, j’ai écrit sur une feuille lettrée tout ce que je voulais laisser derrière. Je tripe origami, et avec cette feuille j’ai fait un bateau que j’ai mis à l’eau. Même si c’est symbolique, ç’a eu un bel effet sur moi.» La chanson Bateau en papier, gravée sur Sitka, en témoigne. 

Courtoisie / Agence QMI

REMISE EN QUESTION
En décembre 2019, au Club Soda, Andréanne mettait le point final à une tournée d’une centaine de dates qui s’inscrivait dans la foulée de son deuxième album, qui porte simplement son nom. Porté par les succès Fou et Ici et ailleurs, il avait atteint le très enviable plateau des 10 000 exemplaires vendus. 

Il était prévu qu’elle se consacrerait à l’écriture dès les premiers mois de 2020. Puis est survenue la crise sanitaire. «Je trouvais que c’était un très bon moment pour une pandémie, lance-t-elle en riant. Pour ma carrière, c’est arrivé au moment où j’avais besoin d’une pause et de passer du temps à m’inspirer pour écrire. C’est bien tombé, mais, malheureusement, ce n’était pas super inspirant. Le contexte était tellement particulier et anxiogène! On ne savait pas ce qui s’en venait.» En faisant un clin d’œil, elle ajoute: «J’ai fait comme tout le monde: j’ai cuisiné des brownies et regardé la série La casa de papel.» 

Après son expérience en Alaska, les circonstances ont fait en sorte qu’Andréanne a vécu un autre épisode d’introspection. «J’ai passé le confinement à remettre en question toutes mes valeurs et à essayer de soigner certaines blessures. Je n’ai pas eu besoin de vivre de nouvelles aventures pour être inspirée. Je n’ai eu qu’à faire un retour en arrière et un bilan. Ça m’a fait écrire pas mal de choses.» 

UNE FILLE DES BOIS
Au final, ce troisième album propose 10 chansons originales. Le premier extrait, Le brasier, est paru l’an dernier. Au début de cette année était diffusé le clip d’Alaska. «Visuellement, j’ai recréé au Québec ce que j’ai vu là-bas. Pour une raison que j’ignore, je suis touchée par les paysages froids et nordiques. C’est dans le Grand Nord, la toundra et la forêt boréale que je vibre. J’ai un sentiment d’appartenance avec les ours, les renards et les loups.» 

Incidemment, dans le clip, Andréanne partage la vedette avec Chin, un magnifique loup gris, pensionnaire au Refuge Filles des bois. «Dans la vie, je suis convaincue que je suis Blanche-Neige, dit-elle en ricanant. Ça ne m’est jamais arrivé de ne pas avoir une belle connexion avec un animal. Je me sens comme une fille des bois connectée avec la nature. On dirait que je suis faite pour vivre dans cet environnement-là. Je vis à Montréal, et ça ne me convient pas du tout.» 

Les images d’Alaska, autant que le livret de Sitka, donnent tout l’espace au noir et blanc. «C’est parce que je voulais aller vers une très grande simplicité. Ça fait deux ou trois ans que mon rôle de productrice prend beaucoup de place et j’avais besoin de retourner à l’essence artistique. La photographe Catherine Deslauriers fait beaucoup de noir et blanc, et je voulais lui faire faire un trip. Artistiquement, elle s’est amusée. Avec le livret, on voulait créer une petite galerie d’art. On n’a pas imposé de couleur, de sorte que la personne qui écoute l’album peut créer son propre univers.» 

Photo : Dominic Gouin

INTIMITÉ ET MINIMALISME
Nécessairement, l’enregistrement de l’album s’est fait dans des circonstances exceptionnelles. «Au début, je me suis demandé avec qui j’allais travailler, parce que mon équipe avait un peu changé. J’ai décidé de faire l’album avec mes amis. Antoine Lachance, mon guitariste de tournée, s’est bâti un studio chez lui, et j’ai été en confinement avec lui en novembre et en décembre. Ensuite, mon chum est venu faire la batterie. On a fait ça de façon très intime et minimaliste. On enregistrait le jour, et le soir on jouait à des jeux de société.» 

Ledit chum est Olivier Savoie Campeau, qui partage la vie d’Andréanne depuis deux ans. Il était le batteur de sa dernière tournée et reprendra ses baguettes pour la prochaine. «J’ai toujours tripé sur la batterie. C’est mon instrument préféré. Je me demande si je n’étais pas une Amérindienne qui s’est réincarnée dans une petite blonde aux yeux bleus. Les percussions m’envoûtent. Et j’ai toujours été attirée par les drummers!» dit en riant celle qui a aussi fréquenté Maxime Lalanne. 

On rigole, mais Andréanne bosse fort. En plus d’avoir écrit toutes les chansons de Sitka, elle en est aussi la réalisatrice et, via la boîte Productions NIA, elle est sa propre productrice. «Chaque jour, je me dis que j’en ai trop sur les épaules. Mais j’aime me donner des défis et apprendre. J’aime savoir tout faire, quitte à déléguer si je suis moins compétente dans un domaine. Je n’excelle dans rien, mais je suis une touche-à-tout.» 

SUJETS SENSIBLES
Une chose est sûre: en sa qualité d’auteure-compositrice, Andréanne a le chic pour toucher les gens. Les réactions suscitées par sa chanson Fou lui en ont fait prendre conscience. «J’ai réalisé que les mots que j’écris peuvent avoir un impact. J’ai tellement reçu de témoignages qui me disaient que ça ouvrait un dialogue et que ça permettait de parler de la santé mentale! J’ai vu que mon métier avait une résonance dans la vie des gens.» 

Aussi s’est-elle donné sur Sitka la liberté d’aborder des sujets délicats. «Je me suis permis de parler de choses qui me touchent. Dans Le brasier, je parle de violence conjugale. Je suis très sensible à ça. Je suis aussi allée dans la culpabilité, le deuil, la dépression... Le jour parle du choc post-traumatique. Le cœur au ventre aborde une situation particulière où tu es à la fois victime et bourreau, tandis que tu te demandes si ce qui arrive est de ta faute ou si tu subis. Avec le mouvement #MeToo, c’est dans l’air du temps.» 

Andréanne prend soin de préciser que son album n’est pas un journal intime. «Je reste assez vague quand j’écris, parce que je veux que ça touche le plus de gens possible.» 

Bien sûr, il y a des thèmes qu’elle n’a jamais abordés sur ses trois albums, mais... ça viendra peut-être! «J’aurais envie de parler de maternité et de vieillesse, mais je ne connais pas ça, encore.» Elle ajoute en ricanant: «J’imagine que ça va venir avec le temps!» 

L’album Sitka est offert sur les plateformes d’écoute en continu et de téléchargement ainsi que sur la boutique en ligne d’Andréanne A. Malette.

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