Lynda Lemay se confie sur sa relation avec ses filles | 7 Jours
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Lynda Lemay se confie sur sa relation avec ses filles

Image principale de l'article Sa relation avec ses filles
Sébastien St-Jean

En pleine pandémie, à une époque où les albums se vendent beaucoup moins, Lynda Lemay a décidé de se lancer dans un grand projet; celui de présenter 11 albums de 11 chansons en 1111 jours! Les deux premiers, sortis en novembre, figurent déjà au sommet des ventes. Un projet périlleux mais pas impossible pour l’auteure-compositrice-interprète qui a écrit plus de 250 chansons depuis ses débuts.

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Lynda, 11 albums en 1111 jours! Ça doit être le projet le plus ambitieux de votre carrière, non?
Tellement! En plus, il y a plein de sous-projets à cette aventure-là. J’écris beaucoup, ces derniers temps. Je pense que je n’avais jamais écrit autant depuis mes débuts en 1993. Si je me souviens bien, cette année-là, j’avais composé environ 93 chansons, une affaire de fou! À l’époque, j’avais du temps! J’habitais avec ma sœur, elle m’aidait à vivre, parce que je ne faisais pas de gros sous. Je lui en serai à jamais reconnaissante. Ces années-ci, l’inspiration et l’envie de créer sont plus grandes que jamais, ce qui me permet de faire un projet de cette ampleur.

Vous avez écrit de très belles chansons sur ces albums, notamment J’ai pas dit non, qui est vraiment dans l’air du temps. Comment est-elle née?
Dans les derniers mois, il est arrivé à trois reprises que je m’éveille en sortant d’un rêve. J’ai alors pris mon téléphone sur ma table de chevet, et j’ai écrit le texte au complet de cette façon. Je ne sais pas exactement à quoi j’ai rêvé, mais j’avais clairement le souci de traiter d’une fille qui vit une relation sexuelle qui vire mal. J’ai pris ma guitare et la mélodie est née. Le même jour, je m’en allais en studio et j’ai décidé de faire la chanson à la guitare. J’ai fait quelques notes au piano, les chœurs, et, en soirée, elle était enregistrée. Ça s’est fait en toute spontanéité, et ça caractérise bien le projet au complet. Je ne m’empêche pas d’ajouter de la nouveauté. Je veux que ça me ressemble, telle que je suis aujourd’hui.

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Ce thème touche de près la deuxième vague de dénonciations de l’été dernier?
Oui. Souvent, les gens disent: «Pourquoi elle n’a pas dit non? Pourquoi elle s’est mise dans cette situation-là?» C’est peut-être parce qu’elle espérait un beau moment de complicité avec une personne. Dans le feu de l’action, c’est devenu quelque chose à quoi elle ne s’attendait pas. La femme, dans mon texte, réalise que le gars n’est pas un gentil. Et au moment où elle aurait pu dire non, elle est déjà sous la menace. Ça reste une agression. C’est une réalité; il y a des événements qui se passent comme ça et qui sont difficiles à expliquer. Je pense qu’en faire une chanson est un bon moyen d’enlever le jugement que les gens sont portés à avoir sur des femmes qui portent plainte.

Vous allez vraiment dans toutes les directions avec ces albums. Il y a même une chanson enregistrée en public.
C’est Madame Potvin, que j’ai écrite à la fin du confinement. Avec l’humour qu’on me connaît, je ne pouvais pas passer à côté de cette espèce de réaction du parent qui a envie que son enfant retourne à l’école, no matter what! J’ai poussé ça à l’extrême, jusqu’à me moquer d’un certain président. J’ai fait quelques spectacles cet été, et dans les 11 thématiques principales qui ont inspiré toutes ces pièces-là, il y avait Les fous rires jaunes. Ce sont justement toutes des chansons à l’humour déplacé. Ça faisait longtemps que je voulais faire un album de ce genre. J’ai décidé d’inclure dans ce projet-là d’anciennes pièces que je fais en spectacle, mais que je n’ai jamais endisquées.

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On a de vous l’image d’une personne qui est constamment entre deux valises, entre Montréal et Paris. Cette année a dû être différente. Comment l’avez-vous vécue?
Oui, vraiment différente, et c’était nécessaire. De toute façon, juste avant le départ de papa, j’avais déjà commencé à ralentir. Ça a marqué un temps important dans ma vie. J’avais besoin de me retrouver en famille avec mes filles, de vivre des choses de très près avec elles. J’ai voulu avoir de la constance, ce que je n’avais pas eu depuis des années, parce que j’étais toujours entre deux voyages. C’était important, en particulier avec ma belle Ruby qui arrivait à l’adolescence. C’était nécessaire pour moi, pour elle, pour ma grande aussi. On a vécu des choses extraordinaires, on a fait du trapèze volant, ma grande fille et moi. C’est notre passion. Avec le confinement, c’est plus difficile, mais j’ai eu la chance d’avoir un trapèze dans ma cour grâce à des amis. Ç’a été des moments extraordinaires. Ça me tient en forme! 



Avant que votre père ne décède en 2017, vous avez passé beaucoup de temps avec lui. Y a-t-il quelque chose en particulier qui vous fait penser à lui?
Avant son départ pour la maison de soins palliatifs, il était revenu à la maison. Il aimait s’asseoir dans la balançoire et regarder les urubus dans le ciel. Ces oiseaux le fascinaient. Chaque fois que j’en vois un voler, je m’exclame: «Ah! Papa! Papa!» D’ailleurs, j’ai le projet de me faire tatouer un urubu avec ma fille. Ce sera mon premier tatouage. Papa n’est plus là physiquement, mais il m’habite, il m’accompagne. Ce n’était pas quelqu’un de bavard, mais il était attentionné, présent, franc et gentil. Il avait un regard qui disait tout. Il était la bonté même. On ne se sent pas seul quand une personne comme lui passe à une autre étape.

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Quel âge ont vos filles, maintenant?
Ma grande Jessie a 23 ans et Ruby, 14 ans. Mes deux filles m’épatent.

Ça se passe bien avec votre plus jeune, malgré la pandémie?

Oui, on est vraiment de bonnes colocs! On a une très belle complicité, de plus en plus grande, en fait.

Lynda et sa fille Jessie



Quelqu’un partage-t-il votre vie, en ce moment?

Non, personne à part mes enfants. Il n’y aurait pas de place pour quelqu’un. Si ça arrive, tant mieux, mais je ne cherche pas. En ce moment, mes compagnons sont mon piano et mon crayon. Je suis totalement comblée avec ma vie de famille et ce projet de 11 albums!

Les deux premiers disques de son projet,
Il était onze fois et Des milliers de plumes, sont en vente. Voyez son vidéoclip Mon drame sur sa page Facebook ou son site, lyndalemay.com.

  

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