Le comédien Gérard Poirier donne de ses nouvelles | 7 Jours
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Le comédien Gérard Poirier donne de ses nouvelles

Image principale de l'article Des nouvelles de Gérard Poirier
Jocelyn Malette

La diction est toujours impeccable, l’élégance et la prestance, intactes. À 90 ans, qu’il a célébrés en début d’année, Gérard Poirier vit une retraite paisible, même si la pandémie assombrit quelque peu son bonheur.

On reconnaît immédiatement la voix inoubliable de l’acteur dès qu’il prend notre appel. 

«Comment allez-vous, Monsieur Poirier?» 

«Ça va aussi bien que ça peut aller, dans les circonstances, n’est-ce pas?», répond-il sagement. 

Difficile pandémie

La pandémie lui est difficile. Gérard Poirier et sa femme, sa douce Monique Provencher, habitent une résidence pour personnes âgées de la rue Sherbrooke, qui a jusqu’ici été épargnée par la COVID-19. Les règles y sont strictes, aucun visiteur n’est admis. 

Courtoisie Radio-Canada

«Le passage de la pandémie nous fait souffrir, c’est évident, mais on essaie de rester joyeux. Ce qui me gêne le plus, c’est de ne pas pouvoir faire ce que nous faisions avant l’arrivée de la pandémie. Avant, on sortait beaucoup plus; on allait faire nos courses ensemble, on allait manger avec des copains, on allait voir des spectacles. Ça bougeait.» 

Courtoisie Radio-Canada

«Pour l’instant, tout est condamné. On se sent prisonniers, quoi. Simplement aller visiter un copain est un problème. Et je pense que nous ne sommes pas les seuls. C’est une chose pénible à traverser pour tout le monde...», déplore le comédien de «L’Auberge du chien noir», «Le temps d’une paix», «Le parc des Braves», «Les Plouffe», et tant d’autres séries, films et pièces de théâtre, dont la carrière s’est étirée sur plus de 60 ans. 

Courtoisie Radio-Canada

À la retraite

Gérard Poirier nous annonce être «complètement à la retraite», «depuis six ou sept ans». 

«Je n’ai rien fait pour cela. C’est normal. Je crois que, parvenus à un certain âge, il n’y a plus de rôles pour... les vieux», ricane-t-il. 

Son dernier engagement à la caméra, estime-t-il, remonte au court métrage «Henry», de Yan England, qui avait été en nomination aux Oscars en 2013. À la télévision, on l’a peut-être vu pour la dernière fois dans la peau de Clermont Geoffrion, le père biologique de Claire (Marie-Thérèse Fortin), dans «Mémoires vives». 

Les archives

Ses souvenirs lui jouant des tours, Gérard Poirier sollicite l’aide de son épouse pour se rappeler avec exactitude. 

«C’est une chose bizarre que la vieillesse, philosophe-t-il. Les choses ne sont plus aussi claires qu’autrefois...» 

C’est pourtant avec éloquence qu’il raconte avoir joué ses premières scènes comme acteur, «en ondes», en 1954. Auparavant, il avait embrassé un parcours de professeur, tant à l’école normale qu’à l’École nationale de théâtre et au Conservatoire. 

«Je n’ai pas à me plaindre de ma carrière. J’ai toujours eu du travail. J’ai peut-être eu des petites périodes de chômage, mais ça n’a pas duré. J’ai été très occupé.» 

Et si on lui proposait un rôle, aujourd’hui, accepterait-il? 

«Il faudrait d’abord que je lise le texte. Je suis détaché, maintenant, de ce monde-là. Je crois que ça serait une difficulté. Je ne suis pas certain que je saurais encore mémoriser...» 

Bonne santé

De façon générale, la santé de Gérard Poirier se porte bien. 

«Je me tiens debout. Je peux encore avancer, c’est beaucoup! J’habite un endroit où sont les personnes âgées. Je peux comparer mon état avec celui d’autres, qui sont vraiment lamentables...» 

Il compose avec de menus problèmes de vue et d’audition. 

«Je regarde la télévision, mais comme j’ai une vue déficiente, j’en ai perdu le goût. Les personnages, pour moi, sont devenus des silhouettes très noires. Je subis une sorte de carême, si l’on veut. Le bonheur que j’avais à regarder la télévision n’existe plus. Tout est devenu difficile...» 

Anniversaire discret

L’artiste a franchi le cap des 90 ans, le 4 février 2020, en toute discrétion. Sa Monique lui confirme qu’aucun événement spécial n’avait été organisé pour marquer l’étape, qu’il désigne comme le «grand âge.» «Tu ne voulais pas!», lui souffle-t-elle, à quelque pas du combiné. Aujourd’hui, il attend sereinement ses 91 ans, imminents. 

Gérard Poirier est papa de deux filles, nées de son premier mariage. L’ainée est une femme d’affaires, la plus jeune est décédée. Sa précieuse Monique et lui font équipe depuis «30 ans au moins». 

«Nous sommes tous les deux, je crois, à notre deuxième mariage. Nous avons de la suite dans les idées... (rires) Elle a l’air d’une jeune fille. Elle fait très attention à elle. Ce que j’apprécie, remarquez...», complimente l’homme à l’endroit de sa tendre moitié.

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