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Lynda Lemay raconte comment est né son projet le plus ambitieux

Image principale de l'article Comment est né le projet de faire 11 albums
Sébastien St-Jean

Apprendre que Lynda Lemay a décidé de se lancer dans un grand projet, soit celui d’offrir au public pas moins de 11 albums comportant chacun 11 chansons, n’est pas étonnant quand on sait à quel point elle est productive. Celle qui a composé plus de 250 chansons depuis le début de sa carrière présente donc deux albums, Il était onze fois et Des milliers de plumes, qui ont vu le jour récemment!

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Lynda, comment cette idée de faire 11 albums est-elle née?
Il faut remonter en 2017, avant que mon papa décède. On l’a accompagné durant toute sa maladie et, dans les semaines qui ont précédé son décès, je passais beaucoup de temps seule avec lui, ce que je n’avais jamais vécu auparavant. Il y a comme une gêne qui s’installe quand on n’est pas habitué à être seul avec une personne aussi importante pour nous; on ne sait pas trop quoi dire. Moi, c’est en écrivant des chansons que j’ai fait face à cette réalité. Ç’a été mon réflexe. Et mon père participait à l’écriture, il s’amusait à me trouver toutes sortes de rimes. C’était beau, cette confiance que nous avions l’un envers l’autre, et le fait qu’il se sentait encore dans l’action alors que sa vie prenait fin. À la fin, comme il avait participé à la création de quatre de mes chansons, je lui ai dit: «Papa, on devrait faire un opéra!» Ç’a été l’idée de départ de ce projet-là: c’était une promesse que je faisais à mon père de faire voyager ces chansons-là.

Le projet d’opéra s’est donc transformé en 11 albums?

Oui, je te raconte... Un jour, j’attendais ma fille près de son école et j’avais son téléphone dans les mains. À 11 h 11, une sonnerie s’est fait entendre avec le message: «Make a wish!» C’est à ce moment que j’ai eu le flash: celui de faire 11 albums, sur 11 thèmes principaux. Par contre, les choses ont changé depuis; je me suis donné plus de liberté pour parler des sujets que je veux aborder. Au début, je voulais qu’il y ait une thématique par album. Mais finalement, la spontanéité et la liberté, c’est ce qui caractérise le projet au grand complet. Çame représente bien aussi, parce que j’aime être spontanée dans la vie. C’est un projet colossal; ça fait beaucoup de chansons à écrire! Quand j’ai ressenti le désir de créer tout ça, je savais qu’il y aurait beaucoup de nouvelles chansons, mais ça faisait longtemps aussi que je parlais de faire un album qui aurait pour titre Chanter comme au début. J’ai donc décidé que, parmi ces 11 albums, il y en aura un ou deux qui seront constitués de chansons qui appartiennent à mon passé. Ce sont des chansons qui ont pour la plupart fait partie de mes spectacles, mais qui n’ont jamais été endisquées. Je me suis dit que le moment était bien choisi pour inclure ces pièces.

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Onze albums en 1111 jours, c’est ambitieux!
Oui, et plusieurs vont dire que c’est une mauvaise idée de sortir deux albums en temps de pandémie, mais pour moi c’en est une bonne. J’avais le désir d’accompagner les gens dans ces moments où on est seul. Je pense que la musique permet de briser la solitude et de combler cette espèce de vide là.

Tu présentes deux albums simultanément. Est-ce que les chansons qui seront sur les neuf autres sont déjà écrites?

Oui, mais on va être en processus de création jusqu’à la fin des 1111 jours que je m’accorde pour sortir tous ces albums. Je sais que je peux être encore inspirée. Ce qu’on vit en ce moment m’amène à créer plusieurs nouvelles chansons, et je veux me laisser la liberté d’en enlever une qui était prévue pour la remplacer par une plus récente. Ce sont souvent les chansons les plus récentes que j’ai envie de défendre en spectacle, parce qu’elles correspondent vraiment à qui je suis au moment où je les chante.

Est-ce que les chansons écrites avec ton père sont sur ces deux albums?
Non, mais il y en aura une sur le troisième. On a décidé de ne pas l’inclure sur les deux premiers disques, parce qu’elle n’était pas finalisée en studio, tout simplement.

En somme, tu as entrepris ce projet en te donnant toute la latitude nécessaire pour qu’il soit vraiment à ton goût?
Je me suis toujours vantée de ne rien calculer quand j’écris; je me laisse totalement libre. Alors oui, je veux choisir ce qu’il y a de meilleur dans ce que je crée en ce moment, et je dirais que je suis un petit peu en feu! Je suis très inspirée par cette vie-là, qui est remplie de belles choses, mais aussi de quelques épreuves. Ce n’est pas facile à vivre: on fait des plans, les plans se défont... On est tous en train de vivre une partie de l’histoire qui est particulière. On n’a pas le choix de prendre les choses comme elles viennent... On prend ça au jour le jour, et on fait ce qu’on peut quand l’occasion se présente, sinon on fait autre chose! On est dans le moment présent plus que jamais, et je pense que ce n’est pas une mauvaise chose en soi. C’est plus la solitude qui est difficile à vivre pour certaines personnes. Ça peut être très difficile de ne pas pouvoir voir ses propres enfants, ses parents, ses amis proches... Ce sont de gros sacrifices à faire et il faut avoir une patience exemplaire. Ce n’est pas facile, surtout pour les personnes en fin de vie. On ne veut pas les laisser vivre ce passage toutes seules. Dieu sait que, l’ayant vécu avec mon père, je me sens très privilégiée d’avoir pu profiter de ces moments avec lui. J’ai pu être totalement présente pour lui durant ses dernières semaines, ses derniers mois. Ce n’est pas donné à tout le monde ces temps-ci, et je suis de tout cœur avec ceux qui ne peuvent pas le vivre de cette façon-là.

Avoir passé autant de temps avec ton père avant son départ t’a-t-il permis de mieux vivre ton deuil?
Oui, sûrement. Je n’ai pas vécu beaucoup de deuils dans ma vie, mais ce qui doit être dur, c’est quand on perd une personne qu’on aime et que les non-dits, les incompréhensions et peut-être les petits froids n’ont pas été clarifiés. Ça doit être plus dur de faire son deuil dans ce temps-là. C’est clair pour moi que mon père nous accompagne encore. On est remplis de cette espèce de lumière là, et je dois avouer que je n’ai jamais senti qu’il nous avait quittés. C’est comme s’il était toujours là.

Comment va ta mère?
Ma mère va bien. Elle est encore chez elle, et elle est tellement raisonnable, Janine! J’ai des parents vraiment admirables! Quand on a cette chance-là, on se sent fort de ces beaux exemples à suivre. Maman fait sa petite routine. Elle ne rajeunit pas, elle a ses petits problèmes de personne qui vieillit tranquillement, mais elle n’est pas du genre à se lamenter et elle se tient occupée. Elle est très organisée, ma mère. Elle garde le moral et elle aussi se sent bien accompagnée par son Alphonse, je pense. On ne peut pas se voir beaucoup, mais on se parle au téléphone. Quand il y avait moins de cas de covid-19 au cours de l’été, j’ai présenté plusieurs spectacles, et on se voyait lors de ces occasions, en prenant bien sûr toutes les précautions nécessaires.

Réalises-tu que ça fait 30 ans que tu as lancé ton tout premier album?

C’est vrai, ça fait 30 ans? Oh my God! Ça fait une autre chose à fêter, mais il va falloir attendre pour le fêter comme du monde!


Il était onze fois et Des milliers de plumes sont disponibles en magasin et sur les plateformes numériques. Pour en savoir plus sur ses projets: lyndalemay.com.


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