Joe Bocan fait le deuil la maison où ses enfants ont grandi | 7 Jours
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Joe Bocan fait le deuil la maison où ses enfants ont grandi

Image principale de l'article Elle fait le deuil la maison familiale
Photo : Julien Faugere

Cet automne, Joe Bocan a tourné une importante page de sa vie en vendant la maison où elle a élevé sa famille. Après 27 années à vivre en ces lieux qui lui ont procuré tant de doux moments, la chanteuse a accepté d’amorcer un nouveau chapitre de sa vie. Côté création, elle nous présente par ailleurs un album compilation de 14 grands succès intitulé Est-ce que tu m’aimes encore?.

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Joe, vous nous revenez avec une compilation. Qu'allons-nous y trouver?
Des chansons telles que Apocalypso, Repartir à zéro, Paradoxale, Les femmes voilées, mais aussi d’autres, moins connues. J’ai choisi deux pièces de La loupe, Les désordres du cœur et Nous aimerons-nous assez?, de même qu’un extrait de l’hommage à Joséphine Baker, J’ai deux amours. Cet album est comme un portrait de ce que j’ai fait ces dernières années. Même si je n’ai jamais quitté le métier, Est-ce que tu m’aimes encore? est pour moi comme un retour. C’est une façon de dire aux gens: «Ça fait longtemps qu’on s’est vus, est-ce que vous m’aimez encore?» 

En faisant ce bilan, avez-vous le sentiment d’avoir eu une grande carrière?
Non, j’ai plutôt le sentiment d’une belle vie! (rires) Je pense que j’ai une existence pleine. Ma carrière a été extrême par moments, ma vie familiale et amoureuse aussi, tout comme celle avec mes amis. Quand j’écoute cet album, je revois des périodes de ma vie. Je suis dans un grand bonheur et aussi dans une reconnaissance extrême, tant pour le plaisir d’interpréter encore ces chansons que dans le fait de remettre en lumière la fabuleuse création de chacune des personnes qui on écrit et composé ces œuvres. Je remercie chacune d’entre elles. Sans ces chansons, je ne serais pas!

PASCALE LÉVESQUE/AGENCE QMI



Vous n’avez jamais été carriériste, semble-t-il.
Jamais. J’ai essayé de le devenir, mais ça n’a pas fonctionné! (rires) Je n’ai jamais vu les choses d’une manière divisée: ma carrière, ma famille, etc. Mes enfants m’ont suivie en tournée. Mes parents nous ont suivis. J’ai été choyée! Mes parents ont 93 et 91 ans. 

Comment vont-ils?
Ils sortent moins souvent, surtout avec la covid. Récemment, j’ai quitté ma maison. Avant de déménager, je les ai invités à venir y manger une dernière fois. J’en ai profité pour les remercier de tout ce qu’ils m’ont permis de vivre. Sans eux, je n’aurais jamais eu cette vie extraordinaire. Ils accompagnaient mes enfants à leurs activités, nous nous partagions entre la gym et le hockey. Ils ont toujours été là pour me soutenir! Dès que je le peux, j’exprime ma gratitude à mes parents et la vie en général. En la quittant, j’ai même remercié ma maison pour tout le bonheur qu’elle m’a donné... 

Devoir la quitter a-t-il été douloureux?
J’y vivais depuis 27 ans. Elle était à vendre depuis cinq ans, mais je la retirais parfois du marché. Je ne savais plus si je voulais vendre ou non. Puis les acheteurs la voulaient tellement que je l’ai laissée partir. Après avoir signé l’offre d’achat, j’ai beaucoup pleuré... J’ai appelé mon fils Sam et mon amie France. J’étais inconsolable... J’ai visité chacune des pièces de la demeure avant de partir. Je ressentais du bonheur et de la reconnaissance pour tout ce qu’elle m’a apporté. 

À cette étape-ci, le deuil n’est donc pas terminé?
Non, mon deuil n’est pas encore fait. Ça me prendra encore un peu de temps... Il y a eu de si beaux rassemblements chez nous! Entre Noël et le jour de l’An, les amis de mes enfants venaient nous visiter. Tout le monde dormait à la maison! Le soir, nous mangions tous à table. Nous aimions jouer à la chaise musicale, faire des jeux, procéder à des échanges de cadeaux. Que de bonheur nous avons eu!

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Une nouvelle vie se dessine donc pour vous?
Oui, j’écris une nouvelle page. Je voulais passer un an sans avoir d’adresse et, pour cette raison, je me suis acheté un petit shack au bord de l’eau, à côté de chez mes parents. Je vais donc pouvoir m’occuper d’eux. Mon père souhaitait s’installer dans une résidence pour personnes âgées, mais nous avons eu de grandes réticences. La covid nous a prouvé que nous avions raison. Mon père nous a remerciés de nous être opposés à cette décision! Actuellement, je ne peux pas aller dans leur maison, mais je vais marcher avec ma mère en gardant mes distances. Encore dernièrement, quand il faisait beau et que le temps était doux, nous nous installions dehors pour prendre le thé. Mes parents savent que je suis là pour eux et qu’ils peuvent m’appeler en tout temps. 

Photo : Daniel Auclair

Vivez-vous seule à cet endroit?
Je partage cet espace avec ma fille et son chum. Ils y ont vécu pendant tout l’été. J’y serai la semaine, ma fille y sera la fin de semaine, et ils vont me donner un coup de main pour les rénos, la déco. C’est un échange dynamique et un formidable apprentissage de vie. 

Pourquoi dites-vous que c’est un shack?
Parce que c’est minuscule... Quand j’ai vendu la maison, j’ai effectué un grand travail d’épuration. En quittant un lieu où on a vécu, on pense avoir tout vidé, puis on trouve plein d’affaires... J’en ai des sacs et des sacs! Mes enfants étaient partis de la maison, mais ils avaient laissé plusieurs choses sur place. Préparer le déménagement a exigé un mois et demi de travail intense. Et parce que j’ai une grande passion pour la vaisselle et les meubles, j’ai rangé des choses dans un entrepôt. Mon but, c’est de m’installer dans mon shack pour écrire. Je travaille sur une série qui est passablement avancée. Je m’installe devant ma grande fenêtre et j’écris.

Faire cette transition vers un petit espace vous permet-il de prendre conscience de ce qui compte vraiment pour vous?
Oui, ça permet de retrouver l’essentiel. J’ai toujours dit que j’étais douée pour le bonheur. Disons que j’ai vraiment l’occasion de confirmer si c’est le cas ou non! (rires) J’ai connu des drames dans ma vie, mais je m’en suis toujours sortie et j’ai vécu dans la lumière. Je ne veux vraiment pas me plaindre: j’ai un toit et une vie que j’aime. J’explore des lieux différents qui vont peut-être me déstabiliser.

De leur côté, que deviennent vos enfants?
L’un des projets musicaux de Sam a été mis sur plusieurs plateformes à travers le monde. William vient d’acheter une maison dans le bois avec son amoureuse. Il est heureux! Charlotte travaille encore dans un centre pour les femmes. Elle veut écrire. Elle et moi, nous comptons écrire ensemble. 

On s’informe sur les projets de l’artiste au joebocan.ca ou sur sa page Facebook.
Joe Bocan devrait reprendre la tournée
Pour une histoire d’un soir, avec Marie Denise Pelletier et Marie Carmen, en 2021.
Pour écouter Endlessly, le projet de son fils Sam.

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