Guy Fournier s'ouvre sur sa relation d’amour et d’amitié avec Louise DesChâtelets | 7 Jours
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Guy Fournier s'ouvre sur sa relation d’amour et d’amitié avec Louise DesChâtelets

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Photo : Bruno Petrozza

Depuis 12 ans, Guy Fournier se heurte à un mur. L’auteur prolifique, qui a à son actif plus de 300 dramatiques et dont la vie hors de l’ordinaire pourrait presque faire l’objet d’une anthologie, est incapable de terminer sa biographie promise à une prestigieuse maison d’édition. À 89 ans, voyant le sablier s’écouler, il craint qu’elle reste inachevée.

Photo : Bruno Petrozza



Ça devrait être simple, mais c'est la chose la plus difficile de ma vie. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai abandonné et repris sa rédaction. Mon fils Christian, voyant que je n’y arrivais pas, s’est offert auprès de l’éditeur pour l’écrire. Lorsqu’il m’a fait lire les 30 premières pages, même si c’était bon, j’ai eu honte de ne pas l’écrire moi-même. C’est si personnel que je ne vois pas comment il pourrait le faire à ma place», souligne Guy Fournier.      

L’auteur nous explique son syndrome de la page blanche. «Bien sûr, je ne peux écrire ma biographie sans parler des cinq femmes auxquelles j’ai été marié et de l’univers de la télévision dans lequel j’ai baigné une bonne partie de ma vie. Cependant, je veux éviter à tout prix le name-dropping. Trop de biographies en font un usage abusif et inutile. Je préfère parler de l’époque plutôt que de moi. Ce qui est sûr, c’est que si je mourais avant de l’avoir finie, je serais en maudit», lance-t-il. Il nous précise en avoir écrit les deux tiers.      

Photo : Guy Beaupre / TVA Publications

La longévité grâceaux plaisirs!
Doté d’une bonne génétique, le créateur attribue sa bonne forme physique, sa vivacité d’esprit et sa longévité à ses saines habitudes de vie. «J’ose croire que d’avoir toujours bien mangé et d’avoir cessé de fumer ne m’a pas nui, mais cela n’empêche pas qu’avec le temps, tout ramollit», lance-t-il d’un œil moqueur. 

En effet, il n’a jamais caché son fort penchant pour les plaisirs de la table et ceux de la chair. Interrogé à savoir si, à son âge, la tendresse est un bon substitut au sexe, Guy réplique: «Il n’y a rien qui bat le sexe! Ce n’est pas parce que tu as 89 ans que tu n’y penses plus, au contraire, c’est pire parce que tu le fais moins. Dans ce temps-là, mon épouse me dit que je ne devrais pas m’en plaindre, car je m’en suis beaucoup servi. (rires) Mais c’est vrai que, à un certain moment, c’est moins compliqué d’y penser que de le faire!» s’exclame-t-il. 

De l’amour à l’amitié
Marié depuis 20 ans avec Maryse Beauregard, sa cinquième épouse, celui dont la feuille de route est impressionnante laissera derrière lui une belle lignée. Père de deux fils, Éric et Christian, il a 7 petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants. L’amant des plaisirs de la vie, qui sera nonagénaire en juillet 2021, dresse un bilan plutôt positif de sa vie affective. «J’ai toujours accordé une très grande importance à l’amour. D’ailleurs, ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir réussi mes divorces; et c’est 10 fois plus dur que de réussir son mariage! Je suis resté en bons termes avec trois de mes quatre ex-épouses. Par exemple, Louise (DesChâtelets) et moi, on s’appelle toutes les semaines et on mange plus ou moins une fois par mois ensemble.»      

SRC

Photo : Eric Myre=

S’il y a un couple qui a laissé sa trace dans la sphère médiatique, c’est bien celui qu’ils ont formé, Louise et lui, durant 13 ans, au moment où ils étaient à l’apogée de leurs carrières respectives. Lui, auteur de téléromans à succès et façonneur de la télévision, elle, comédienne et animatrice adulée du grand public. «Si Louise ne m’avait pas laissé, je l’aurais probablement fait un an plus tard. Notre relation était devenue bancale. On s’est remariés chacun de notre côté. Après l’échec lamentable de mon union et de la sienne, alors que je commençais à peine ma relation avec Maryse, on a failli revenir ensemble. Nous avions convenu de bien y réfléchir et, finalement, ce n’est pas arrivé.» 

Encore actif
Même s’il ne fait pas son âge, l’homme de lettres et d’images est bien conscient qu’il est privilégié de pouvoir encore être aussi actif et productif à l’orée de ses 90 ans. «Je me fouette souvent parce que je trouve que je ne travaille pas assez, mais en réalité, je travaille tous les jours. Je ne sais pas comment je survivrais si je n’avais rien à faire.» En d’autres mots, pour Guy Fournier, le travail, c’est la santé. 

Il y a quatre ans, opéré d’urgence à l’intestin, il a bien failli y passer. Même s’il s’en est sorti indemne et s’il est encore et toujours passionnément épris de la vie, il confie que l’idée de la mort
le hante depuis 20 ans. «J’y pense tous les jours. J’aimerais réussir ma mort. Accepter cette finalité sans être choqué qu’elle arrive. Ce n’est pas une tâche facile de mourir l’esprit en paix. Tous mes papiers sont prêts. J’ai mon lot au cimetière et ma pierre tombale est achetée. Il ne reste plus qu’à écrire l’année après le trait d’union», dit-il de façon sarcastique. Il ajoute ne pas avoir voulu laisser cette lourde tâche à ses enfants.      

Photo : Julien Faugere

Le fin mot
Puisque les paroles s’envolent et que les écrits restent, il était à-propos, à la fin de cet entretien, de le questionner sur la pérennité de son œuvre. «Les auteurs sont souvent prétentieux. Ils imaginent que ce qu’ils écrivent passera le test du temps, mais c’est extrêmement rare. La preuve, c’est que peu de choses subsistent du siècle dernier. On déboulonne même les monuments. Ça ne me dérange pas de ne pas durer. L’important, avant de mourir, c’est d’avoir été au bout de son talent. Et, en passant, on a toujours moins de talent qu’on le pense, et c’est une bonne chose qu’on ne réalise pas trop vite», déclare-t-il dans un grand éclat de rire.      

Maintenant qu’il a vendu sa grande maison de campagne à Saint-Paul-d’Abbotsford et s’est séparé, à contrecœur, de près de 6000 bouquins qu’il affectionnait pour n’en garder qu’une poignée, et après avoir donné ou légué tout ce dont lui et sa conjointe n’avaient plus vraiment besoin, il file avec Maryse des jours heureux tout en espérant bientôt pouvoir voyager à nouveau.

Les billets d’opinion de Guy Fournier sont publiés, en ligne et en version papier, chaque semaine dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec. L’auteur siège au conseil d’administration du Fond des médias du Canada, qui soutient les productions canadiennes afin qu’elles soient diffusées sur toutes les plateformes.

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