Un album de Marie Michèle Desrosiers avec Clémence DesRochers | 7 Jours
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Un album de Marie Michèle Desrosiers avec Clémence DesRochers

Image principale de l'article Marie Michèle Desrosiers et Clémence DesRochers
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Marie Michèle Desrosiers et Clémence DesRochers, c'est l'histoire de deux amoureuses. Amoureuses des mots et des jolies mélodies. Aussi, une histoire de complicité entre deux cousines par alliance! Et voilà qu'elles nous offrent de les entendre et de les voir... pour une dernière fois!

Il y a certaines règles à respecter lorsqu’on interviewe Marie Michèle Desrosiers. Premièrement: ne rien croire de ce qu’elle raconte lorsqu’une date est évoquée. Dans le meilleur des cas, l’information est toujours approximative et l’ordre de grandeur, tiré par les cheveux. Dans le pire des cas, elle vous contredit avec une autorité d’une douteuse crédibilité. Attendrissant. Pas une once de malice en elle. Tout ça est juste drôle. Ça fait partie d’elle depuis toujours. Une femme candide qui ne se prend pas au sérieux. Oui, les gars de Beau Dommage lui en ont joué, des tours, et lui ont tiré la pipe! Avec toute l’affection du monde. Comme des grands frères. 

«Marie Michèle? Elle ne se souvient jamais de rien!» nous confiait en septembre 2014 le batteur Réal Desrosiers, mémoire vivante de Beau Dommage. Le journaliste venait alors de rappeler la fois où, au tout début des années 1980 au Théâtre Outremont, et à l’enchantement du public, Michel Rivard avait réuni les autres membres du groupe pour interpréter quatre chansons en rappel. Un moment exceptionnel, dont bien peu peuvent témoigner. «Voyons donc! On n’a jamais fait ça de notre vie!» s’était objectée la chanteuse du groupe. Le journaliste: «Marie Michèle, j’y étais!» «Ben, voyons... Ça se peut pas.» Adorable. Le genre de truc qui fait partie du charme de cette merveilleuse interprète.

AUTOUR DU LAC
Marie Michèle peut obstiner le journaliste autant qu’elle le veut, elle se rallie à lui lorsqu’il affirme qu’elle vient de lancer un album de concert avec Clémence DesRochers. Ça s’appelle Sur scène et c’est vraiment très beau. C’est drôle, aussi. On s’entend là-dessus. 

Pour comprendre la nature de leur relation et de leur collaboration, il importe de consulter l’arbre généalogique des Desrosiers. «Louise, la compagne de Clémence, est ma cousine. Avant, on se voyait moins. Elle est de cinq ans mon aînée. Quand on était jeunes, elle était plutôt amie avec ma grande sœur. J’étais la petite sœur, donc j’étais moins intéressante.» 

Les années ont passé et les fillettes sont devenues femmes. «Notre lien s’est consolidé dans les années 1980 quand Clémence m’a demandé de chanter avec elle L’amante et l’épouse. Par la suite, j’ai chanté sur le disque C’est ici que je veux vivre. Ça a consolidé notre relation.» 

Puis Marie Michèle quitte les Laurentides pour s’établir avec son chum sur les rives du lac Memphrémagog. «C’était en 2003», assure-t- elle en prenant une douce revanche sur son interlocuteur. Et, autour dudit lac, habitent aussi Clémence et Louise. «Mon chum et moi, on allait en vacances avec elles. On a développé une grande amitié. Notre lien est indestructible. L’été, elles viennent nous voir en ponton, et l’hiver, on fait le tour du lac pour aller jouer au Scrabble avec elles.» 

MARIE-CLAUDE FOREST/AGENCE QMI



QUE DU BONHEUR!
Cette complicité s’est transposée sur scène. «Quand Clémence a décidé de remonter sur scène, Louise m’a dit: “Elle aimerait faire un dernier show, mais c’est trop demandant d’être seule sur scène. Voudrais-tu partager la scène avec elle?” Je lui ai répondu: “Quel cadeau!”» 

La première représentation a eu lieu... en quelle année déjà? «C’était en 20?!?!... Ha! Tu le sais que je ne suis pas bonne avec les dates... C’était en 2015 ou 2016, je crois.» Bien sûr, il n’en est rien. Entre 2014 et 2017, elles ont présenté le spectacle à près de 50 reprises devant plus de 30 000 spectateurs. 

Aujourd’hui paraît donc Clémence et Marie Michèle sur scène, enregistré en 2016 à Terrebonne. «Cette tournée n’a été que du bonheur. Le disque reflète bien ce qu’on a vécu. Ce sont des chansons que les gens connaissent, mais revisitées. J’y ajoute des harmonies, je participe à un monologue... Je fais aussi trois ou quatre de mes chansons.» Bon. Elle en interprète plutôt deux: J’ai oublié le jour, qu’elle avait créée avec Beau Dommage, et la magnifique Ma mère m’a dit, un texte que lui a offert sa cousine par alliance sur une musique de Michel Rivard. 

Pendant quatre ans, donc, les filles et leur équipe partaient en tournée à l’automne et au printemps. «L’été, on oublie Clémence, parce qu’elle est dans son jardin ou dans sa chaloupe. Elle s’occupe de ses plantes et de ses chats. À l’hiver, c’est trop dur de faire des spectacles et de la tournée. Mon chum déteste l’hiver, et on loue toujours quelque chose dans le Sud. Quand je n’ai pas de spectacles de Noël, j’y passe un bon moment.»

LES DEUX MARIE
Cet automne, on fête Clémence en grand. La semaine dernière, Belle et Bum lui consacrait toute son heure. Et outre le disque, elle fait l’objet du premier épisode de L’histoire de mes chansons, une série de quatre spectacles-entretiens animés par Monique Giroux. Pour chanter Clémence: Joe Bocan, Marie Carmen, Luce Dufault, Sophie Faucher, Marie Denise Pelletier et, bien sûr, Marie Michèle. 

Parlant de Marie Denise, Marie Michele raconte: «J’ai eu l’idée de faire un duo avec Marie Denise. On a fait Deux vieilles. C’est quand même délicat... Clémence l’a écrite sur le tard. Ce n’était pas évident de faire une chanson sur deux femmes qui s’aiment. Elle avait peur de ça. Marie Denise a accepté spontanément.» Puis elle ajoute: «Je suis contente parce que ça fait 40 ans que les gens m’appellent Marie Denise, et vice versa. En nous voyant ensemble, les gens vont peut-être réaliser qu’on n’est pas la même fille!» s’esclaffe-t-elle. 

Marie Michèle a aussi participé à l’épisode de L’histoire de mes chansons consacré à Stéphane Venne, lequel sera diffusé à compter du 19 novembre. «Quel créateur! Qu’il en a fait, de belles chansons! On avait l’embarras du choix.»

70 CHANDELLES
Au cours des dernières années, Marie Michèle, qui a gravé deux magnifiques albums de Noël, avait l’habitude de participer à des spectacles du temps des fêtes. Cette année, en raison des circonstances, elle sera présente, mais sous une autre forme. Elle prendra part à Noël, une tradition en chanson, qui sera diffusé exclusivement sur Internet. Elle partagera l’écran avec Michel Louvain, Yves Lambert, Michaël, Annie Villeneuve et — tiens! — Marie Denise Pelletier. 

«Nécessairement, en raison de la pandémie, nous travaillons moins. Heureusement, j’ai participé à quelques spectacles préenregistrés, ce qui me tient en forme. Pour l’instant, ça va bien. Le moral est bon.» 

La voix étant un muscle, la chanteuse sait en prendre soin. «Ces jours-ci, je fais moins d’exercice et je me sens un peu coupable. Mais quand je sais que je vais chanter, je m’y prends à l’avance pour faire mes exercices. À mon âge, il faut que je prenne soin de ma voix parce que c’est mon outil de travail.» 

«À mon âge...» qu’elle dit. Toujours belle et toujours en voix, la Marie Michèle. On en vient presque à oublier qu’elle a soufflé 70 chandelles en mars dernier. Cette fois, elle ne conteste pas le chiffre. «Cette journée-là, on était dans le Sud. La seule chose que j’ai trouvée difficile est qu’au début de la pandémie, on entendait: “Faites attention aux aînés.” Le chiffre 70 était important durant la crise sanitaire, et il le demeure, mais je n’y pense pas trop. Je suis en forme et à l’affût de tout ce que la vie peut nous apporter de simple et de beau.»      

L’album Clémence et Marie Michèle sur scène est en vente sur toutes les plateformes numériques.

L’histoire de mes chansons et le spectacle Noël, une tradition en chanson
sont disponibles en ligne.

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