TV Hebdo revisite les événements marquants de 1976 | 7 Jours
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TV Hebdo revisite les événements marquants de 1976

Du pain et des jeux

Nadia Comaneci
Photo: Zuma Press

Nadia Comaneci

Les Canadiens renouent avec la Coupe Stanley, et une adolescente roumaine s’apprête à inscrire son nom dans le grand livre de l’olympisme. Si cette année marquante dans l’histoire du sport devait porter un prénom, à coup sûr, ce serait Nadia. 

À LA UNE

Un milliard de regards 

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Cette année-là, le sport prend une place de choix dans TV Hebdo, qui ajoute à son contenu une chronique consacrée à la diffusion des grands événements du moment.

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Après une année marquée par la visite de l’équipe de l’Armée rouge, les Canadiens, menés par Scotty Bowman, blanchissent les Flyers — qui tentent de remporter une troisième Coupe Stanley de suite — en quatre parties en finale. Aux Jeux d’hiver, à Innsbruk, le patineur artistique Toller Cranston monte sur la troisième marche du podium et rapporte avec lui la seule médaille du Canada. 

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Le grand événement de l’époque demeure toutefois la tenue des Jeux olympiques d’été à Montréal. Un milliard de spectateurs s’installent devant leur poste partout sur la planète pour assister aux diverses compétitions. Comme ce sera le cas aux prochains Jeux — à Moscou en 1980 et à Los Angeles en 1984 —, les festivités sont ternies par un boycott international. Trente-deux nations africaines boudent les Jeux pour protester contre les liens sportifs que la Nouvelle-Zélande continue d’entretenir avec l’Afrique du Sud, toujours sous le joug de l’apartheid.

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Au Québec, Richard Garneau agit à titre de guide pour les spectateurs, tandis que Bruce Jenner, des années avant sa grande métamorphose en Caitlyn, remporte un décathlon enlevant et établit une nouvelle marque mondiale (8634 points) qui lui permet d’accéder à la première marche du podium.

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Malgré son exploit, la grande histoire de cette année olympique demeure le sacre de la jeune gymnaste roumaine d’exception Nadia Comaneci qui, à 14 ans, remporte trois médailles d’or et obtient sept pointages parfaits. Histoire d’alourdir sa valise, l’athlète coup de cœur de ces Jeux ajoute une médaille d’argent et une médaille de bronze à sa collection. À ce jour, sa prestation demeure dans le grand livre de l’olympisme un exemple d’excellence frôlant la perfection. 

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Le téléroman de l’heure

Les Berger

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À l’époque, nos téléromans se veulent parfois le reflet d’une classe populaire urbaine, parfois celui d’une certaine bourgeoisie rongée par les rivalités internes. Bien souvent, ces courants s’entrecroisent dans une même émission, comme ce sera plus tard le cas, par exemple, dans Les Moineau et les Pinson ou encore Nos étés.

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À l’antenne durant huit saisons — et suivie du Clan Beaulieu, qui durera quatre ans — Les Berger, une saga familiale signée Marcel Cabay, nous entraîne à la rencontre d’une famille qui habite un secteur populaire de Montréal et qui vit sobrement des revenus tirés de l’exploitation d’un petit bouiboui de quartier.

Rita Bibeau, René Simard et Yvan Ducharme.

Photo : © TVA

Rita Bibeau, René Simard et Yvan Ducharme.

La vie de ces héros de la classe ouvrière est simple jusqu’au jour où Ginette (Claudine Chatel), la fille de Mariette et Guy Berger (Rita Bibeau et Yvan Ducharme), s’éprend du beau Christian (Daniel Roussel), fils du prospère homme d’affaires Léon-Joseph Beaulieu (Roland Chenail). Comme on peut s’y attendre, le clash des classes sociales sert de prétexte à bien des situations qui viennent brasser le quotidien paisible des Berger.  

Tapis rouge et galas

Réal Giguère reçoit le trophée Affection Olivier-Guimond

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Du Gala des artistes au Gala Artis, le show-business a toujours su trouver des façons de mesurer la cote de popularité des vedettes du moment. Après Gilles Latulippe, Jacques Boulanger, Jean Duceppe et Lise Payette, c’est au tour de l’animateur, scénariste — et accessoirement interprète du tube Gros jambon — de recevoir le trophée Affection Olivier-Guimond. Celui qui a pris la relève de Janette Bertrand et Jean Lajeunesse à l’animation de Parle parle, jase jase travaille alors à un nouveau téléroman en compagnie de son complice, Claude Jasmin. Dominique, avec Dominique Michel, sera à l’antenne dès la saison suivante. 

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Ça fait jaser

L’affaire Charles Manson portée à l’écran

Le 1er avril, le réseau CBS joue la carte de la témérité: il diffuse le premier épisode d’une télésérie portant sur un personnage aussi craint que haï et sur le procès de ses fidèles disciples, qui eut lieu en 1970-1971. À l’époque, les deux parties de cette reconstitution d’un carnage surréaliste obtiennent respectivement 57 % et 60 % des parts de marché chez l’Oncle Sam, et Helter Skelter devient la télésérie la plus écoutée de tous les temps au pays.

Steve Railsback, Helter Skelter.

Photo : Zuma Press

Steve Railsback, Helter Skelter.

Un demi-siècle après les événements, Charles Manson continue de fasciner les scénaristes et les spectateurs, comme nous avons pu le constater ces dernières années, notamment avec la série Mindhunter, de David Fincher, et le film Il était une fois à Hollywood, de Quentin Tarantino. 

Flash actualité

La création d’Apple

Premier ministre du Québec, Robert Bourassa se fait traiter de « mangeur de hot-dogs » par Pierre Elliott Trudeau et perd des élections anticipées aux mains du Parti québécois de René Lévesque. Le Concorde prend son envol et promet une liaison de moins de trois heures entre Londres et New York. 

Steve Wozniak et Steve Jobs.

Photo: Zuma Press

Steve Wozniak et Steve Jobs.

Entre-temps, dans le garage de ses parents, en Californie, Steve Jobs crée Apple Computer en compagnie de son pote Steve Wozniak et d’un certain Ronald Wayne qui, 12 jours plus tard, prendra la décision catastrophique de vendre ses parts dans l’entreprise pour un maigre 800 $. Si vous avez à cette époque investi quelques dollars dans cette aventure technologique, vous faites sans aucun doute partie de ceux pour qui les soucis financiers ne sont aujourd’hui qu’un vague et lointain souvenir du passé. À moins que vous n’ayez été un peu trop frileux ou pressé de récupérer votre argent, à l’instar de ce pauvre Ronald... 

Eh bien, dansez maintenant!

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La fureur n’a pas inventé le concept de grande fête à la télé. La joie de se regrouper pour chanter et danser est tricotée dans l’ADN latin de bien des Canadiens français. En 1976, cette réalité est d’autant plus apparente lorsqu’on écume les TV Hebdo de l’époque. Entre le Carnaval de Québec et les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, toutes les raisons sont bonnes pour inviter les spectateurs à swinguer la bacaisse et à se dégourdir les jambes au rythme des rigodons ou des airs entraînants du moment. Ainsi, dans la grille horaire, le Disco-Tourne de Patrick Zabé côtoie le folklore endiablé des Monsieur Pointu, André Lejeune, Ti-Blanc Richard et compagnie. Et toutes les raisons sont bonnes pour sortir ses souliers à claquettes ou ses bottes à semelles plateformes, selon les goûts de chacun. 

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 Cosmos 1999: Les naufragés de l’espace

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Tandis que Taxi Driver, Vol au-dessus d’un nid de coucou et Rocky cartonnent au cinéma, la science-fiction a la cote à la télé. La femme bionique, Jaime Sommers (Lindsay Wagner), vient ainsi rejoindre son homme (Lee Majors) à l’antenne du réseau ABC. Et les occupants de la base Alpha entreprennent un long voyage dans l’espace dans Cosmos 1999, mettant en vedette Martin Landau et Barbara Bain (aussi collègues dans Mission: Impossible). Les 311 passagers de la station doivent affronter le danger lorsque notre Lune quitte l’orbite terrestre après une violente explosion de déchets nucléaires entreposés sur notre satellite.

Barbara Bain et Martin Landau.

Photo : CBC

Barbara Bain et Martin Landau.

Au menu, un désastre écologique aux proportions astronomiques, des costumes et des décors qui sont visiblement des produits des seventies, et une extraterrestre (Catherine Schell) qui peut changer d’apparence à volonté. Que demander de plus? 

Télé-Zapette

• Les Blues Brothers, formés de John Belushi et Dan Aykroyd, font leur première apparition sur le plateau de Saturday Night Live le 17 janvier.

• Le producteur de SNL, le Canadien Lorne Michaels, offre en direct 3000 $ aux Beatles pour qu’ils se réunissent sur le plateau de l’émission. Selon la légende, John Lennon et Paul McCartney étaient ensemble à New York et à l’écoute ce soir-là. Les membres du prolifique tandem auraient même songé à se rendre en studio afin d’accepter le chèque.

• Afin de concurrencer Betamax, le système d’enregistrement sur vidéocassette de Sony, la compagnie Matushita lance le format VHS. Devinez qui a gagné le combat...

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TV Hebdo se pose une grande question qui serait toujours pertinente aujourd’hui: les femmes de nos téléromans reflètent-elles la Québécoise? En couverture, Anne Létourneau et Janine Sutto (Y’a pas de problème), Louise Matteau (Avec le temps) et Rita Bibeau (Les Berger).

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• À l’antenne de Télé-Métropole, un bienveillant monsieur chantant, coiffé d’une casquette, accueille les enfants dans son univers. Bienvenue chez Fan-Fan Dédé, personnage qui sera incarné jusqu’en 1982 par son créateur, le comédien André Richard. 

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• Le capitaine Jacques Cousteau nous invite, en compagnie des membres de l’équipage du Calypso, dans une grande aventure digne des tribulations d’Indiana Jones. Objectif: trouver l’Atlantide, rien de moins, mille sabords!

• Qui, parmi les stars d’aujourd’hui, a vu le jour en 1976? Reese Witherspoon (22 mars), Colin Farrell (31 mai) Benedict Cumberbatch (19 juillet) et la Néerlandaise Carice Van Houten (5 septembre), l’interprète de la prêtresse rouge dans Le Trône de fer.

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