Luc de Larochelière revient sur les 30 ans de son album «Sauvez mon âme» | 7 Jours
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Luc de Larochelière revient sur les 30 ans de son album «Sauvez mon âme»

Image principale de l'article Les 30 ans de son album «Sauvez mon âme»
Photo : Eric Carriere

L’entraînante Sauvez mon âme débarque sur les ondes radio à la fin de l’été 1990 et marque le début d’une période mouvementée dans la vie de l’artiste. Alors qu’il planifie le moment où il pourra nous offrir sur scène les chansons de cet album qui demeure à ce jour sa carte de visite, l’auteur-compositeur-interprète s’est remémoré pour nous cette période fertile de sa carrière, trois décennies et quelques cheveux gris plus tard.

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En 1990, deux ans après Amère America, Luc De Larochellière est sur le point de lancer son deuxième album. Une étape critique pour tout jeune artiste qui désire savoir si son succès était une affaire d’un soir ou le début d’une longue relation avec le public. Luc a alors 24 ans et, si ses propos sont toujours engagés, le ton est parfois plus léger cette fois, basculant parfois dans le commentaire social grinçant et, à d’autres moments, dans des réflexions plus tendres sur l’humanité et la fragilité de la vie. Résultat? Cinq chansons se retrouvent dans les palmarès de la Belle Province (Sauvez mon âme, Cash City, Si fragile, Ma génération et Six pieds sur terre) et 150 000 albums trouvent preneur. À ceux-ci s’ajouteront les quelque 80 000 albums et 200 000 singles écoulés sur le marché européen.  

Luc, sur ton premier album, tu semblais être un jeune homme sérieux et préoccupé par le sort de la planète. Quand tu as lancé Sauvez mon âme, nous avons découvert un chanteur qui pouvait adopter un ton plus léger...
C’est vrai qu’il y avait plusieurs chansons engagées sur mon premier disque. Amère America et Chinatown Blues, qui était plus smooth, mais qui parlait quand même d’identité et d’américanité. Il y avait des chansons plus sentimentales, mais ce n’est pas grâce à ces dernières que j’ai été connu. En jouant ces chansons en spectacle, je me suis aperçu que mon répertoire était peut-être un peu trop sérieux. Je me suis dit qu’il fallait que j’ajoute quelques chansons plus joyeuses! (rires) C’est à la fin de la tournée que j’ai composé Six pieds sur terre, Sauvez mon âme et Cash City

Avec le recul, le propos de plusieurs chansons sur Sauvez mon âme trouve toujours un écho aujourd’hui...
Tout ce que j’ai écrit à l’époque m’a été inspiré par des choses que je voyais, que je ressentais. Je ne faisais pas des prédictions pour 2020. Plusieurs de mes chansons étaient des cris d’alarme: «Attention, on s’en va là, et ça n’est pas une bonne chose.» Finalement, ça prouve la grande inefficacité des chansons! (rires)

Tu as aussi des chansons plus douces, comme Douce jalousie, Avenue Foch et Si fragile, qui a touché beaucoup de gens.
Pourtant, c’est une chanson qui n’a pas été difficile à composer. Ça a pris une heure environ. J’ai écrit les premiers mots, et le reste a suivi. Alors je ne peux pas dire que j’ai le sentiment d’avoir travaillé d’arrache-pied sur cette chanson. En fait, ç’a été comme un cadeau. Les gens se la sont appropriée dans leur vie et elle est souvent chantée dans les funérailles, pour accompagner cette espèce de passage. Elle est ancrée dans le cœur et la mémoire de plusieurs personnes, et j’en suis fier. 

C’est aussi l’album qui t’a permis de tester le marché européen où tu as connu du succès avec Cash City. Tu as aussi goûté à la machine de promotion en France...
En fait, il s’est passé un certain temps entre le moment où le disque est sorti là-bas et celui où on m’a dit: «Ça commence à jouer dans les radios. On veut t’avoir pour de la promo!» Il s’est passé huit mois. Et quand c’est arrivé, il fallait que j’y aille sur-le-champ. J’avais quelque 200 spectacles qui étaient planifiés au Québec. Alors entre les shows, j’allais en France pour faire des émissions de radio et de télé. Quand je revenais, je sortais de l’avion et j’allais directement à la salle de spectacle avec ma valise. 

Fusion


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Ç’a dû être épuisant!
C’est certain qu’en France, il y avait une «machine à faire des vedettes pop». Je me suis souvent senti comme un produit. Par moments, j’avais l’impression de perdre le contrôle. Les gens étaient gentils, mais il y avait une certaine vision de ce qu’était la manière de fonctionner. Et je devais rentrer dans le moule. 

Tu racontes que, pour une émission, on t’a notamment demandé de te déguiser en Johnny Hallyday. Pour un gars timide, c’était beaucoup te demander...
J’ai accepté parfois de faire des choses que je ne sentais pas et que je n’aurais jamais faites ici. Mais il y avait toute une équipe derrière qui voyait le potentiel derrière ça. Cela étant dit, Cash City a bien marché là-bas. 

La maison de disques Trafic a dû déclarer faillite à l’époque. L’aventure a donc été écourtée pour toi.
Tout s’est un peu effondré. J’ai perdu mon pont. Je pense que la maison de disques française a pris un ou deux albums de moi après la chute, mais comme c’étaient des disques qui ne contenaient pas de hits pour la France, ils ont laissé tomber. Et moi, je suis devenu papa en 1995. Je venais de vivre cinq années assez débiles. J’étais fatigué et le fameux burn-out m’est rentré dedans fort. Alors de 1995 à 2000, j’ai dû me reconstruire et me refaire une santé émotionnelle et physique. 

As-tu des regrets face à la façon dont ça s’est terminé?
Ç’a été une opportunité pour moi de rejoindre la francophonie mondiale. C’est certain que j’aurais aimé que ça arrive, mais ça ne s’est pas passé jusqu’à présent. Je suis bien ici et je suis content d’offrir des chansons à un public qui est là pour moi, mais parfois, ça peut me titiller de penser que telle ou telle chanson ne sortira pas de ce cercle-ci. 

Un premier livre 

Talentueux dessinateur, Luc nous offrira le livre Homme de paroles et d’images, un bouquin publié par Station T le 16 novembre prochain, dans lequel il nous offre une série d’illustrations inspirées de ses chansons. 

Station T


L’édition 30e anniversaire de Sauvez mon âme est disponible.  


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