À 75 ans, Louise DesChâtelets fait plusieurs bilans sur sa vie | 7 Jours
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À 75 ans, Louise DesChâtelets fait plusieurs bilans sur sa vie

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Photo : Karine Levesque

À 75 ans, Louise DesChâtelets est plus en forme que jamais! Son moral est bon, même si elle n’avait pas imaginé que, pour la première fois en 35 ans, elle ne passerait pas Noël à Paris! Mais pendant cette période trouble, la comédienne en profite pour faire des bilans...

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Louise DesChâtelets soulignait, le 28 octobre, ses 75 ans. Dans son cas, contrairement à d’autres, son âge n’a jamais nui à sa carrière. «Peut-être parce que j’ai toujours été très diversifiée et très en phase avec l’évolution du monde. Je me suis toujours fait un devoir de m’attarder à ce que les jeunes vivent, comment ils sont, comment ils évoluent, et à ne jamais me braquer sur des choses qui ne sont pas comme ça se faisait “dans mon temps”, mais qui sont intéressantes à analyser et qui me permettent d’évoluer avec ce qu’il y a de nouveau. Tout n’était pas parfait autrefois, mais tout n’était pas mauvais. C’est un bon mélange des deux qui nous permet d’avancer et de ne pas rester sclérosés. J’ai toujours eu horreur des gens qui tentent de nous convaincre que c’était tellement mieux autrefois, et je me suis toujours dit que je ne voulais pas être comme ça! Ç’a toujours été une préoccupation pour moi de suivre le temps qui évolue et non pas de rester dans “mon” temps.» Louise est une femme de bilans, surtout en cette période trouble. «Je ne prends pas de résolutions du Nouvel An, mais je m’arrête toujours au début de chaque année pour me situer par rapport à moi-même et me dire: “Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mieux dans la dernière année? Qu’est-ce qui m’a fait évoluer et comment est-ce que je veux continuer?”»

Louise a fait un autre bilan au printemps dernier. «En mars, on revenait de vacances au Mexique et on a dû faire une quarantaine, mon mari (Marc Parson) et moi. Ça m’a forcée à faire un bilan. Et, avec ce qui se passe, j’en fais presque tous les mois.» Ce retour du Mexique n’a pas été de tout repos. «La fébrilité qui régnait à l’aéroport, je n’avais jamais connu ça avant. On sentait que les gens avaient peur.» Le vol du retour a eu une heure de retard parce qu’une passagère avait eu la grippe au Mexique et qu’un médecin a dû l’examiner.

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PAS DE NOËL À PARIS!
Habituellement, Louise et son époux vont passer les fêtes en sol européen. «On espérait encore, mon mari et moi, pouvoir partir à Paris en décembre. Mais là, ce n’est plus possible. On a prévenu nos amis qu’on n’irait pas passer Noël avec eux cette année, explique-t-elle. Ça faisait au moins 35 ans que je passais mes Noëls là-bas.»
 

SON AMOUREUX EST FRAGILE
Son mari, Marc Parson, a une santé fragile. «Il a déjà eu un cancer. Il en a guéri, mais il a eu beaucoup d’ennuis de santé par la suite. Il a une capacité plus faible au niveau de la réponse immunitaire. Alors il doit tout le temps faire attention, explique Louise. Il a peur d’attraper des maladies. J’ai beau lui dire: “Mais tu te protèges, tu te laves les mains, tu ne sors pas...”, il a peur quand même. C’est lui qui, de nous deux, sort le moins. C’est moi qui vais faire les courses. Il fait partie du conseil d’administration de notre immeuble, mais toutes ses réunions se tiennent par vidéoconférence. Il a des contacts très minimes avec l’extérieur.»
 

UNE CARRIÈRE DIVERSIFIÉE
Louise compte une cinquantaine d’années de carrière. Elle a eu la chance de pouvoir se diver - sifier. La comédienne est devenue animatrice, puis courriériste... On a fait appel à elle comme panéliste, journaliste, conférencière... «Ça s’est toujours passé un peu par hasard. J’ai commencé comme comédienne et, petit à petit, il y a des gens qui me disaient: “Tu devrais essayer ça.” Et le hasard a fait que des gens m’ont proposé des choses qui m’ont fait déborder de mon premier métier.» Elle se dit très curieuse depuis toujours. «J’ai eu envie d’essayer plein d’affaires. Je l’explique dans une conférence que je fais: je suis une “insécure sécure”. J’ai toujours eu l’impression que j’étais peureuse et insécure et, dans le fond, chaque fois que les choses allaient bien quelque part, c’est comme si j’avais envie d’aller ailleurs. Et le hasard faisait que j’allais ailleurs, sans que je provoque les choses. Je me suis laissée porter par les hasards.»

Louise doit son rôle de courriériste au Journal de Montréal à Solange Harvey. «Quand Solange Harvey, qui tenait la chronique, a décidé d’arrêter, je travaillais à TQS comme animatrice d’une quotidienne et elle était venue à l’émission précédant la mienne, où j’allais présenter mes sujets... Elle m’avait croisée et m’avait dit: “J’ai donné votre nom au Journal pour me remplacer. Je suis sûre que vous seriez bonne là-dedans.” Le Journal de Montréal m’a appelée, et ça fera 20 ans en novembre que je tiens le courrier du cœur.» 

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UN FRANC-PARLER
Son franc-parler a tracé sa carrière. «Probablement que mon passage à l’Union des artistes, d’abord comme vice-présidente puis comme présidente, a été très formateur. Ça m’est arrivé dans la jeune vingtaine et ça m’a appris que lorsqu’on disait ce qu’on pensait, même face à nos opposants — tous les producteurs étaient des opposants, et les gens me disaient que je n’aurais plus de job après ça —, ça ne nuisait pas, au contraire! Je ne me suis pas fait d’ennemis.» 

FÉMINISTE DE MÈRE EN FILLE
Louise DesChâtelets est féministe. Ça lui vient de sa mère. «Elle était féministe avant l’heure. Pourtant, c’était une petite femme très douce, qui n’a jamais fait d’éclat dans la vie — elle a eu une existence qu’on peut qualifier de bien ordinaire! —, mais elle m’a appris deux choses: d’abord, de toujours dire la vérité, de ne jamais me cacher derrière des faux-fuyants, et ensuite, d’apprendre à me débrouiller pour gagner ma vie sans compter sur un homme.» Sa maman s’est mariée sur le tard. «Elle m’a eue à 40 ans, et mon frère, à 41 ans. Elle a eu un enfant avant moi, à 39 ans, et il est mort rapidement. Mon père et ma mère ont vécu 10 ans ensemble. Mon père est mort à 56 ans. Il s’était marié à 46 ans. Il n’était pas fait pour avoir une famille; c’était une espèce de délinquant! Et ma mère m’a dit: “Ton père, je l’ai eu 10 ans, et ça n’a jamais été lui qui a gagné ma vie! C’est moi qui ai gagné notre vie!» Elle m’a appris très jeune l’indépendance financière! À l’époque, les mères n’enseignaient pas ça à leurs filles.» 

SA MÈRE NE VOULAIT PAS D’ENFANTS
La maman de Louise venait d’une famille de 16 enfants dont elle était la deuxième. «Elle est allée travailler en usine à l’âge de 14 ans. Mais elle savait qu’elle méritait plus que ça, et elle s’est organisée pour avoir plus et donner plus à ses enfants. Ma mère m’a déjà dit: “Je n’étais pas faite pour être mère parce que j’avais déjà élevé mes 14 frères et sœurs plus jeunes.”» Louise s’est-elle alors sentie non désirée? «Ma mère nous aimait; on le savait, mon frère et moi. Elle nous a consacré son existence. Après le décès de mon père, elle n’a plus jamais eu d’autre homme dans sa vie. Elle a tenu un dépanneur pour nous permettre de faire des études.» La comédienne a eu des conjoints puissants: Pierre Renaud, fondateur des librairies Renaud-Bray, Guy Fournier, le comte français Jean-Michel de Cazanove... Mais Louise ne s’est jamais effacée derrière eux! «J’ai toujours eu un caractère assez fort. Ma mère m’a appris à ne jamais plier.»

LA SANTÉ EN HÉRITAGE
Louise DesChâtelets a hérité d’une bonne santé. «Il faut l’entretenir, et je fais beaucoup d’efforts pour ça. Je m’entraîne quotidiennement. Je fais de la marche rapide tous les jours. Je fais attention aux choses importantes: mes cheveux, ma peau... Je me nourris bien.» Sur le plan psychologique, elle n’a jamais eu de problèmes majeurs. «Il y a des périodes où je suis moins en forme psychologiquement. Ça m’arrive, comme à tout le monde. Mais j’ai la chance d’avoir autour de moi des gens pour m’aider, admet-elle. Je ne suis jamais allée jusqu’au fond du baril, mais je suis allée en thérapie, à un moment donné, quand j’ai senti que c’était nécessaire. Je me posais des questions sur pourquoi, par exemple, mon mariage avec le comte était une erreur. Ça m’a permis de faire face à des choses que j’aurais dû voir et pour lesquelles je n’avais pas été suffisamment lucide pour les analyser assez profondément, pour flairer le piège. J’ai fait le point, et ce point-là a été très important, parce qu’il est arrivé à une période de ma vie où je passais le cap de la cinquantaine. Après ça, je me suis toujours dit que je ne me laisserais plus jamais happer et qu’il allait falloir que je prenne du temps avant de rechanger ma vie. J’ai été sept ans seule; ç’a été bénéfique. J’ai appris à aimer le silence.» 

LA FIN DU SILENCE
Ce silence qu’elle aimait tant le matin, elle a dû faire une croix dessus! «L’aspect le plus difficile à apprivoiser de mon mari actuel, c’est que c’est un homme qui aime se tenir informé; c’est donc la radio qui le réveille. Et il y a des radios dans toutes les pièces, même dans la salle de bains. Il les allume toutes! Pour moi qui m’étais habituée au silence le matin pendant sept ans, ç’a été une adaptation!» Mais après 12 ans en couple et 11 de mariage, elle a bien dû s’y habituer...
 

UNE PÉRIODE CHARNIÈRE
Quand on lui demande de nommer un moment marquant de sa carrière, elle ne se réfère pas à Peau de banane ou à Chambres en ville. «La période Loft Story a été très enrichissante sur le plan humain.» Elle a été panéliste à cette téléréalité de TQS durant trois ans. «Je commençais à vivre avec mon mari, et on regardait l’émission ensemble tous les jours. J’ai analysé ça avec bonheur et ça m’a fait évoluer comme chroniqueuse au Journal de Montréal. C’est vraiment la période charnière de ma vie!» 


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