Marilou Morin revient sur son accouchement en pleine pandémie | 7 Jours
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Marilou Morin revient sur son accouchement en pleine pandémie

Image principale de l'article Un accouchement en pleine pandémie
Photo : Bruno Petrozza

Criante de vérité et touchante dans son rôle de Karla dans Une autre histoire, la jeune comédienne, qui joue aussi pour les enfants dans Cochon dingue, a goûté aux joies de la maternité pour la deuxième fois en mars. Un bonheur qui a toutefois été bousculé par la pandémie.

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Marilou, vois-tu comme un privilège le fait de pouvoir rejoindre un caste public grâce à tes rôles, autant pour les jeunes que pour les adultes?
Je suis chanceuse. J’ai touché à beaucoup de choses dans des sphères différentes. J’ai eu l’occasion de faire de la comédie musicale, j’ai joué auprès de grandes actrices et de grands acteurs, et je reste toujours la fille qui n’est pas connue et qui peut aller faire son épicerie tranquille! (rires) Par contre, les enfants me connaissent et ils ne se gênent pas pour venir me voir. C’est tellement adorable! J’en suis à ma cinquième saison dans Cochon dingue. On tourne présentement de nouveaux épisodes qui seront en ondes en janvier.

Ton fils est assez vieux pour te voir à l’écran et te reconnaître...
Oui, Henri a six ans. Pour lui, tout le monde fait ça, ça ne l’impressionne pas du tout! Mon fils n’aime pas attirer l’attention. Quand je vais le chercher à l’école et que des enfants me reconnaissent, il n’aime pas ça.

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Est-ce que jouer pour les enfants est un grand plaisir pour toi?
Oui. J’ai beaucoup travaillé dans les camps de vacances, les camps de jour. Les enfants d’aujourd’hui ne sont pas les enfants qu’on était. Ils sont plus allumés parce qu’ils sont plus informés, entre autres, parce qu’ils ont accès à Internet et aux médias sociaux. Leurs connaissances n’ont pas de limites. Dans Cochon dingue, on fait très attention à ne pas «débiliser» les enfants. On ne travaille jamais en se disant qu’on s’adresse à des enfants; on est dans un univers ludique. On essaie de ne pas être grossiers et d’être de bons exemples pour la jeunesse.

Tu parlais de ton fils, tu as aussi donné naissance à un autre enfant cette année...
Oui, Marlow est né en mars. Ça s’est très bien passé, mais ça a eu lieu dans un contexte stressant. Je devais accoucher le 14 mars, le jour de ma fête, et on a été confinés le 13. J’avais déjà des contractions, mais tout s’est arrêté à cause du stress lié à la pandémie. Il paraît que beaucoup de femmes enceintes ont vu leur grossesse se prolonger, justement à cause du stress qu’on vivait. J’ai donné naissance à mon fils le 28 mars, deux semaines après la date prévue; j’en étais presque à 42 semaines. Heureusement, ça s’est super bien passé, et mon conjoint était là. Mais plusieurs n’ont pas eu cette chance, à cause de la covid. Je trouve que c’était un acte de violence envers les femmes que de les avoir laissées accoucher sans leur conjoint. Je veux bien comprendre que les mesures sanitaires n’étaient pas les mêmes partout, puisqu’il faut se battre contre un ennemi qu’on ne connaît pas, mais pour moi c’était inacceptable.

Photo : Bruno Petrozza


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Tu as donc vécu le confinement avec ton chum, ton fils et ton nouveau-né?
Oui. On me disait que j’avais été chanceuse d’avoir pu profiter de cette bulle-là, mais j’ai eu un postpartum vraiment difficile sur le plan émotif. Mon grand a été très anxieux, les grands-parents n’ont pas pu voir le bébé, et comme ma mère est diabétique on avait peur pour elle. De plus, j’ai décidé d’allaiter; c’était nouveau pour moi. Je n’avais aucune aide, je me sentais vraiment seule au monde. Bref, ç’a été beaucoup de stress. Avec le recul, je suis vraiment fière qu’on ait réussi à passer au travers.

Et maintenant, ça va mieux?
Oui, je suis de bonne humeur, j’emmène mon bébé sur les plateaux, j’allaite et tout va bien. Mais c’est quand même triste: mon bébé me suit sur les plateaux, mais, en raison de la covid, personne ne peut le prendre. Normalement, on est comme une famille. J’ai la chance de travailler avec des équipes de production incroyables! J’aurais aimé ça qu’ils puissent s’approcher de mon fils. 

Tu joues dans Cochon Dingue, Une autre histoire, sans oublier L’Échappée... Lequel des trois personnages que tu incarnes te ressemble le plus?
Dans Cochon dingue, on n’arrête pas de dire qu’on est authentiques. Mon personnage de Marilou fait partie de moi, mais je ne peux pas dire que je ne suis que ça. Karla, dans Une autre histoire, c’est la version adolescente de moi. On peut facilement me reconnaître, mais je n’ai pas fait les mêmes mauvais choix qu’elle. Pour L’Échappée, j’étais excitée par le rôle de Samantha, parce que j’ai toujours voulu jouer les méchantes. Petite, je faisais du théâtre et je demandais à ma mère de dire aux professeurs de me donner un rôle de méchante, mais ça n’arrivait jamais. Samantha est méchante, elle est douce et elle est dans la séduction, en plus d’être manipulatrice. 

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Dans Une autre histoire, est-ce que tu trouves difficile de jouer une jeune fille qui apprend qu’elle a le gène de la maladie d’Alzheimer?
Oui, comme pour beaucoup d’entre nous, c’est une maladie qui nous fait peur. Avant de faire cette émission-là, je ne savais même pas que l’alzheimer précoce existait. Dans les derniers tournages, les symptômes d’Anémone sont de plus en plus évidents. Ça me met tout à l’envers. Marina (Orsini) est excellente! C’est vraiment facile de jouer avec elle. J’imagine simplement tout ce que Karla peut se dire... C’est un miroir qu’elle a devant elle, un miroir de ce qui l’attend. Elle n’a pas dit à sa mère qu’elle a le gêne, c’est confrontant. On est tous à risque. 

Y a-t-il des gens autour de toi qui en sont atteints?
Quand j’étais enfant, une voisine avait la maladie d’Alzheimer, et j’avais vraiment peur de cette personne dépossédée de son esprit. Avec cette série-là, on dirait que ça nous joue tous dans la tête. Depuis toujours, je suis une personne qui est dans la lune; je suis peut-être TDA non diagnostiquée. J’oublie tout, je perds mon portefeuille, je perds de l’argent, je ne trouve pas mes clés, je suis tout le temps distraite. Ça inquiète tout le monde sur le plateau, quand l’un de nous oublie quelque chose. On voit des signes partout. Les sautes d’humeur, les oublis, c’est préoccupant.

Pour ton personnage de Karla, plus ça va aller, plus la maladie va se manifester...
Chantal Cadieux, l’autrice, est très secrète. Elle n’aime pas dévoiler les choses, même aux acteurs. Karla est encore jeune, elle en a peut-être encore pour 10 ans avant que ça se manifeste.

Suivez Marilou dans Une autre histoire, les lundis 20 h, sur ICI Radio-Canada Télé.

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