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Patrick Norman se dévoile dans une première biographie

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Si Patrick Norman brille depuis des décennies, Yvon Éthier, lui, est resté dans l'ombre. Le chanteur, qui a souligné ses 50 ans de carrière l'an dernier, dévoile en toute authenticité cet homme souvent écorché derrnière son alter ego, la vedette aux grand succès, dans sa biographie Patrick, Yvon, et vous. C'est avec bonheur qu'il nous en parle.

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L’idée de faire une autobiographie avait effleuré l’esprit de Patrick Norman quand il a sorti son album Si on y allait, en novembre 2019, qui marquait ses 50 ans de carrière. «C’est la première fois de ma vie que j’écris un livre. C’est un monde que je ne connaissais pas du tout. Je prends ça avec une grande humilité», explique au bout du fil l’artiste, dont les propos dans le livre ont été recueillis par la réalisatrice et journaliste Carmel Dumas, avec qui il travaille depuis une trentaine d’années sur divers projets. «Elle me connaît sur le bout de ses doigts, et je lui avais dit que si je faisais un livre un jour, je ne voudrais pas le faire sans elle.» 

Il finit par dire qu’il était rendu à l’étape de raconter son parcours de vie. Après tout, il aura 75 ans en septembre 2021! «J’ai réalisé à un moment donné que, depuis 1969, Yvon Éthier n’existait plus, sauf pour quelques membres de sa famille. C’est Patrick Norman qui a pris toute la place. Durant mes 50 ans de carrière, j’ai vécu des hauts et des bas, des changements, des revirements de situation, des faillites, mais c’était toujours Yvon Éthier qui vivait ces choses-là. Patrick Norman était, lui, sur une scène avec sa guitare à rendre le monde heureux.» Ce 50e anniversaire était justement un excellent prétexte pour sortir Yvon Éthier de l’ombre. 

UN TRAVAIL D'INTROSPECTION
Plonger dans l’écriture d’une biographie requiert tout un travail d’introspection. «Je suis tellement en amour aujourd’hui! Je suis tellement sur mon X que je trouvais ça un peu pénible de revenir en arrière et de revoir certaines photos.      

Ce sont des choses que j’avais mises derrière moi. C’est le fun d’évoquer des souvenirs — il y en a qui sont impérissables —, mais ça m’a fait revivre des moments qui ne sont pas nécessairement agréables. J’ai eu une période un peu comme tout le monde où, quand on n’est pas content de nous, on se met en mode autodestruction. Il y a aussi le fait qu’à mes débuts j’ai dû me battre pour faire ma place dans ce milieu où on ne m’acceptait pas. On ne me prenait pas au sérieux... J’étais très timide à l’école, puis je me suis retrouvé sur une scène, sous les feux de la rampe. J’ai inventé mon personnage de Patrick Norman. 

Derrière ma guitare, j’avais mon armure. Je savais que j’avais un certain talent à l’époque, mais je n’avais pas tellement confiance en moi. Au début, j’étais terrorisé avant de monter sur scène. J’avais le trac. Je n’étais pas sûr de moi. Avec le temps, j’ai pris confiance en moi. Je sais très bien que si la salle est pleine, c’est parce que les gens qui sont venus me voir m’aiment. Il s’agit juste d’avoir du fun et de ne pas les décevoir.» 

Photo : Valérei Blum

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UNE RENCONTRE QUI CHANGE TOUT
Quand on évoque son métier, c’est sans détour que le chanteur reconnaît que sa vie amoureuse en a souffert au bénéfice de sa carrière. «Ce n’est pas évident pour une conjointe, une blonde, une épouse de vivre avec un artiste qui est toujours sur la route. J’étais gêné et je ne cruisais pas les filles, mais elles, elles ne l’étaient pas et me cruisaient. Il y a un bout où je menais pas mal une vie de célibataire.» 

Éprouvant un sentiment de culpabilité, il a fini par se dire qu’il serait mieux seul, ce qu’il a fait pendant un an. «Ça m’a fait un bien énorme.» 

Puis est arrivée 2012, l’année où il a rencontré Nathalie Lord, qui a chamboulé le cœur du célibataire heureux qu’il était. «Quand j’ai rencontré Nathalie, je ne voulais pas m’embarquer dans une autre relation. Mais elle a changé mes plans... C’est la seule femme que j’ai désiré épouser. J’ai été marié deux fois avant elle, mais ce n’était pas pour les bonnes raisons.» Ça fait sept ans qu’il est avec sa belle Nathalie et trois ans qu’ils sont mariés. «Je lui demande presque tous les jours si elle veut encore m’épouser. Sérieusement.» À preuve: il dit qu’il attend le déconfinement, quand tout ira mieux, pour renouveler ses vœux avec sa douce.

UNE PRÉFACE SIGNÉE FRANCE BEAUDOIN
C’est l’animatrice et productrice France Beaudoin qui signe la préface du livre, une idée de la conjointe de Patrick Norman. Nathalie a pensé à elle parce que son homme a chanté plusieurs fois à En direct de l’univers. «La première fois que je suis allé à l’émission, France Beaudoin m’a dit: “Vous savez que vous pourriez faire cette émission-là toutes les semaines? Il n’y a pas un seul artiste invité qui ne vous mentionne pas sur sa liste de chansons.”» 

Le public est encore au rendez-vous. «C’est ce qui me touche le plus», confie celui qui devait monter sur scène cet automne avec son spectacle      

Si on y allait, inspiré de son disque du même titre. Depuis le premier confinement, sa femme et lui se sont plutôt tournés vers les réseaux sociaux pour faire des prestations; ils ont, entre autres, fait une version covid-19 de son grand succès Quand on est en amour pour inciter les gens à rester à la maison. «Quelques jours après la sortie de la chanson sur les réseaux sociaux, on avait 1 600 000 vues. Ce n’est pas rien!»

DE BONS GÈNES
Le 1er avril, la mère de Patrick Norman a eu 100 ans. Comme il ne pouvait pas aller la voir où elle demeure le jour de son anniversaire, les visites aux aînés étant suspendues, ils ont célébré virtuellement, puis se sont repris en personne par la suite. «Je suis allé manger avec elle récemment, avant qu’il y ait à nouveau des restrictions. Je l’ai amenée voir sa sœur, ma tante Thérèse, qui vient d’avoir 99 ans. Le premier confinement a été éprouvant pour ma mère. Elle a un peu de difficulté à suivre les conversations et, avec les masques, elle ne voit pas nos lèvres bouger. Mais je suis content parce qu’elle a toute sa tête et parce qu’elle se rappelle toutes sortes de choses qu’elle nous raconte.» 

Avec le deuxième confinement, il est contraint de garder le contact avec ses filles, Isabel et Debbie, et ses six petits-enfants âgés de 7 à 32 ans, via FaceTime. Il ne cache pas que cette pandémie joue sur son moral. «Ça a un effet sur moi, et je ne pense pas être le seul. J’ai la larme facile. Je l’ai toujours eue, mais là, plus que jamais. Mais je me considère comme tellement chanceux parce qu’il y en a qui ne sont pas dans la même position que moi. C’est pour ça que je fais plein de choses pour divertir les gens.» Il promet de continuer à le faire sur les réseaux sociaux, en attendant de pouvoir reprendre la route des salles de spectacle. 

     

La biographie Patrick, Yvon et vous est présentement en vente. Patrick Norman est également en nomination dans la catégorie Album de l’année – country au Gala de l’ADISQ, qui sera diffusé le 1er novembre à Radio-Canada.

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