La longue remontée | Une étape à la fois | 7 Jours
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La longue remontée | Une étape à la fois

Vendredi 23 octobre à 21h, Explora (début)

Dominic Frappier, Mandir Pouye, Sabryna Mongeon et Mathieu Ciarroni-Beaulieu.
Photo: © Explora

Dominic Frappier, Mandir Pouye, Sabryna Mongeon et Mathieu Ciarroni-Beaulieu.

Personne n’est à l’abri de la perte d’un organe ou d’un membre à cause d’un accident ou d’une maladie. S’ensuit pour les victimes un processus de réadaptation difficile afin d’apprendre à vivre autrement. La documentariste Karina Marceau a suivi pendant plusieurs mois la quête d’autonomie de quatre personnes pour réaliser sa série La longue remontée. 

Sabryna Mongeon, qui a perdu ses bras et ses jambes à la suite d’un terrible accident de voiture le soir de Noël 2017, venait de finir sa réadaptation lorsque Karina Marceau lui a offert d’animer les six épisodes de La longue remontée. En plus d’aller à la rencontre de Dominic Frappier, Mathieu Ciarroni-Beaulieu et Mandir Pouye, la jeune femme raconte sa propre histoire.

Un projet salutaire

Sabryna a réalisé son rêve de devenir maman.

Photo: © Ami-télé

Sabryna a réalisé son rêve de devenir maman.

« Ce projet est arrivé à un bon moment dans la vie de Sabryna, qui est excellente à l’écran. Elle cherchait une façon de donner un sens à son existence et de rester active, mais les emplois possibles dans sa condition étaient limités, surtout qu’elle n’avait pas encore reçu son bras bionique », explique Karina Marceau, qui précise qu’on assistera à l’arrivée de la fameuse prothèse. Une autre grande arrivée a aussi été célébrée devant la caméra, puisque Sabryna est devenue maman de son premier enfant durant le tournage. « Elle avait déjà obtenu le rôle d’animatrice lorsqu’elle m’a confié qu’elle était enceinte. Nous avons donc suivi sa grossesse et nous avons même eu la chance d’être à l’hôpital avec elle au moment de son accouchement. Elle a fait preuve d’une grande générosité », révèle fièrement la documentariste.

Tragédie au Nunavut

Sportif, Mathieu travaille fort pour recommencer à pratiquer la planche à neige.

Photo: © Ami-télé

Sportif, Mathieu travaille fort pour recommencer à pratiquer la planche à neige.

Mathieu, Dominic et Mandir ont également accepté avec beaucoup d’ouverture de laisser la caméra entrer dans leur quotidien. Pour Mathieu, l’accident traumatisant qui lui a fait perdre une jambe est encore difficile à raconter. Pendant qu’il travaillait au Nunavut, un tuyau bourré de pression qu’il devait nettoyer lui a tranché la jambe en haut du genou, envoyant le membre valser à 132 pi de lui. Puisque l’accident s’est produit sur un site minier situé à trois heures et demie de vol de l’hôpital le plus proche, il s’en est fallu de peu pour que Mathieu perde la vie ce jour-là. Entretenant toujours l’espoir de remonter sur sa planche à neige un jour, il travaille fort pour s’adapter à sa nouvelle prothèse, conçue pour les amputés sportifs comme lui. Cette prothèse, qui lui permettra de retrouver 85 % de sa qualité de vie, vaut plus de 100 000 $.

Le temps d’un plongeon

Dominic tente de recouvrer le plus d’autonomie possible et savoure chaque victoire sur l’adversité.

Photo: © Ami-télé

Dominic tente de recouvrer le plus d’autonomie possible et savoure chaque victoire sur l’adversité.

Dominic est lui aussi un sportif-né. Ce gaillard de 6 pi 3 po, un athlète de haut niveau qui jouait au football pour l’Université de Sherbrooke, est devenu tétraplégique à la suite d’un plongeon le soir de son bal des finissants. Seuls ses bras et ses mains ont encore un peu de force depuis l’accident qui l’a cloué dans un fauteuil roulant. Néanmoins, en raison de son sens de la compétition, il tente par tous les moyens d’acquérir le plus d’autonomie possible, et chaque minute gagnée lorsqu’il enfile ses vêtements est une petite victoire. Par ailleurs, la force de Mathieu a fait de lui un candidat pour une chirurgie de pointe visant à améliorer son système nerveux.

Pour ses enfants

Mandir est déterminé à offrir une belle vie à ses enfants.

Photo: © Ami-télé

Mandir est déterminé à offrir une belle vie à ses enfants.

Mandir, lui, est un jeune père de famille qui a malheureusement subi plusieurs uvéites. Ces inflammations de l’œil ont à ce point endommagé sa vision qu’il est maintenant légalement aveugle. Malgré tout, il souhaite offrir à son fils et à son bébé à naître la vie la plus normale qui soit — c’est d’ailleurs frappant de constater que tous les participants de la série semblent plus préoccupés par la peine de leurs proches face à leur situation que par leurs propres émotions.

Karina Marceau s’est inspirée d’une histoire personnelle pour concevoir sa série documentaire. Son amour de jeunesse, Mark Breton, a lui-même été victime d’un accident qui lui a fait perdre un bras et qui l’a plongé dans le coma une quarantaine de jours. C’est lorsqu’elle l’a recroisé, il y a deux ans, et qu’elle a fait le bilan de ses réussites — Mark est devenu un athlète paralympique — qu’elle a eu l’idée de réaliser La longue remontée. « Cette belle production résonne tout particulièrement en cette période où nous sommes face à une situation où nous devons tous faire preuve de résilience », conclut-elle.
 

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