Antoine L’Écuyer révèle ce que son rôle dans «Mon fils» a changé chez lui | 7 Jours
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Antoine L’Écuyer révèle ce que son rôle dans «Mon fils» a changé chez lui

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Photo : Sebastien Sauvage / TVA

En vedette dans la télésérie Mon fils, Antoine L’Écuyer brille de mille feux. Tous ont salué la grande qualité de son jeu! Il faut savoir que le jeune comédien s’est investi corps et âme pour que son personnage soit tout à fait crédible. Il nous raconte ses démarches et l’impact que ce rôle a eu sur nombre de personnes.

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Antoine, quelles recherches as-tu faites pour donner vie à Jacob?
Pendant deux mois, je suis allé à l’Hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine pour voir les cellules d’isolement. J’ai aussi pris contact avec un psychiatre, le Dr Pierre Lalonde, une sommité dans son domaine. Il se spécialise auprès des jeunes de 30 ans et moins. J’ai parlé avec lui de toutes les scènes que j’avais à jouer pour lui demander si, par exemple, je pouvais ajouter un tic, si c’était trop ou pas assez si je faisais telle chose. Il m’a bien guidé pour mon personnage, à savoir où il est rendu dans ses psychoses, dans sa maladie, sa médication. Il m’a été d’une aide précieuse tout au long du tournage. 

Est-ce que la schizophrénie était une maladie que tu connaissais?
Avant de faire mes recherches, j’avais rencontré quelqu’un qui était hospitalisé à la suite d’épisodes psychotiques. Cette personne avait un discours très vague, je voyais bien qu’il y avait une déconnexion, mais je n’étais pas renseigné sur la maladie. Donc, à part ça et le travail avec le psychiatre, je me suis vraiment lancé dans le vide! 

Est-ce le personnage qui t’a demandé le plus de travail?
Oui et non. J’ai joué des personnages plus tordus, plus loin de moi, qui m’ont demandé de la recherche. Sauf que là, je ne voulais pas me tromper. Il y a des familles dont le fils, la fille ou le frère auraient su que ce n’était pas juste. Je ne voulais pas être une caricature, je voulais que ça reste vrai. Ça ajoute un stress. Ç’a été un cadeau de pouvoir me préparer pendant un mois. Au Québec, on a souvent moins de temps et d’argent pour se le permettre. 

Dans la série, tu as beaucoup de scènes avec Élise Guilbault, qui joue ta mère. Était-ce la première fois que tu jouais avec elle?
Oui, et c’était très bien. Élise est une actrice très ouverte et très généreuse. C’est une fille un peu punk, un peu rebelle, et aussi très douce et très patiente. Ça s’est aussi très bien passé avec Émilie Bierre et Patrice Godin (sa sœur et son père dans la série).
 

Photo : Sebastien Sauvage / TVA

 

Est-ce qu’Élise avait un côté maternel avec toi?
Je pense qu’elle se fait souvent dire qu’elle a un côté maman. D’autant plus que là, elle jouait la mère de mon personnage. Pendant et entre les scènes, Élise est de ces personnes qui te recentrent, comme un parent.

Y a-t-il des scènes qui ont été particulièrement difficiles à jouer?
Oui, il y en a quelques-unes plus intenses pour lesquelles je me suis isolé avant le tournage, mais je ne suis pas un acteur trop investi, de type method actor. J’aime faire des blagues entre les prises, ça me permet de décanter. Je dirais que ç’a été un plateau très agréable.

Ce rôle a-t-il changé des choses en toi?
Avant de faire ce projet-là, si j’avais croisé quelqu’un qui se parle tout seul, j’aurais peut-être eu le réflexe de me dire que cette personne était dopée. Aujourd’hui, j’ai plus d’empathie et une meilleure compréhension des gens qui semblent avoir des comportements complètement déconnectés. Je vois maintenant l’humain, qui est probablement passé par les mêmes processus que Jacob dans Mon fils, mais qui s’en est moins bien sorti. Je comprends mieux ce que ces personnes peuvent vivre, alors ça fait moins peur de les approcher et de leur parler. D’ailleurs, un gars au début de l’âge adulte m’a écrit pour me dire qu’il avait vécu la même chose que Jacob.

Comment as-tu réagi quand tu as lu les premières critiques qui saluaient ton jeu?
Je ne les lis pas, mais j’en ai entendu parler. C’est formidable, mais ce qui est encore plus valorisant, ce sont les mères, les pères, les frères et les sœurs qui m’écrivent pour me dire qu’ils se sont reconnus dans un personnage ou l’autre. Ça me touche, et ça me permet de réaliser que cette série, c’est plus grand que du divertissement.
 

Photo : Sebastien Sauvage / TVA

 

As-tu l’impression que ce rôle va t’amener des propositions?
C’est sûr que c’est le rôle le plus grand public que j’ai fait. Comme comédien, on l’espère tout le temps, mais on ne compte pas là-dessus... Je continue surtout à chercher des projets et des gens avec qui j’aurai du fun à travailler. C’est plus de cette façon que le travail me comble. 

As-tu fait d’autres tournages depuis?
Non, à cause de la covid. En ce moment, je bâtis des shows avec un ami, associé et musicien classique, Philippe Prud’homme. C’est très embryonnaire: ce sont des spectacles qui vont mêler des textes de poésie québécoise et française avec de la musique classique et traditionnelle. On travaille là-dessus, on verra ce qu’on fera avec ça!

Tu n’as que 23 ans, mais tu as joué dans pas moins de 10 films depuis tes débuts!
J’aime beaucoup le cinéma. J’ai tourné dans le film Vivre à 100 milles à l’heure, de Louis Bélanger, il y a un an et demi. J’aimerais vraiment tourner un film par année. J’ai moins fait de télé, mais je suis aussi ouvert à ça. Il faut juste trouver de bons projets avec du bon monde. J’aime pouvoir choisir mes projets, c’est précieux pour moi.      

Avais-tu un plan B quand tu étais plus jeune?
Non, et je n’en ai pas encore! (rires) C’est vers 15 ou 16 ans que j’ai envisagé le jeu comme une carrière. Ça faisait déjà six ans que je travaillais, et j’ai commencé à me dire que ce serait ça, ma vie... Si les projets ne viennent pas, je pourrai en créer qui jumellent la musique et le théâtre. 

Tu aimerais faire du théâtre?
Oui, ça m’intéresse. Je n’en ai pas fait beaucoup, et j’en suis à chercher des coachs pour travailler des textes de théâtre durant un an ou deux, afin d’avoir plus confiance en mes moyens. Je pense que je pourrais encore faire 20 longs métrages, mais sans jamais me sentir accompli si je ne fais pas plus de théâtre.      

Qu’aimerais-tu faire au cours des prochaines années?
J’aimerais commencer à travailler en anglais. Il faudrait que je perfectionne le mien, mais il y a de beaux projets qui se font dans le reste du Canada. Sinon, il y a tellement de trucs qui peuvent arriver!

As-tu fait des choses particulières depuis le début de la pandémie?
J’ai vu ma blonde et mes amis proches, et j’ai passé le plus de temps possible dehors. J’ai commencé à faire du hiking avec ma blonde, on aime beaucoup ça! 

Photo : Sebastien Sauvage / TVA

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