À 85 ans, Yvon Deschamps donne de ses nouvelles | 7 Jours
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À 85 ans, Yvon Deschamps donne de ses nouvelles

Image principale de l'article Des nouvelles d'Yvon Deschamps
Photo Toma Iczkovits

Yvon Deschamps n’a pu fêter ses 85 ans en grand cet été, pandémie oblige. L’humoriste retraité, qui soulignera finalement son anniversaire avec un grand spectacle-bénéfice virtuel dans quelques jours, ne prend pas le coronavirus à la légère. « Si je pogne la COVID, je suis mort. C’est merveilleux, on vit dangereusement. C’est comme marcher sur un fil de fer. »

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Yvon Deschamps et Judi Richards nous avaient donné rendez-vous au Second Cup de L’Île-des-Sœurs [avant les plus récentes mesures sanitaires]. Cette rencontre avait pour prétexte de parler du spectacle virtuel Bon 85e Yvon Deschamps !, qu’Yvon animera lui-même et qui se tiendra le 23 octobre (voir autre texte). 

En grande forme, Yvon Deschamps nous a accordé une entrevue exclusive de presque deux heures. De nombreux sujets y sont passés, de la pandémie actuelle (« c’est un virus tellement mystérieux »), aux élections américaines (« on n’est plus capable d’entendre parler de Trump), en passant par ses débuts en humour avec L’Osstidcho (« je n’ai jamais voulu être humoriste de ma vie !), sa retraite de la vie publique (« ça m’a pris deux ans pour ne plus m’ennuyer de la scène ») et sa vie personnelle (« je suis très fier de ma famille »).

Assis à côté de sa tendre épouse, Yvon Deschamps lui lance souvent quelques regards amoureux, n’hésitant pas à pointer Judi lorsqu’on lui demande « quel est le bonheur à 85 ans ? » Les deux amoureux, toujours aussi inséparables, fêteront leurs 50 ans de mariage l’an prochain. D’ici là, ils se rappelleront longtemps l’année 2020 mouvementée que l’on vit présentement. 

« Je risque ma vie »  

Revenu prématurément de la Floride au printemps, le couple a passé les derniers mois entre ses demeures de L’Île-des-Sœurs et Morin-Heights. À 85 ans, Yvon Deschamps a-t-il des craintes concernant le virus ? « Ben oui ! Je risque ma vie, moi, là », répond-il en pointant le café où nous nous trouvions.

Concernant le travail actuel du gouvernement, il dit ne pas avoir de critique particulière à lui faire. « Parce que c’est tellement compliqué, complexe, nouveau, mystérieux comme virus. [...] La seule chose que je n’ai pas aimée, c’est quand ils ont appelé les gens à faire de la délation. Ça fait appel à ce qu’on a de pire, de méchant en nous. »

Yvon Deschamps s’est désolé de voir la situation dramatique des CHSLD avec l’arrivée de la COVID. En 2010, il avait été le porte-parole de la nouvelle campagne pour sensibiliser la population à la maltraitance des aînés. Dix ans plus tard, la situation est loin de s’être améliorée. 

« Rien n’a changé, au contraire. Ça s’est empiré tout le temps, dit-il. [...] On savait depuis 20 ans que ça n’avait pas de sens, qu’il n’y avait pas de préposés, pas assez d’infirmières, pas de services. Ils coupaient tout le temps. Avec la pandémie, plusieurs préposés ont été obligés de travailler dans deux ou trois endroits différents, pour se faire une paie. Ça ne nous a pas aidés. »

Se tenant loin des réseaux sociaux, Yvon Deschamps regarde régulièrement les nouvelles sur les différents réseaux. « Mais j’en prends souvent congé, car ça se répète tellement. [...] Je ne veux pas faire peur au monde, mais je considère qu’on n’a rien vu encore. Mais je veux avoir tort ! » 

Au moment de notre rencontre, Yvon et Judi envisageaient toujours de retourner passer l’hiver en Floride, où ils vont depuis de nombreuses années. « On va attendre encore un peu [avant d’y aller], admet sagement Judi. Les couleurs et les hibiscus, on ne peut pas s’en passer. »

Une fête virtuelle pour la légende  

Dix ans après avoir annoncé son retrait de la vie publique, Yvon Deschamps remontera sur scène pour une toute dernière fois. Le 23 octobre, en compagnie de nombreux humoristes, le légendaire comique animera son propre party de fête virtuel. Et tout le Québec y est convié.

Yvon Deschamps et Judi Richards se demandaient bien de quelle façon ils pourraient amasser de l’argent cette année pour la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud avec la pandémie. Le couple, qui a récolté pas moins de dix millions de dollars pour l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud en 35 ans, a vu toutes les activités de financement annulées au cours des derniers mois.

Une employée de la fondation leur a alors suggéré de regarder auprès de la plateforme virtuelle L’espace Yoop. « J’ai appelé moi-même Louis [Morrissette, l’un des partenaires de Yoop] pour en discuter », indique Yvon.

Puisqu’il n’avait pu véritablement fêter ses 85 ans cet été, en raison de la pandémie, l’idée d’un spectacle anniversaire, avec plusieurs humoristes, a été lancée. C’est ainsi que se tiendra le spectacle Bon 85e Yvon Deschamps !. François Bellefeuille, Pierre Hébert, Mario Jean, Maude Landry, Laurent Paquin, Martin Petit et Rosalie Vaillancourt y prendront part, tout comme Judi Richards et leurs filles.

« Le dernier gros party de fête pour Yvon, c’était pour ses 65 ans, indique Judi. C’était au Manoir [Rouville]. Il y avait des cerfs-volants, des personnages, des films de Charlie Chaplin, du tango. Il espérait aussi qu’à 85, il aurait quelque chose de grandiose. Mais la COVID a tout stoppé. »

Pour l’animation du spectacle virtuel, quelques artistes ont été contactés au cours des dernières semaines. Mais tous semblaient inconfortables avec le mandat, selon Judi. C’est alors qu’Yvon a lancé : « Pourquoi je ne le ferais pas, moi ? Je vais être là ! »

Accepter de décrocher

Cette soirée marquera le retour sur scène d’Yvon Deschamps pour la première fois depuis une dizaine d’années. Si on ne compte pas ses apparitions lors des spectacles-bénéfices de sa fondation, l’humoriste indique être monté sur scène pour la dernière fois dans le spectacle Judi Richards au septième ciel avec... Toulouse et Yvon Deschamps, en 2009. Il avait aussi fait une apparition au gala hommage Juste pour rire de Claude Meunier, en 2010.

La scène lui manque-t-elle aujourd’hui ? « Ça m’a manqué quelques années après [l’annonce de la retraite], mais plus maintenant, répond-il. Ça fait 10 ans. Mais pendant deux ou trois ans, je me levais parfois et je me disais : j’ai une maudite bonne idée ! »

« Si on veut avoir une vraie retraite, il faut accepter de décrocher complètement, dit-il. C’est long. C’est un besoin [la scène]. C’est vrai que c’est agréable. Mais nous, les humoristes, c’est autre chose. La plupart de mes chums, ce sont des chanteurs. Vigneault, Charlebois, ça va bien, ils font leurs vieilles chansons (rires) ! Ils en ajoutent une ou deux nouvelles, mais les gens veulent entendre leurs grands succès. [...] J’ai 85 ans et je suis sûr que je pourrais faire un show de deux heures. Le problème, c’est de l’écrire ! »

Yvon Deschamps a accepté de retourner sur scène pour une dernière fois, car les profits iront à sa fondation. « Les gens peuvent regarder le spectacle pour 25 $. Ce n’est pas cher pour une famille ou un couple, dit-il. C’est pour tout le Québec. On espère en vendre au moins 10 000 [accès]. »


Le spectacle Bon 85e Yvon Deschamps ! aura lieu le 23 octobre, à 19 h 30, sur l’espace Yoop. Tous les profits iront à la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud. Pour les détails : yoop.app

Yvon Deschamps pour eux...  

Pierre Hébert

Photo Jean-François Desgagnes

« Pour moi, Yvon Deschamps, c’est un monument de l’humour, mais surtout, un monument d’humanité. Il y a trop de choses qui m’impressionnent chez lui ; tant son talent et sa générosité que son parcours de vie. »

Maude Landry

Photo courtoisie

« Pour le monde de l’humour, il est l’équivalent du parrain dans la mafia, mais sans la violence. C’est un peu aussi notre père Noël, sauf qu’il existe pour de vrai. Pour moi, il représente toutes les valeurs auxquelles j’adhère en tant qu’humoriste. Une légende comique et inspirante, digne de Chaplin. »

Rosalie Vaillancourt

Photo Jean-François Desgagnes

« Yvon Deschamps me donne le goût que le Québec devienne un pays. Il me rend si fière d’être Québécoise par son talent, mais aussi par sa façon d’encourager les artisans d’ici. »

Laurent Paquin

Photo Jean-François Desgagnes

« Yvon, c’est le plus grand, point final. C’est mon idole de tous les temps. Je réécoute, encore aujourd’hui, des affaires qu’il a faites et je me dis que ce serait hot de voir ça aujourd’hui. Mais il n’y a personne d’autre que lui qui pourrait faire ça. Ça manque, un Yvon Deschamps, dans l’humour d’aujourd’hui. »

François Bellefeuille

Photo courtoisie, Instagram

« J’ai une admiration et un immense respect pour Yvon Deschamps. C’est rien de moins qu’un des meilleurs humoristes au monde. C’est l’humoriste pour qui je shake encore en le voyant. »

 

« J’ai jamais voulu être humoriste de ma vie ! »  

Yvon Deschamps n’aurait peut-être jamais connu sa glorieuse carrière en humour, n’eût été Robert Charlebois. Dans les années 1960, le comédien qu’il était travaillait aux côtés de Paul Buissonneau, Louise Latraverse, Claude Léveillée et Jean-Louis Millette dans le nouveau Théâtre de Quat’Sous.

En 1968, avec Latraverse, Robert Charlebois et Mouffe, Yvon Deschamps présentait L’Osstidcho dans ce même théâtre. « J’avais à écrire un sketch dans le spectacle, et c’est Robert qui m’a dit de faire un monologue », se souvient Yvon.

En 1978, au Théâtre de Quat’Sous à Montréal, était créé un spectacle qui allait marquer l’imaginaire : L’Osstidcho­­­. Le spectacle, qui comptait une grande part d’improvisation, mettait en vedette Louise Forestier, Yvon Deschamps, Mouffe, Robert Charlebois et le Quatuor du nouveau jazz libre du Québec.

Photo courtoisie

En 1978, au Théâtre de Quat’Sous à Montréal, était créé un spectacle qui allait marquer l’imaginaire : L’Osstidcho­­­. Le spectacle, qui comptait une grande part d’improvisation, mettait en vedette Louise Forestier, Yvon Deschamps, Mouffe, Robert Charlebois et le Quatuor du nouveau jazz libre du Québec.

C’est alors qu’est né le célèbre monologue Les unions, qu’ossa donne ?. « Ç’a changé ma vie complètement, dit Yvon. Pour Robert aussi, L’Osstidcho a changé sa vie. C’est devenu un phénomène musical et social. »

« The rest is history », comme on dit. Yvon Deschamps, alors âgé de 33 ans, allait commencer une prolifique carrière en humour. Dès le début, il se faisait un plaisir de bousculer les foules. « Les deux premières années, j’ai fait des centaines de spectacles. Il n’y en a pas un où il n’y a pas des gens qui sont sortis fâchés ! » dit-il avec le sourire.

Yvon Deschamps et Clémence DesRochers, dans une photo non datée. Les deux humoristes se sont très souvent côtoyés au cours de leurs longues carrières.

Photo d'archives, Journal de Montréal

Yvon Deschamps et Clémence DesRochers, dans une photo non datée. Les deux humoristes se sont très souvent côtoyés au cours de leurs longues carrières.

Pendant les 15 premières années de sa carrière en humour, Yvon Deschamps a donné une moyenne de 180 représentations par année. « J’ai écrit huit spectacles solos, j’ai créé cinq shows de gang et fait un film », se souvient-il.

En 1983, il annonçait son « spectacle d’adieu ». « Je pensais vraiment avoir fait le tour. J’avais écrit tout ce que je pouvais. »

En 1985, il se tournait vers le petit écran en participant à la populaire émission à sketches, Samedi de rire. Mais quelques années plus tard, il vivait l’un de ses rares échecs avec CTYVON, qui n’allait durer qu’une saison. 

Pauline Martin, Norman Brathwaite, Yvon Deschamps, Michèle Deslauriers et Normand Chouinard à l'époque de l'émission Samedi de rire

Photo d'archives, Journal de Montréal

Pauline Martin, Norman Brathwaite, Yvon Deschamps, Michèle Deslauriers et Normand Chouinard à l'époque de l'émission Samedi de rire

Un film avorté

Dans ces mêmes années, Yvon Deschamps avait écrit un scénario de long métrage, dans lequel il voulait jouer avec Jean Lapointe. « Je l’avais montré à Jean et il était gêné de me dire qu’il n’aimait pas ça, dit Yvon. C’est finalement son producteur, Jean-Claude Lespérance, qui m’a dit que ce ne serait pas bon pour la carrière de Jean de faire ce film-là à ce moment-là. Je trouvais pourtant qu’il y avait de bonnes affaires. J’aimais beaucoup le titre : Quand est-ce qu’on va devenir riches, on travaille tout le temps (rires). »

Après avoir arrêté la scène et connu des revers à la télévision et au cinéma, Yvon Deschamps ne savait plus quoi faire professionnellement. « Je me souviens d’un soir, j’étais dans mon bureau-salon, à la noirceur. Notre deuxième fille, Karine, qui n’avait que huit ou neuf ans, est venue me voir avant de se coucher. “Que fais-tu ?”, m’avait-elle demandé. Je lui avais répondu que je pensais à ce que j’allais faire. J’avais une idée pour une autre série télé et je me disais que j’allais peut-être commencer à l’écrire. “Retourne sur scène, c’est là que t’es bon”, m’avait-elle dit. J’ai écrit un autre show ! »

Dernier spectacle

Huit ans après avoir arrêté la scène, Yvon Deschamps revenait avec le spectacle U.S. qu’on s’en va ?. Au milieu des années 1990, il était pleinement de retour dans le milieu de l’humour. « J’ai fait les galas Juste pour rire de 1993 à 1996, dit-il. Il y a une année où j’ai animé les cinq galas francophones. Ça prend juste un fou comme moi pour faire ça ! Demande à n’importe qui aujourd’hui de faire cinq galas de suite de trois heures, il va dire : es-tu malade, toi ? »

Yvon Deschamps au Festival Juste pour rire

Photo Hugo-Sebastien Aubert

Yvon Deschamps au Festival Juste pour rire

En 2000, Yvon Deschamps présentait ce qui allait être son dernier spectacle : Comment ça, 2000 ?. « Au départ, c’était un show d’été que je jouais devant 300 personnes au Manoir [Rouville, un établissement qu’il avait acheté à Mont-Saint-Hilaire]. J’avais invité mes amis à venir le voir, comme Guy A. Lepage, [Normand] Brathwaite, [Claude] Meunier. Ils me disaient tous d’amener ça à Montréal. »

Il l’a finalement joué en tournée 400 fois, pendant deux ans et demi, dont 100 représentations au Théâtre Corona, à Montréal.

« J’ai jamais voulu être humoriste de ma vie ! lance Yvon. Ça m’est tombé sur la tête un matin et j’ai été pris avec ça. Ç’a marché et marché. J’ai raté ma vie probablement. C’était peut-être pas ça que je devais faire (rires) ! »

La mort peut encore attendre  

En 1982, dans le spectacle C’est tout seul qu’on est l’plus nombreux, Yvon Deschamps chantait ces paroles : « Au jour dont j’ai si peur/À l’arrêt de mon cœur ». À 85 ans aujourd’hui, a-t-il peur de mourir ? « Non, je n’ai plus peur, répond-il. J’ai été très angoissé par l’idée de la mort toute ma vie. Jusqu’à au moins 75 ans. À un moment donné, t’acceptes. [...] C’est l’inévitable, on ne peut plus rien faire. Ce que t’avais à faire, t’es mieux de l’avoir fait ! » 

« On sait qu’on va mourir incessamment. La question, c’est plus comment ça va m’arriver ? Dans ma famille, mon frère est mort il y a trois ans. Il avait 84 ans. Il regardait la télé et il s’est levé, pour aller aux toilettes ou à la cuisine, on ne sait pas. Il a juste fait trois pas et il est tombé mort. Ma mère est morte d’un infarctus la nuit. Mon cousin est mort en faisant la sieste l’après-midi. C’est-tu merveilleux ? Il avait dit à sa femme : tu me réveilleras vers 16 h 30... »

Depuis plusieurs années, Yvon Deschamps passe ses hivers en Floride avec la femme de sa vie, Judi Richards.

Photo courtoisie

Depuis plusieurs années, Yvon Deschamps passe ses hivers en Floride avec la femme de sa vie, Judi Richards.

Pour Yvon Deschamps, le bonheur, ces jours-ci, ça se résume à sa famille – il a trois filles et cinq petits-enfants – et les amis proches... « Et la santé, ajoute-t-il. Le fait de ne pas être malade. Sans ça, y’en a pas de bonheur. »

Quand on lui demande, parmi ses plus grandes fiertés, s’il les place dans cet ordre : famille, fondation et carrière, Yvon Deschamps répond positivement. « Je suis très fier de ma famille. » 

« T’as été un père extraordinaire », lui dit alors Judi. 

Judi et Yvon avec leurs filles, Annie, Karine et Sarah-Émilie, en 2014, lors d’une soirée-bénéfice pour annoncer la création de la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud.

Courtoisie

Judi et Yvon avec leurs filles, Annie, Karine et Sarah-Émilie, en 2014, lors d’une soirée-bénéfice pour annoncer la création de la Fondation Yvon Deschamps Centre-Sud.

« Je suis aussi fier d’avoir été un quêteux depuis 45 ans, d’avoir aidé. J’ai été à Oxfam, au Chaînon, au CHUM et au Centre-Sud depuis 35 ans. D’avoir pu aider ici et là, il y a des petites choses qui restent. Le Quat’Sous, pour moi, c’est une fierté. Quand je passe sur l’avenue des Pins [où se situe le théâtre]... On a quand même fait quelque chose. Et ma carrière, c’est juste un plus. Ç’a marché, ç’a marché. » 

« T’avais des choses à dire ! » lance Judi avec le sourire.

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