Le dernier felquiste | Qui a tué Mario Bachand? | 7 Jours
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Le dernier felquiste | Qui a tué Mario Bachand?

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À l’occasion du 50e anniversaire de la crise d’Octobre, la série documentaire Le dernier felquiste se penche sur l’un de ses plus grands mystères: le meurtre du felquiste Mario Bachand, le 29 mars 1971. 

Dave Noël et Antoine Robitaille.

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Dave Noël et Antoine Robitaille.

Voilà 50 ans, en octobre 1970, les membres du Front de libération du Québec (FLQ) lançaient une offensive qui allait changer l’histoire de la province. L’histoire n’est toutefois pas terminée, puisqu’on ne sait toujours pas qui a, en mars 1971, assassiné le meneur felquiste Mario Bachand alors qu’il se cachait en banlieue de Paris. 

Afin de percer ce mystère, la réalisatrice Flavie Payette-Renouf et ses collègues, les réalisateurs Félix Rose et Éric Piccoli, ont mené leur enquête avec les journalistes Dave Noël et Antoine Robitaille. «On a eu envie de se demander ce qui s’est passé, explique la réalisatrice, de savoir qui pouvait en vouloir à Bachand et à qui il faisait face. On s’est rendu compte que le gouvernement canadien pouvait être impliqué, tout comme le FLQ, alors on a eu envie de trouver des réponses.»

Une thèse choquante

Cette quête prend forme dans Le dernier felquiste, un documentaire de six épisodes qui remet en question les conclusions officielles. «La première thèse qui est sortie dans les journaux, précise Flavie, c’est que Mario Bachand aurait été victime d’un règlement de comptes au sein du FLQ. Mais, tranquillement, on se demande si la GRC aurait pu le faire éliminer, et ce n’est pas complètement farfelu, parce qu’on a beaucoup d’éléments qui nous emmènent de ce côté-là.»

Alors que Le dernier felquiste expose l’histoire du FLQ et de Mario Bachand, on comprend en effet que la victime était dans la mire des policiers depuis longtemps. «Quand on pense au FLQ, on pense surtout à octobre 1970, mais dès 1963, il y a eu des détournements d’avion et des bombes à Westmount et à la bourse. Bachand était un organisateur très important et il a rapidement été ciblé par les policiers: ils l’espionnaient et ils avaient peur qu’il fasse autre chose.»

Chasse à l’info

Pour en savoir plus, l’équipe du documentaire a pu compter sur le soutien de Félix Rose, fils du célèbre felquiste Paul Rose. «Les réponses à nos questions se trouvent beaucoup dans l’histoire du FLQ et dans celle de ses membres, que Félix connaît depuis qu’il est tout petit. Il a vraiment réussi à gagner leur confiance et à obtenir des confidences, donc ça s’est fait beaucoup grâce à lui.» Flavie Renouf-Payette précise toutefois que ces confidences sont parfois floues ou incomplètes, puisque la mémoire (et la bonne volonté!) des témoins n’est pas toujours au rendez-vous.

De plus, l’équipe d’enquête a dû surmonter des difficultés majeures au Québec comme en France, où le dossier de Mario Bachand est proscrit. «Même si on n’a pas accès au rapport de la police en France, on a quand même réuni plusieurs éléments de preuve, comme le rapport de la GRC, plusieurs témoignages clés ou le rapport d’autopsie qui avait filtré dans les journaux de l’époque», précise Flavie.

Ruer dans les brancards

Flavie Payette-Renouf et Félix Rose.

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Flavie Payette-Renouf et Félix Rose.

En réunissant ces morceaux de casse-tête, l’équipe du Dernier felquiste arrive à répondre à quelques-unes des questions entourant le meurtre de Mario Bachand, ce qui risque de faire bien du bruit. «C’est sûr que les gens vont nous poser des questions, pense Flavie, et on espère que ça fera bouger certaines choses à l’Assemblée nationale ou au Parlement. C’est aussi pour la famille de Bachand, qui attend des réponses depuis 50 ans, et pour sa fille, qui n’a jamais connu son père.» 

Par contre, la réalisatrice précise que son documentaire n’est pas un outil politique. «On n’est pas là pour réhabiliter le FLQ et on reste critique des actions violentes qui ont été posées, mais ça remet certaines choses en contexte. Mario Bachand reste un être humain; il avait payé sa dette à la société en allant en prison et il ne méritait pas d’être assassiné comme ça, ça n’a pas de bon sens.» Espérons que le public sera d’accord avec elle! 

Les risques du métier 

Le métier de journaliste comporte bien des dangers — surtout quand rôde la covid! «Nous sommes allés en France en pleine pandémie et Antoine est revenu avec le virus, raconte Flavie. Donc, disons qu’on a eu bien des défis à surmonter, même si on n’en parle pas dans la série!»

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