Michel Louvain aurait aimé chanter en duo avec ce chanteur populaire | 7 Jours
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Michel Louvain aurait aimé chanter en duo avec ce chanteur populaire

Image principale de l'article Il aurait aimé chanter avec ce chanteur populaire
Photo : Bruno Petrozza

La pandémie a contrecarré les plans de tout le monde, notamment ceux de Michel Louvain, qui trépigne d’impatience à l’idée de retrouver son fidèle public. Celui qui a célébré ses 83 ans en juillet etqui est en pleine forme a profité de cette pause pour jardiner. Même si la belle saison lui a fait du bien, l’attente pour remonter sur scène se fait un peu longue...

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Michel, tout ce que nous vivons depuis le mois de mars a-t-il affecté ton moral, comme pour plusieurs d’entre nous?

On ne peut pas dire que c’est facile, mais je ne suis pas tout seul là-dedans; je fais partie de la masse. J’ai surtout trouvé ça difficile de ne pas voir mes amis, mes musiciens et mes techniciens durant le confinement. C’est ma famille! Quand on a annoncé que les gens de 70 ans et plus devaient demeurer à la maison, j’ai pris un coup de vieux. J’ai trouvé ça dur de ne pas pouvoir chanter ni sortir, mais je m’y suis habitué... J’ai eu des hauts et des bas... beaucoup de bas. Heureusement que je suis bien entouré, parce que mon moral, certaines journées, n’était pas très bon. J’ai enfin recommencé à sortir et à voir du monde, en respectant les consignes de la Santé publique, et je demeure positif face à la suite des choses. J’ai tellement hâte de retrouver mon public, d’être sur scène avec mes musiciens et de chanter pour les gens qui seront dans la salle! Ce qui est formidable, c’est que parmi toutes les personnes qui s’étaient procuré des billets pour me voir en spectacle, il n’y en a pas beaucoup qui ont demandé à être remboursées. C’est ça ma force, Daniel: mon public est encore là et il me suit partout.     

Tu devais présenter plusieurs spectacles un peu partout au Québec cet automne, n’est-ce pas?
Oui. Tous les spectacles prévus cet automne ont été remis à l’année prochaine. On les a reportés à deux reprises, en tenant compte de l’évolution de la pandémie. Il s’agissait de la suite de ma tournée qui avait débuté à l’automne 2019. Et j’avais vraiment de belles choses à l’agenda, cette année! J’avais un spectacle avec l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières à l’Amphithéâtre Cogeco, sur le bord du fleuve, au mois d’août. Je devais être au Casino de Montréal à compter d’octobre, ce qui est aussi remis à l’an prochain. J’avais 26 spectacles de Noël au programme, avec une belle gang. Mais je me dis que je ne suis pas le seul à vivre cette situation.

Photo : Bruno Petrozza

En plus, tu venais à peine de lancer un nouvel album...
Oui, l’album La belle vie — qui est aussi le titre de mon spectacle — a été mis sur le marché en avril l’an dernier. J’ai fait quelques spectacles à l’automne 2019 — à peine une dizaine —, puis je suis parti en Floride de novembre à mars. Quand je suis revenu, la pandémie est arrivée, et tout a été mis sur pause. J’ai donc cet album que je veux faire découvrir au public, parce que je l’aime beaucoup. On a travaillé fort en studio. On y retrouve entre autres Les roses de Picardie, Besame Mucho en espagnol, N’oublie jamais, Quando quando quando, Chacun garde dans son cœur et plusieurs autres titres. C’est le public qui a voté pour les chansons qu’il souhaitait que j’enregistre sur cet album. 

C’est vraiment une année bizarre, avec son lot d’incertitudes...
Quand j’écoute les nouvelles et que je regarde ce qui se passe dans le monde, je me demande si je pourrai effectivement remonter sur scène en 2021. Je préfère demeurer optimiste, mais j’ai quand même 83 ans. Je vais en avoir 84 l’an prochain; je suis à l’âge où les petits bobos peuvent arriver. Je suis conscient qu’il faut que je fasse plus attention à moi. (Il le dit en touchant du bois.)

Quelle a été la dernière fois que tu as chanté?
C’était de chez moi. J’avais fait un petit bout de La dame en bleu à En direct de l’univers, dans le cadre de l’émission spéciale de la fête des Mères et pour remercier les infirmières vêtues de bleu dans les hôpitaux. Ç’a été ma façon de leur dire qu’elles faisaient du bon travail.

Photo : Bruno Petrozza

Michel, tu es vraiment un artiste unique au Québec, parce que tu peux compter sur un public très fidèle et que tu fais quand même carrière depuis 60 ans!
J’ai des amis qui me font souvent remarquer que je ne réalise pas à quel point je suis aimé. Pour moi, c’est simple: je fais mon métier, je chante, les gens m’applaudissent, je m’en vais chez nous et je suis content. Mais tu as raison, et on me le dit souvent: je ne saisis pas toujours ce que je peux apporter aux gens grâce à mon métier. Et c’est dit sans aucune prétention. Je ne suis pas le meilleur chanteur au monde, mais ce que je donne au public sur scène, je le donne avec mon cœur et je suis sincère.      

Au cours des dernières années, on a constaté que les gens du milieu t’ont eux aussi adopté: on t’invite souvent à participer à différents projets. Tu dois trouver ça emballant?
Juste pour te dire à quel point je suis un peu innocent (rires), quand Dan Bigras m’a téléphoné un jour pour m’inviter à faire un duo avec Éric Lapointe, je lui ai tout de suite répondu: «Est-ce que tu lui as demandé s’il voulait? Je ne pense pas qu’il veuille chanter avec moi. Un rocker avec un chanteur populaire...» Il m’a répondu qu’il lui en avait parlé et qu’il était à la fois excité et énervé! Nous avons chanté La dame en bleu dans le cadre du Show du Refuge. 

Les gens du milieu ont réalisé que tu étais un artiste vrai et sincère, et qu’en plus tu étais cool!
Tu sais, j’ai réalisé que j’étais accepté par les gens de ma profession quand j’ai reçu le trophée hommage au Gala de l’ADISQ en 2014. L’ovation qu’on m’a faite! Il y avait des gens de toutes les classes du milieu artistique qui étaient assis là. J’ai vu des comédiens qui se sont déjà moqués de moi qui étaient debout et qui criaient: «Bravo!» Je pense qu’ils ont réalisé que j’étais là depuis 60 ans et que je continuais de livrer la marchandise. Depuis, j’ai chanté avec plusieurs artistes, entre autres Ginette Reno, Ariane Moffatt, les Lost Fingers... (Lors du Gala de l’ADISQ en 2017, Michel Louvain a été invité à chanter son succès Un certain sourire. C’était la toute première fois qu’ il se produisait sur scène dans le cadre de ce gala.)

C’est relativement nouveau pour toi de faire des duos avec d’autres artistes. Y as-tu pris goût?
Oui, et je dois avouer que j’ai eu tout un fun à chanter avec Roch Voisine, Garou et Corneille dans le cadre de leur spectacle Forever Gentlemen. Ça n’a pas été publicisé; c’était une apparition spéciale. J’ai adoré ça! J’ai chanté La belle vie avec eux. J’ai aussi fait des apparitions dans le cadre du spectacle Aznavour, de Mario Pelchat. J’étais l’artiste-surprise qui allait chanter Ay! Mourir pour toi. Mario est mon grand chum, je l’adore. Au cours de ma carrière, je n’ai pas chanté si souvent en duo, à part avec Renée Martel. On avait du plaisir à faire ça, entre autres dans des spectacles de Noël et à Saint-Tite.

Photo : Bruno Petrozza

Après toutes ces années de métier, as-tu encore le trac avant de monter sur scène?
(Rires) J’ai toujours le trac avant que le rideau s’ouvre! Mais en arrivant sur scène, je me sens chez moi. Mais oui, le trac est encore présent. 

Est-ce vrai que plus on vieillit, plus le temps passe vite?
Oui. C’est à 50 ans que j’ai réalisé à quel point le temps passait vite. Il m’est arrivé de belles choses dans ma carrière et je n’ai pas vu le temps passer. Et il n’est pas question de retraite, je pense que je vais être comme Aznavour! Il demeure mon idole, même s’il est mort. Le plus beau cadeau d’anniversaire que j’ai eu a été un gros livre sur Aznavour. Ça m’a tellement touché. Quelle vie extraordinaire il a eue, cet homme-là! J’avais 17 ans et je chantais du Aznavour avec un trio à Thetford Mines. Quand Yvan Dufresne m’a fait enregistrer mon premier microsillon, on y retrouvait trois chansons d’Aznavour. J’y tenais énormément. 

Tu n’as jamais eu l’occasion de chanter avec lui?
Non, mais j’aurais tellement aimé ça! Je l’ai rencontré à quelques reprises, et il savait que j’avais enregistré certaines de ses chansons.

Il y a longtemps, tu as fait beaucoup de télévision comme animateur. Gardes-tu de beaux souvenirs de cette époque?
Oui, vraiment. Imagine-toi donc que j'ai chez moi les 500 émissions de De bonne humeur sur CD! C'est une admiratrice qui les a toutes enregistrées sur VHS et transférées sur DVD. Elle m'a aussi donné un livre dans lequel il est écrit ce que je portais, ce que j'ai chanté, qui étaient les invités, avec qui j'avais fait des entrevues, etc. Cette dame m'a offert un beau cadeau, en plus des émissions de Louvain à la carte, et je vais probablement remettre le tout aux Archives nationales du Québec.

En attendant que les choses reprennent, que comptes-tu faire?
Je me tiens en forme et j’ai peut-être l’idée de m’adonner à la photographie. Aznavour a fait des photos et des films toute sa vie, et je trouve ça intéressant. Sinon, je vais apprendre un nouveau sport cet hiver: le pelletage! Je ne compte pas aller en Floride cette année, alors je vais acheter des pneus d’hiver pour la première fois en 20 ans! Ça va changer le quotidien et aussi la garde-robe... Il faut que j’aie du linge d’hiver!

      

Pour plus de détails au sujet de Michel Louvain et pour connaître ses dernières nouvelles, visitez le site michel-louvain.com.

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