Charles Lafortune explique comment il se met en danger à 51 ans | 7 Jours
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Charles Lafortune explique comment il se met en danger à 51 ans

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Photo : Julien Faugere

Charles Lafortune fait partie des incontournables dans le métier à titre d’animateur, mais aussi de producteur. Loin de se reposer sur ses lauriers, il a eu envie de se mettre en danger. Avec sa nouvelle émission intitulée Bijoux de famille, l’homme se livre à des stand-up, un défi qui amène un souffle rafraîchissant dans sa carrière. Dans sa vie personnelle, les changements sont aussi nombreux. Sophie et lui viennent de déménager, et Mathis, maintenant majeur, pose des enjeux différents à ses parents. Sans aucun doute, l’année 2020 aura été marquée par des changements...

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Charles, on te retrouve pour la rentrée avec la suite de La Voix. Qu'est-ce qui nous attend avec les Directs?
Les Chants de bataille auront lieu ce dimanche 20 septembre et nous serons en direct dès le 27 septembre, et ce, pendant quatre semaines. Je vais animer La Voix en respectant la distanciation, devant un public constitué de familles. Comme nous ne connaissons pas les tenants et aboutissants du virus, il va falloir rester loin les uns des autres. J’ai toujours fait de l’animation de proximité. J’étais près des gens; je dirais même que j’étais dans leur bulle. Si quelqu’un avait besoin de pleurer, il pouvait le faire sur l’épaule de mononcle... (sourire) J’avais choisi d’être le gros nounours sur lequel on pouvait se coller, ce qu’on ne peut pas toujours faire en télé. J’ai la chance d’être connu des gens. Le fait d’avoir fait de la télévision au quotidien m’a donné l’occasion d’être dans leur vie. Et avec le documentaire Autiste, bientôt majeur, les gens connaissent maintenant qui je suis vraiment. Je ne suis pas un personnage, c’est moi! Cette année, je devrai donc garder mes distances, mais je resterai à l’écoute des gens.

D’ailleurs, la bande-annonce d’Autiste, maintenant majeur a fait particulièrement réagir...
En quelques jours, la bande-annonce a été visionnée plus de 350 000 fois. Dans cette saison, nos protagonistes ont 18 ans. Nous posons la question suivante: qu’adviendra-t-il d’eux lorsque nous, les parents, ne pourrons plus nous en occuper? Avant de mourir, nous devrons leur avoir trouvé un endroit où vivre. Que leur arrive-t-il à 38, 40, 42 ans? C’est ce que nous verrons...

À la fin octobre, on te verra aussi à la barre de Bijoux de famille. Il s’agit d’un nouveau projet et d’un tout nouveau défi...
Dans chaque épisode, nous recevons trois invités — des personnalités, des humoristes et des acteurs — et il y a toujours quatre stand-up, dont un que je fais moi-même au début de l’émission, sous le thème de la famille. La famille est un sujet très large: c’est l’enfant qu’on a été, le parent qu’on est, notre famille, notre belle-famille, l’influence de notre prénom sur notre vie, la manière dont nous éduquons nos enfants face à l’argent... Nous posons des questions audacieuses. Y a-t-il un délai prédéfini qui nous fait passer de mère à «marde», en une seule nuit? (rires) Nous avons tourné cette émission sur la terrasse du Saint-Sulpice, à Montréal. J’ai senti un retour à une certaine normalité même si on se protège, qu’on met notre masque et qu’on garde nos distances.

Photo : Julien Faugere

De quel genre de famille viens-tu?
Je viens d’une famille bizarre: mes parents sont toujours ensemble! (rires) C’est une famille atypique. Nous sommes trois enfants, et je suis l’aîné. Mon frère a sept ans et demi de moins que moi et ma sœur, deux ans et demi. Elle est en sandwich entre ses deux frères. Mes parents sont maintenant à la retraite. J’ai été élevé par une mère prof qui enseignait aux élèves en cheminement particulier. Quant à mon père, il a fait toutes sortes de choses. Mon grand-père a eu un garage à Montréal pendant des années, et mon père y a travaillé. Il a ensuite vendu du transport de longue distance, puis il a eu du succès en immobilier. 

Tu as donc eu un beau modèle de père travaillant!
Oui, et un beau modèle d’entrepreneur, aussi. Et j’ai hérité de la grande gueule de ma mère... (sourire) Elle aurait pu être une animatrice de radio incroyable: elle se relance elle-même! (rires) Je garde de beaux souvenirs des partys de famille. Du côté de mon père et de ma mère, nous réunissions de 30 à 50 personnes dans une maison. Les manteaux de poils traînaient sur le lit et les bottes étaient placées dans le bain.      

Es-tu resté proche de ta famille?
Tout à fait. Pendant la pandémie, mes parents sont venus voir le condo. Je ne voulais pas que ma mère m’approche. Pas pour moi, mais pour elle. Ce n’est pas normal, parce que nous sommes des êtres sociaux, mais je reste loin d’eux. Comme je ne voulais pas que mon père et ma mère sortent, ils allaient faire des tours d’auto. Quand on atteint la cinquantaine, on devient le protecteur de nos parents. On s’inquiète pour eux. Pendant la pandémie, nous avons été privés de nos familles. Pendant longtemps, nous ne pouvions pas voir nos parents parce que c’était dangereux. Quand on est privé de quelque chose, on se rend compte combien ça nous manque. C’est d’ailleurs l’origine de Bijoux de famille. Nous avons pensé qu’un projet rassembleur allait nous faire du bien. C’est un show de bienveillance, de confidences, d’humour et de proximité qui me permet de faire de l’animation et du stand-up.

C’est quand même une carte que tu n’as pas jouée depuis un bon moment...
Effectivement. Pour l’émission, j’ai tourné 12 stand-up. Je suis allé roder mes numéros au Bordel et au Terminal. À 51 ans, je me mets en danger. Je dirais que c’est une année de renouveau. Nous avons vendu la maison, nous sommes déménagés, j’anime un nouveau show. La vie va vite...

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Comment le déménagement s’est-il passé pour ton fils?
Il y a eu un premier déménagement au mois de mai dans un condo temporaire, que mon père appelle le tempo, pour temporaire. (sourire) Nous avons vendu la maison. Je tiens à le dire publiquement: Nicolas Metsos, de Groupe Classique, a été super avec nous. Nous ne savions pas où habiter après la vente de la maison, car notre condo n’était pas encore prêt. En attendant, on nous a logés dans un condo modèle, qui a été vendu pendant que nous y vivions. Les premiers visiteurs à l’avoir visité l’ont acheté. Au moment de la visite, je travaillais sur place. Disons qu’ils ont été un peu surpris de me voir là... (rires) Nous y avons vécu jusqu’au 3 septembre, date du déménagement. 

Comment avez-vous préparé Mathis à ce grand événement?
Pour le premier déménagement, nous lui avons fait un scénario social, c’est-à-dire que nous lui avons montré une photo de la maison, d’un camion et du condo temporaire en lui expliquant que nous habitions ici, que nous allions mettre les choses dans le camion et que nous allions habiter dans l’autre condo. Puis, nous avons refait un nouveau scénario avec le condo modèle, le camion et le nouveau condo. Nous avons obtenu la permission d’aller voir le condo. Non pas pour surveiller sa construction, mais pour que Mathis puisse voir où il allait habiter avec nous. Nous sommes chanceux, car il est assez perméable aux changements. Ça se passe bien. Le changement n’est pas la chose la plus anxiogène pour lui, car depuis qu’il est petit, nous l’y avons habitué. 

La stabilité de sa vie familiale y contribue peut-être un peu...
Sûrement. Récemment, nous étions chez des amis, les parents d’Élie, qui fait partie d’Autiste, maintenant majeur. Autour de la table, nous avons jasé du fait qu’Élie n’était plus là — il habite maintenant dans une maison de ressource — et de ce que ça faisait à ses parents. Pendant la soirée, Mathis a insisté pour partir, et nous avons quitté. Dans la nuit, il s’est mis à pleurer dans son lit. Il avait beaucoup de chagrin. Nous nous sommes demandé s’il avait compris la teneur de notre discussion et s’il avait peur que ça lui arrive... A-t-il craint que nous partions sans lui lors du déménagement? Comme il est un autiste non verbal, nous ne savons pas ce qu’il comprend ou non. Mathis est aussi dysphasique, c’est-à-dire qu’il a de la difficulté à placer sa bouche pour émettre certains sons, certains mots. Nous avons donc pris le temps de le réconforter et de lui dire à nouveau que nous allions déménager tous ensemble.

Photo : Julien Faugere

Pourquoi avez-vous choisi de quitter votre maison de la Rive-Sud pour aller vivre en condo?
Parce que nous n’utilisions pas toute sa superficie et que nous devions toujours avoir un œil sur Mathis. Nous avions pensé à vendre notre condo en Floride, mais nous nous sommes rendu compte que nous étions bien là-bas, et Mathis aussi. Je me suis alors dit que nous pourrions vendre la maison de Boucherville. Je tiens à préciser que nous avons pris la décision de vendre avant que l’Union des artistes subisse les répercussions de la pandémie et que Sophie, la présidente, doive décider de passer de 65 à 10 employés... 

Elle a dû beaucoup travailler, durant cette période...
Ç’a été un hiver épouvantable! Son travail à l’UDA a été extrêmement important. Elle est allée travailler tous les matins. Ils étaient deux à tenir le fort. Pendant le confinement, les enjeux étaient nombreux. Elle a beaucoup travaillé. De mon côté, je travaillais de la maison. Des éducatrices venaient en alternance et faisaient des activités avec Mathis. Toujours est-il que la maison s’est vendue en cinq jours... Nous avons décidé de nous acheter un grand condo à aires ouvertes. Nous avions prévu un petit bureau, mais avec la pandémie, nous avons changé les plans, car nous sommes toujours dans cette pièce! Nous avons aussi fait ce choix de vie afin de nous délester de certaines responsabilités: nous n’avons plus de piscine à entretenir ni de pelouse à tondre.

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C’est donc une étape normale de vie, finalement.
Oui, mais c’est quelque chose que, normalement, j’aurais dû faire à 65 ans. Si je l’ai fait à 50, c’est aussi dans le but de prévoir la suite des choses pour Mathis. À 60 ans, est-ce que j’aurai la même énergie? S’il fallait que je mette toute mon énergie à entretenir la maison... De plus, en la vendant, nous avons rempli les REER, le CELI et le REEI (régime enregistré d’épargne invalidité) de Mathis. La réalité, c’est qu’il faut aussi faire ce genre de planification financière.

As-tu eu le temps de profiter un peu de ton été?
J’ai travaillé tout l’été puis, en septembre, nous sommes allés aux Îles- de-la-Madeleine, où nous avions loué une maison. Il y a deux ans, nous y avons acheté un terrain, en ne sachant pas ce que nous allions en faire... Nous verrons. Parfois, je me dis que je vendrai peut-être le condo en Floride pour m’installer aux Îles, mais disons que c’est un peu moins chaud... (rires)

La Voix, dimanche 19 h, à TVA.

Autiste, maintenant majeur, dès le mercredi 23 septembre 19 h 30, à Moi et cie.

Bijoux de famille, dès le dimanche 25 octobre 20 h, à TVA.

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