Patrice Bélanger se confie sur son urgence de vivre, causée par sa peur de la mort | 7 Jours
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Patrice Bélanger se confie sur son urgence de vivre, causée par sa peur de la mort

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Bruno Petrozza

Depuis ses débuts, il a exploré différents genres et médias, des rôles dans les séries dramatiques ou comiques aux films d’horreur, et de l’animation télé aux émissions de radio. En dépit de l’amour du public, Patrice Bélanger reste d’une grande modestie, se sentant privilégié de voir son travail l’amener à vivre de si belles choses. Tout aussi comblé par son clan uni, l’homme avoue toujours éprouver le sentiment de devoir faire ses preuves et s’ouvre sur sa crainte de voir ce bonheur qu’il vit prendre fin.

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Patrice, ma première question est banale, mais on dirait que dans le contexte des derniers mois, elle est essentielle: comment vas-tu?
Je vais très bien. Si on part de la base, je suis marié avec la femme de ma vie et j’ai deux enfants avec elle! J’exerce le métier dont je rêvais, et il me gâte au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Tu aurais dit au p’tit gars de troisième secondaire que son père allait reconduire à la radio étudiante chaque samedi matin à 3h qu’il serait un jour morning man à Rythme FM, qu’il animerait Sucré salé et vivrait des expériences professionnelles extraordinaires, il ne t’aurait pas cru! Je me sens privilégié, surtout dans le contexte actuel, de faire un métier que j’aime autant.

Et côté santé?
Ma famille n’a pas été touchée; je suis conscient que beaucoup de gens l’ont été, je pense à tous les décès et à toutes les personnes et familles qui sont affectées financièrement, et ça me touche beaucoup. C’est pour ça que je suis humblement et profondément reconnaissant.

Tu sembles animé par une grande urgence de vivre. Qu’est-ce qui explique ça?
Probablement ma peur de la mort. Je ne sais pas d’où ça me vient; j’en parle un peu plus depuis quelque temps, mais c’est très difficile pour moi d’aborder ce sujet. J’ai plein de peurs, mais pas vraiment de phobies. Celle de la mort, on dirait qu’elle entre dans une catégorie à part. En fait, j’ai toujours été mal à l’aise avec le concept de fin; je n’ai jamais aimé les fins de projet, les fins d’année scolaire. J’ai toujours la crainte que tout s’arrête et que ça ne recommence jamais.

À quand cela remonte-t-il?
Je me souviens de ma première et peut-être seule crise d’angoisse liée à la mort. J’avais huit ou neuf ans, et nous étions en vacances en famille à Rivière-du-Loup. J’étais recroquevillé aux pieds de ma mère dans la voiture, dans le stationnement de l’hôtel, et je pleurais en répétant: «Je ne veux pas mourir! Je ne veux pas mourir!». Déjà à cet âge, je réalisais que j’aimais tellement la vie que je ne voulais pas qu’elle s’arrête... Mais disons que ça a dû être terrifiant pour mes parents! Il reste aujourd’hui que j’ai du mal à accepter l’idée de la mort, aussi parce que personne n’a de réponse à ce grand mystère de la vie, le plus grand en fait. C’est d’ailleurs pour ça que je n’aime pas dormir la nuit. Tu sais, je ne vais jamais au lit pour m’endormir; je m’endors dans mon fauteuil ou à mon bureau... lorsque je me réveille parce que c’est inconfortable, c’est là que je vais m’étendre dans mon lit!

La famille semble être ton pilier le plus important.
Assurément! Mes parents et mon frère sont mes alliés, mes complices, et ils m’ont soutenu non seulement dans mes passions et mon choix de métier, mais aussi dans la conquête de ma blonde, que j’ai attendue pendant des années! J’essaie donc de reproduire ce modèle avec mes fils. Même si je m’accomplis beaucoup professionnellement, tout ce que je fais, c’est ultimement pour ma famille. L’été, je ne suis pas le papa le plus présent parce que je suis très occupé avec Sucré salé, mais ce que je ne peux offrir en quantité, je tâche de le donner en qualité. Ma blonde et moi mettons aussi beaucoup d’énergie à offrir le plus d’opportunités à nos fils, pour qu’ils essaient le plus de choses possible, dans le sport et les arts. Comme ça, ils pourront choisir ce qu’ils aiment vraiment. J’ai aussi d’excellents amis, mais mon noyau familial m’est indispensable.
 

Bruno Petrozza

Photo : Bruno Petrozza

Bruno Petrozza


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Patrice, pour moi, tu es l’exemple du bon gars, avec des bonnes valeurs. Tu ne joues pas à la vedette, bien que tu sois une de nos personnalités les plus aimées! Es-tu à l’aise avec cette image?
Je le prends comme un compliment, mais je dois t’avouer que je ne fais pas d’effort pour incarner ça, parce que c’est ce qui m’a été enseigné. J’essaie d’être authentique dans tout ce que je fais, et je dois cet aspect de ma personnalité à mes parents et à mon éducation. 

Y a-t-il eu des moments où tu as senti la pression de jouer la game pour réussir?
J’ai la chance depuis quelques années d’être très présent à la radio et à la télé, alors j’ai l’impression d’être déjà pas mal présent dans la vie des Québécois. Je me suis toujours gardé une petite gêne, je ne ressens pas le besoin d’aller sur des tapis rouges, d’être présent sur les médias sociaux. Je me dis que le public a peut-être parfois besoin d’un break de Patrice Bélanger! (rires)      

D’ailleurs, tu as créé ta première page Facebook en mai dernier seulement. Pourquoi as-tu finalement cédé?
Je sais que je suis un peu en retard! En fait, j’aime vivre l’instant présent et je n’étais pas attiré par l’idée de mettre des moments sur pause pour les partager. Quand je suis avec mes amis du métier, je n’ai donc jamais le réflexe de me dire: «Hey, il faudrait bien que je prenne une photo et que je la mette sur Facebook ou Instagram!» Pour ce qui est de Twitter, je pense que c’est clair que de m’exprimer en 140 caractères, c’est impossible pour moi! (rires) Mais la raison principale pour laquelle j’évitais les médias sociaux, c’est que je me connais, je savais que j’allais être incapable de ne pas répondre à chaque personne; pour moi, c’est impensable que quelqu’un prenne le temps de m’écrire et que je l’ignore. Donc depuis mai, j’apprivoise Facebook, et j’adore ça, mais je dose pour m’assurer que je le fais dans l’authenticité et sans que ça prenne tout mon temps. 

Tu fais partie de ceux qui s’appuient sur le travail, la rigueur et la discipline pour assurer leur place dans l’univers des médias et du divertissement. C’est un choix conscient?
Oui. J’ai de la difficulté à évaluer ma valeur dans le monde artistique. J’ai encore l’impression d’être le petit nouveau qui arrive. Ce n’est pas de la fausse modestie, c’est dû au fait que je suis encore très groupie des gens que j’ai la chance de côtoyer et de recevoir en entrevue. On dirait que je n’en reviens pas encore. J’aime penser qu’on me choisit parce que je suis à ma place et qu’on sait que je vais tout donner pour bien livrer la marchandise, pas parce que je suis la saveur du mois. Cette attitude me vient de mon premier camp de hockey, à cinq ou six ans. Je n’avais pas particulièrement de talent et en plus, j’étais minuscule par rapport aux autres joueurs, mais je comblais ces manques par mon intensité. Mon coach, Paul Archambault, m’avait surnommé Tiger! Il a contribué à renforcer mon identité de gars avec du cœur au ventre. Plus tard, mon autre coach, Denis Chaput, me surnommait lui aussi Tiger. Ce surnom et ce soutien ont forgé mon caractère.

Dirais-tu que ce léger sentiment d’imposteur est un des moteurs de ta réussite?
Oui, et j’ajouterais que c’est important d’utiliser nos peurs comme des moteurs. D’ailleurs, c’est ce que j’enseigne à mes enfants. Ça fait de moi quelqu’un de très intense, mais ça fait aussi que j’ai hâte de me lever le matin et d’essayer de donner le meilleur de moi-même pour passer la meilleure journée possible... je suis peut-être difficile à vivre, finalement. (rires)

Retrouvez Patrice du lundi au vendredi à 18 h 30 (en reprise à 22 h 35) à Sucré salé, à TVA. Il est aussi au micro de Jamais trop tôt, à Rythme FM, dès 5 h 30 en semaine.

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