10 ans plus tard, Marc-André Fortin revient sur son cancer | 7 Jours
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10 ans plus tard, Marc-André Fortin revient sur son cancer

Image principale de l'article Marc-André Fortin revient sur son cancer
Photo : Bruno Petrozza

Marc-André Fortin n’avait que 28 ans en 2010 lorsqu’on lui a diagnostiqué un cancer de la langue. Une décennie plus tard, le gagnant de l’édition 2005 de Star Académie a accepté de revenir avec nous sur cette épreuve qui, si elle a laissé ses marques, lui a aussi appris à profiter des joies de la vie. Il est aujourd’hui porteur d’un message d’espoir!

Marc-André, il y a 10 ans, vous avez reçu un diagnostic de cancer de la langue. Est-ce important pour vous de souligner cet anniversaire?
Je suis un nostalgique qui souligne toujours les étapes importantes de la vie. C’est bien de se remémorer ces 10 ans, parce qu’en ce qui concerne le cancer, plus le temps passe, mieux c’est.

Êtes-vous complètement passé à autre chose?
La rémission, comme tout ce qui est relié au cancer, demeure une zone sensible. Quand arrive le 31 mai, la date où j’ai reçu mon diagnostic, je suis plus émotif.

Quel souvenir gardez-vous de ce moment-là?
Chaque instant entre ce jour et mon opération du 15 juin 2010 est encore figé clairement dans ma tête. J’avais 28 ans et j’étais anéanti, mais aussi frustré devant l’inconnu qui m’attendait. Avant l’opération, les médecins ne pouvaient pas me dire tout ce qu’ils enlèveraient dans ma gorge et si j’allais être capable de chanter ou même de parler à nouveau. Il était aussi possible, s’ils trouvaient des cellules cancéreuses sur mes ganglions, que je fasse de la radiothérapie.

Combien de temps avez-vous dû patienter avant d’avoir une réponse?
Il a fallu un mois d’attente après l’opération pour obtenir des résultats. C’est cette période d’angoisse et d’incertitude qui a été la plus difficile. Finalement, le 17 juillet, ils m’ont dit que toute la tumeur avait été enlevée et que je n’aurais pas besoin d’autres interventions. Il fallait toutefois que je fasse des séances en orthophonie. À partir de là, je m’en balançais pas mal d’avoir une cicatrice au cou! Quelques mois plus tard, je suis remonté sur scène pour la première fois dans Décembre.

Photo : Bruno Petrozza



Le fait d’avoir traversé cela vous a-t-il rendu hypocondriaque?
Vraiment! Et si quelqu’un qui a eu le cancer me disait qu’il ne l’est pas, je ne le croirais pas! C’est certain que si j’ai mal à la tête deux jours, je pense avoir une tumeur au cerveau. C’est assez intense! Avant chaque examen annuel, je m’inquiète aussi. Le cancer, tu penses que ça n’arrive qu’aux autres, mais je l’ai eu. Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi!

Qu’est-ce que cette épreuve a changé en vous?
J’essaie de profiter de chaque moment de la vie, surtout ceux qui sont liés au chant, car il aurait pu arriver que je ne puisse plus jamais chanter! Quand je suis fatigué et que ma voix est un peu plus éteinte, je dédramatise et je m’arrange pour performer du mieux que je le peux. J’observe aussi beaucoup les petites choses autour de moi. Je souligne les beaux couchers et levers de soleil et les moments agréables passés en famille. Je me rappelle souvent de prendre le temps de m’émerveiller.

Cette année marque aussi les 15 ans de votre passage à Star Académie. Comptez-vous suivre la nouvelle mouture?
Bien sûr! J’ai regardé chaque édition avant mon passage et toutes celles qui ont suivi. J’ai très hâte de voir où TVA va amener l’émission avec les technologies d’aujourd’hui. Je me demande si ça changera beaucoup.
Quand vous parlez de Star Académie, vous avez encore les yeux brillants...
C’est une méga belle expérience de vie, tant sur le plan artistique que sur le plan humain. J’ai pu partager la scène avec des idoles, comme Isabelle Boulay ou Dennis DeYoung. J’ai reçu des formations incroyables! Je pense que je n’ai jamais autant pleuré que lors des ateliers avec Dan Bigras. Parfois, je ne savais même plus pourquoi j’étais si touché, et il me disait: «Ce n’est pas grave, sers-toi de ton émotion pour écrire.» Il faut tout un réseau de contacts pour accoter ce que Star Académie a à offrir!

Photo : Bruno Petrozza

Que donneriez-vous comme conseil aux futurs académiciens?
Vous devez profiter de chaque moment! C’est vrai que parfois ça va aller trop vite et que vous n’aurez pas le temps de prendre du recul, mais vous ne revivrez pas ça deux fois, alors profitez-en!

Vous deviez participer tout l’été au spectacle Deux, les plus grands duos et à l’automne à la grande tournée de Je reviens chez nous. Qu’arrive-t-il avec ces engagements?
Je suis content de dire que Deux, les plus grands duos est remis à l’été prochain. Nous ne perdons pas tout! Pour ce qui est de Je reviens chez nous, je sais que l’équipe de production essaie de reporter toutes nos dates à l’automne 2021. C’est tout un casse-tête pour eux et pour les diffuseurs, car nous avions des dizaines de spectacles de prévus! Et j’espère que je pourrai jouer à nouveau dans Décembre à la Place des Arts dans quelques mois; je croise les doigts aussi pour ça!

Comment avez-vous traversé la disette de ce printemps?
J’ai la chance d’avoir un autre emploi. Depuis quatre ou cinq ans, je suis homme à tout faire dans une maison privée. J’y effectue autant de l’entretien général que ménager, ainsi que du paysagement. Mes employeurs sont des gens hyper gentils et flexibles qui me pemettent de faire mes horaires selon mes contrats. L’été dernier, par exemple, je chantais quasiment tous les soirs et j’y étais très peu. Grâce à ce travail, je n’ai pas eu à demander la prestation canadienne d’urgence et j’en suis très reconnaissant. 

Vous êtes donc un manuel?
Oui, et ça depuis l’enfance! Quand je suis chez moi, je bricole constamment, je jardine ou je rénove. Ça fait partie de moi et j’ai besoin de ça.

À quoi aspirez-vous comme artiste?
C’est sûr que je vais toujours chanter. J’aime participer à des collectifs comme Deux, les plus grands duos et Je reviens chez nous, parce que ça me permet de faire rire les gens, de toucher le public et d’interpréter de grandes chansons. C’est différent que de travailler du matériel qui m’est propre. J’espère toujours pouvoir concilier les deux dans le futur. 

Marc-André a décidé de s’impliquer auprès de Relation Canada International, qui cherche à faire rayonner les régions du Québec et à participer à la relance économique des entreprises locales. Découvrez ses coups de cœur d’Alma sur sa page Facebook. Pour suivre l’actualité concernant ses spectacles, qui ont été reportés, allez à marcandrefortin.com.

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