André-Philippe Gagnon révèle sa plus grande fierté en 35 ans de carrière | 7 Jours
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André-Philippe Gagnon révèle sa plus grande fierté en 35 ans de carrière

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Photo : Patrick Seguin

Fin prêt à nous proposer un nouveau spectacle, André-Philippe Gagnon s’est vu dans l’impossibilité de le présenter en raison de la pandémie. Il devrait en principe nous revenir en 2021, mais d’ici là, il ne reste pas oisif. Retrouvailles avec un artiste que j’ai connu à ses débuts et qui est devenu la star que l’on connaît.

André-Philippe, en 1985, tu épatais tout le monde en reprenant We Are the World au Tonight Show de Johnny Carson...
Oui, ça fera 35 ans en novembre. C’est loin... Il y a eu une couple de vies depuis! J’étais le premier Québécois à y aller. Le lendemain de mon passage à l’émission, on a vendu 20 000 billets en trois heures et demie pour mon show à la Place des Arts... à une époque où il n’y avait pas encore Internet. On a fait une première tournée de 33 villes en 30 jours. Puis, en 1987, mon nom était affiché sur une marquise à Las Vegas. J’y ai donné des spectacles durant 10 ans. À la fin des années 1980, Las Vegas n’était pas aussi courue qu’aujourd’hui, mais il y avait quand même Frank Sinatra au Caesars Palace, Dean Martin et Sammy Davis Jr. au Bally’s. Le Comedy Store, qui était un endroit très populaire, présentait aussi des shows comme ceux de Robin Williams et d’Eddie Murphy.

Ce furent de belles années à Vegas?
Vraiment! Je te raconte une anecdote... Un jour, j’étais dans un taxi et j’ai demandé au chauffeur quel était le spectacle dont tout le monde parlait, celui qu’il fallait voir... Il m’a répondu que le Comedy Store présentait un imitateur canadien... J’étais en train de me faire recommander moi-même! Je me souviens aussi de l’ingénieur du son qui m’avait dit qu’un gars avait gagé avec lui et perdu 100 $ parce que, après la représentation, il lui avait demandé de lui faire jouer l’enregistrement du saxophone! Il pensait que c’était impossible que je fasse ce numéro!

Quand tu penses à ton parcours, de quoi es-tu le plus fier?
De mes enfants. Je les adore, ils sont magnifiques! Camille a 25 ans et Jules, 22 ans. Côté carrière, le moment où on m’a fait signe au Tonight Show, après mon numéro, d’aller m’asseoir à côté de Johnny Carson, a été marquant. Ce n’était pas prévu. Je me suis demandé si je n’allais pas scraper tout ça en entrevue, mais il m’a fait bien paraître. En après-midi, on m’avait dit que je ne pourrais peut-être pas faire We Are the World en raison des droits. Plusieurs journalistes québécois étaient sur place; je pense qu’ils ont réalisé que c’était un méchant coup de pub pour l’émission au Canada, et ça s’est réglé. Ça a eu un impact majeur, notamment au Canada anglais. J’ai fait les Olympiques en 1988, puis ça s’est enchaîné. 

Tes enfants travaillent-ils avec toi?
Non, mais j’ai droit à leurs opinions. Durant le confinement, je leur demandais ce qu’ils pensaient de certaines imitations que je pratiquais. Ils sont adorables, mais ils sont quand même très francs!
 

JOEL LEMAY/AGENCE QMI


 

À quoi doit-on s’attendre avec ton nouveau spectacle?
Je ne voulais pas revenir au Québec avec un nouveau show sans d’abord avoir une bonne équipe, et je l’ai trouvée avec Sébastien Côté, chez Musicor. C’est une grosse production qui devait débuter en juillet. Cinq musiciens m’accompagneront. J’ai aimé faire des shows avec des pistes audios vraiment bien faites, mais c’est différent avec un band. Je ferai de nouvelles voix: Charlie Puth, Ed Sheeran, Milky Chance... Et il y a les classiques, on ne peut pas parler de nostalgie sans mettre les Stones, Phil Collins, du disco, des vedettes des années 1980. 

Et Frank Sinatra, l’un de tes classiques?
Oui, mais il y a une façon de le faire, et c’est là que le deepfake (qui sert à superposer des fichiers audios et vidéos sur d’autres vidéos) et les technologies entrent en ligne de compte. Je suis en train de peaufiner ça pour mes spectacles devant public et ceux qui seront présentés sur le Web. Par exemple, si Frank revenait aujourd’hui, quelle chanson referait-il à sa façon? Je mise beaucoup aussi sur la mémoire musicale, des artistes et des chansons qui ont été la bande sonore d’un moment important dans nos vies. Je visite vraiment toutes les époques. Même s’il est difficile de contourner les Barry White et les Rolling Stones, si on fait la chanson Angie avec les violons, par exemple, c’est un autre Mick Jagger. 

La pandémie a changé tes plans. Comment réagis-tu à cela?
Je me tiens prêt au cas où je pourrais donner mon spectacle en décembre. En même temps, je dois trouver une solution pour ceux qui pourraient être présentés en Europe. Je veux aussi proposer quelque chose d’intéressant à voir sur le Web.

Ta voix te permet-elle toujours de faire toutes les imitations que tu veux?
Quand j’étais à Las Vegas, j’avais cette préoccupation d’avoir cette Vegas voice, parce que c’est sec, là-bas. Des artistes voyaient qu’ils avaient un petit grain dans la voix qui se développait en raison du climat ou de la cigarette. Moi, j’ai arrêté de fumer, entre autres pour ça. Je fais aussi des exercices de voix, depuis que j’ai 16, 17 ans.

Avec ton succès, à 59 ans, as-tu encore un rêve à réaliser?
J’aimerais bien faire un spectacle en résidence à Toronto, mais aussi passer quelques semaines sur scène à New York. Un genre de spectacle présenté off-Broadway. J’ai déjà un concept en tête.

Allez à andrephilippegagnon.com pour suivre ses projets.

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