Danielle Ouimet se confie sur son célibat heureux | 7 Jours
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Danielle Ouimet se confie sur son célibat heureux

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Julien Faugère

Ses yeux bleu acier et son sourire désarmant font encore tourner bien des têtes. Un demi-siècle après les films Valérie et L’initiation, Danielle Ouimet, qui a été un sexe-symbole au Québec, n’a pas encore trouvé l’homme avec lequel finir ses jours. Qu’à cela ne tienne, à 73 ans, débordante d’énergie et animée par ses projets, elle vit très bien son célibat, entourée de sa famille et de ses amis.

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«Avec le temps, j’ai pris des habitudes. Je ne me couche jamais avant 2 h ou 3 h du matin. En fait, je m’endors après les nouvelles, je me réveille vers minuit et je me recouche ensuite. Je dors seulement de cinq à six heures par nuit. Ici, il y a toujours quelque chose à faire. Si j’étais en couple, il faudrait aussi que je prépare nos repas et que je m’occupe de mon chum», mentionne en blaguant Danielle Ouimet, animatrice, comédienne, auteure et artiste peintre.

Depuis 20 ans, l’ancienne sexe-symbole du grand écran vit seule et loin des regards dans les terres de Carignan. Dans sa grande maison, elle aime recevoir ses nombreux amis et les membres de sa famille. Entre ses engagements et ses contrats, elle fait elle-même — et elle se dit forte comme un bœuf! — l’entretien de son vaste terrain, puis retape ici et là l’intérieur et l’extérieur de sa résidence. Pour se détendre, elle confectionne des bijoux ou peint à l’occasion des toiles dans son atelier.

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Autonome et résolument indépendante, elle s’est adaptée à sa solitude. «Il faut habituellement deux ans avant de bien connaître quelqu’un. À mon âge, je n’accepte plus de m’engager dans un tel contrat s’il faut changer constamment de partenaire. J’en suis incapable.» Quant à savoir si c’est elle qui est devenue exigeante ou si c’est le fait que le bassin de candidats potentiels se raréfie avec l’âge, elle explique la difficulté qu’elle a à trouver chaussure à son pied. «Il me faudrait quelqu’un qui me laisserait faire mon métier et qui m’épaulerait dans ma carrière; et il faudrait aussi que je sois intéressée à le suivre dans la sienne. Les hommes de mon âge ont souvent été mariés et ont eu des enfants. Là, ils veulent se reposer, et moi, je ne veux pas ça! (rires) Je veux être active, sortir, voir des spectacles et échanger avec les gens.»

«Infatigable, intense, pas reposante» sont trois mots qu’elle emploie pour se décrire elle-même. «J’écoute la télé tout en faisant des mots croisés et j’écris des notes en même temps. J’ai l’esprit constamment en ébullition.» Mère d’un fils de 52 ans, Jean-François, et grand-mère d’une petite-fille, Alexia, 12 ans, Danielle Ouimet chérit sa paisible existence, après avoir vécu intensément sa vie ainsi que les hauts et les bas de son métier. «Mon seul regret, c’est de ne pas avoir fait une carrière internationale. À l’époque de Valérie, on me demandait souvent d’aller passer des auditions pour tourner des films en France, mais ma relation avec mon copain de l’époque m’en empêchait.»

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vie de Danielle Ouimet n’a pas été banale ni ennuyante. Celle-ci a fait l’objet de trois best-sellers, qu’elle a elle-même écrits: Si c’était à refaire..., Mes amis, mes amours: Ce que les hommes m’ont appris et Henri, l’Italie et moi. D’autres livres et projets sont à prévoir. Une lucidité sereine «Il y a des choses que j’aurais faites différemment, mais je ne regrette rien. La vie est tellement courte... si courte! J’ai acquis une lucidité, une sérénité et une paix intérieure bénéfiques. Même s’il y a de bons moments à tous les âges, j’aimerais avoir ma sagesse d’aujourd’hui avec le corps et l’énergie de ma jeunesse», avoue Danielle avec un brin d’agacement.

Puisqu’elle a la santé, il n’est pas interdit de croire qu’elle vivra encore longtemps. Et pourquoi ne deviendrait-elle pas centenaire? «Ma mère est morte à 85 ans. Si je pouvais vivre jusqu’à cet âge-là, ça ferait mon bonheur. Ça me donnerait encore 12 ans pour faire tout ce que j’ai à faire. C’est pour cela que je mets les bouchées doubles! Qu’ils soient croyants ou pas, tous les humains se posent la même question: Pourquoi suis-je sur cette Terre? Nous avons tous quelque chose à accomplir. Moi, comme c’est le cas de la majorité d’entre nous, je ne l’ai pas encore trouvé.»

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La beauté de son âge

Habituellement, vieillir dans l’œil du public, surtout si l’on a été reconnu pour sa beauté, peut s’avérer difficile et parfois même cruel, mais pas pour elle. «Les gens sont gentils avec moi. L’autre jour, quelqu’un m’a dit: “Tu es encore belle pour ton âge!” J’ai répondu: “Non... J’ai plutôt la beauté de mon âge.” Quand les gens me disent que je n’ai pas changé, je réplique que, si je leur montrais des photos de moi à 25 ans, ils verraient qu’ils se trompent.»

Un sabotage salutaire

Puisque la porte est ouverte, il est propice d’aborder la délicate question de sa prise de poids à la fin des années 1980. «J’ai une prédisposition à engraisser. À l’époque, cela m’obligeait à faire huit heures d’exercices par jour, trois jours par semaine. J’étais constamment au régime. J’avais toujours faim. Je l’ai fait pour le métier, pour l’image. Un jour, j’en ai eu assez d’être le sexe-symbole du Québec. Ç’a été ma façon de me saboter.» Un revers amoureux douloureux ainsi qu’une sérieuse remise en question sur le plan professionnel ont contribué à la suite des choses. Pour elle, la femme fatale et la femme de tête ne pouvaient coexister. «À l’époque, on ne voulait pas voir mon évolution. Je me suis dit que, si j’étais physiquement moins attirante, les gens allaient davantage m’écouter», raconte l’actrice, en ajoutant que ce n’est que bien des années plus tard qu’elle a pris conscience du mécanisme de défense qu’elle avait adopté. Et si elle avait souvent joué les seconds violons auprès d’animateurs-vedettes, elle était mûre depuis longtemps pour tenir la barre de ses propres émissions. Elle a saisi sa chance avec sa quotidienne Bla bla bla. De 1993 à 2000, elle a pu montrer au public, et par la même occasion aux gens du métier, qu’elle était une solide animatrice-intervieweuse, ce qui a donné un second souffle à sa carrière.

Vingt ans plus tard, Danielle Ouimet peut dire qu’elle a su prendre son virage avec succès. «Et n’allez surtout pas croire que mon bonheur dépend d’un homme!» lance-t-elle. Femme forte et assumée, elle n’a que faire du regard des autres. D’ailleurs, malgré le temps, son charme légendaire opère toujours. «Vous seriez étonné du nombre de déclarations d’amour que je reçois régulièrement, même d’hommes plus jeunes. C’est flatteur pour une femme de mon âge, mais je ne suis pas une femme cougar!» conclutelle en riant.



  

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