À 30 ans, Mariana Mazza fait le bilan de sa vie | 7 Jours
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À 30 ans, Mariana Mazza fait le bilan de sa vie

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Photo : Bruno Petrozza

Mariana Mazza a célébré ses 30 ans le 5 juillet dernier. C’est plongée dans une foule de changements personnels et une importante réflexion post-confinement qu’elle a entrepris un grand virage. Authentique, connectée et sans filtre, elle a accepté de faire le point sur ce qui l’habite présentement.

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On s'est croisés il y a quelques mois, et tu me disais qu'Hochelaga était le quartier où «nulle part ailleurs, tu ne voulais vivre». Tu cherches une maison à l'extérieur de la métropole. Pourquoi ce revirement?
À l’aube de mes 30 ans, je ressens le besoin urgent d’être dans un espace d’adulte. J’aime encore mon condo, mais j’ai besoin d’avoir une cour, un moment sans bruit. J’ai besoin d’un espace calme et je dois m’éloigner de la ville. Je ne peux plus concevoir de rester dans un endroit où les voisins me demandent de parler moins fort, de baisser ma musique ou de me stationner avec une vignette. J’ai un besoin grandissant d’intimité. 

Selon toi, est-ce lié à la pandémie?
Certainement. Depuis le début du déconfinement, je me sens sauvage. Je trouve ça difficile. On dirait que j’aimais la tranquillité d’une ville déserte, le calme et le fait que les gens se demandaient «Comment ça va?» avec sincérité. Je ne sentais pas une pression de faire des activités. Maintenant, tout est en accéléré. Confinée, je me sentais en sécurité, c’était un calme forcé qui ne me mettait pas de pression. Les gens ont pris le temps de réfléchir pour vrai, de revoir leur rapport aux réseaux sociaux, au temps et aux humains. Là, j’ai l’impression que tout cela a disparu d’un seul coup et que les gens sont redevenus comme avant. Je nous trouvais beaux, pendant le confinement. Les gens prenaient le temps de se tourner vers les autres et de vivre leurs émotions. Je pensais qu’on allait en apprendre quelque chose. Celui-ci m’a frappée plus que je pensais.

Photo : Bruno Petrozza

Photo : Bruno Petrozza



Tu as eu 30 ans le 5 juillet. Quel bilan fais-tu quand tu regardes ta vingtaine?
Je suis bien. Depuis que ma carrière a explosé et que les gens ont vu que j’existais, j’ai travaillé énormément sur moi et sur ce que je voulais. Je vis au jour le jour, je ne fais plus les choses parce qu’il y a une urgence d’exister. J’accepte maintenant les projets professionnels que je souhaite vraiment et je prends le temps qu’il faut pour les faire. Je n’ai plus peur que le bateau passe. Je réalise que ma trentaine ne sera pas professionnelle, mais personnelle. Une maison? Un enfant? Un autre chien? Je veux une vie d’adulte.      

Penses-tu que toute cette réflexion, la trentaine et le confinement vont changer quelque chose dans ton humour?
J’ai encore autant envie de faire des blagues, mais la pause arrive vraiment au bon moment. Je réalise que j’aime faire de la tournée, mais que je n’en ferai clairement pas toute ma vie. Dans mon idéal, à 40 ans, je me donnerais le luxe de réaliser mes idées avec une petite équipe et de faire des projets différents. Dans ma vingtaine, j’ai été exposée en débile. Ma trentaine me dira où je veux être, et ma quarantaine me permettra de savourer mes acquis. Je ne pense pas que mon style d’humour changera, mais qu’il prendra plutôt la couleur de ce que je vivrai.

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Tu as connu du succès très tôt. Trouves-tu que tu as vécu beaucoup de choses trop jeune?
J’en ai vécu beaucoup, oui, mais pas trop tôt ni trop vite. J’adore quand tout arrive en même temps. J’aime quand tout est condensé et calme ensuite. Je pense toutefois que je n’ai pas pu en profiter pleinement, car tout s’enchaînait si vite. J’aurais voulu plus d’espace entre chaque chose pour avoir plus de recul. À 25 ans, je construisais ma carrière et j’ai tout donné pour m’établir et me permettre ce que je suis en train de vivre. J’ai tout vécu en accéléré. Là, c’est le plaisir qui arrive! Par exemple, cet été, je vois des amis, je me couche à l’heure que je veux, peu importe le jour, et je profite de chaque moment. Je revis l’été que je n’ai pas eu pour mes 16 ans et j’adore ça!

Je suis fasciné de constater à quel point tu es restée authentique. Qu’est-ce qui te garde connectée comme ça?
C’est simple: les gens qui veulent être connus seulement pour exister dans le regard de l’autre, ça donne des gens qui ne sont pas groundés. Je n’ai jamais manqué d’amour, j’ai toujours eu de l’attention. Quand j’étais jeune, je ne demandais pas aux gens: «Est-ce que mes pantalons sont beaux?» J’arrivais en disant: «As-tu vu mes pantalons comme ils sont beaux?» Je ne cherchais pas l’approbation des autres. Je pense que les personnes qui changent sont celles qui, à la base, n’étaient pas bien avec elles-mêmes. Être bien, c’est le travail d’une vie. C’est consulter, c’est creuser en soi, c’est faire du sport, c’est de savoir ce que ton corps veut, ce que tu aimes chez les autres, accepter ta famille, etc. Je n’ai pas fait de l’humour par manque d’attention, j’ai fait de l’humour parce que j’aime sincèrement les gens. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles je n’ai pas changé.

Photo : Bruno Petrozza



Tu es suivie par plus de 300 000 personnes sur les réseaux sociaux, dont une très grande partie est des jeunes pour qui tu es super inspirante. Qu’as-tu envie de leur dire quand tu repenses à ton adolescence?
Je leur dirais d’être plus honnêtes avec les gens, leurs amis. Je me trouvais toujours des excuses pour justifier de ne pas faire telle ou telle chose. J’aurais juste dû leur dire: «Je n’en ai pas envie.» Cette honnêteté, qu’elle plaise ou non, fait en sorte que tu n’as pas peur de ce que tu es et de ce que tu veux. Tu n’auras pas peur, par exemple, d’être jugée sur comment tu te sens. Je n’aurais pas dû mentir; cela me mettait parfois dans des situations pas évidentes. Je leur dirais aussi de privilégier les vraies rencontres plutôt que le virtuel. Je trouve que c’est difficile d’être un adolescent en 2020. 

Tu seras juge pour une émission d’humour cet automne. Pourquoi as-tu accepté?
C’est une émission du type En route vers mon premier gala. J’ai dit oui, car je suis passée par là! Je sais ce que c’est, les tics qu’on peut avoir, mâcher ses mots, justifier ses gags. Je serai là pour leur parler de mon expérience et valoriser ce qu’ils font de bien. Je veux être la juge qui va souligner les bons coups. Je veux mettre l’accent sur le positif, la grande sœur qui est là pour les épauler. J’ai compris qu’être humoriste, ça va au-delà de l’écriture. Il faut savoir exactement ce que tu as envie de dire, pourquoi tu veux faire rire, trouver ta couleur et foncer! 

Pour suivre Mariana, allez sur son site.

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