Les dents de la mer | 7 Jours
/magazines/tvhebdo

Les dents de la mer

45 ans de frissons

Richard Dreyfuss, Roy Scheider et Robert Shaw.
Photo : Universal

Richard Dreyfuss, Roy Scheider et Robert Shaw.

Premier blockbuster de l’histoire de Hollywood, le grand classique de Steven Spielberg fait toujours autant frissonner, bien qu’il fête son 45e anniversaire. Retour sur une œuvre culte qui a traumatisé des générations de baigneurs avec son mythique requin mangeur d’hommes. 

Si l’histoire des Dents de la mer (Jaws) se déroule sur une île fictive, la charmante station balnéaire d’Amity, où un grand requin blanc vient semer la terreur, le film de Steven Spielberg s’inspire de faits réels. 

En juillet 1916, quatre personnes ont perdu la vie dans des attaques de requins qui ont provoqué un vent de panique sur les plages du New Jersey. Un malheureux garçon de 11 ans a notamment perdu la vie après avoir été happé par un squale sous le regard épouvanté de ses amis. Ce sont ces attaques qui ont inspiré à Peter Benchley l’histoire de son terrifiant roman Les dents de la mer. Publié en 1974, le livre a été adapté au cinéma un an plus tard par Steven Spielberg. 

Le requin mangeur d’hommes qui a donné des cauchemars aux spectateurs... et au réalisateur.

Photo : Universal

Le requin mangeur d’hommes qui a donné des cauchemars aux spectateurs... et au réalisateur.

Un tournage catastrophique

Pour son deuxième long métrage, Spielberg, alors âgé de 28 ans, a dû surmonter de nombreuses épreuves. Entre autres, une météo capricieuse lui a compliqué la tâche au moment de tourner les scènes en pleine mer. Mais ce qui a donné le plus de cauchemars au réalisateur, c’est le célèbre requin du film. Pour les besoins du tournage, Bob Mattey, connu pour avoir créé la pieuvre géante de Vingt mille lieues sous les mers, a conçu trois squales animatroniques en polyuréthane.

Photo : Universal

On voit rarement le requin dans le film — et pour cause!

Photo : Universal

On voit rarement le requin dans le film — et pour cause!

Malheureusement, les faux requins, qui mesuraient plus de huit mètres de long et pesaient une tonne et demie chacun, répondaient difficilement aux commandes, quand ils ne coulaient pas au fond de l’océan! En raison de ces difficultés techniques, Spielberg a dû se résoudre à montrer le moins possible son requin tueur et à filmer les attaques en caméra subjective, du point de vue de l’animal. Un mal pour un bien, puisque cela a contribué à rendre la menace encore plus pesante.

Une scène aussi terrifiante qu’inoubliable: la première attaque du mastodonte.

Photo : Universal

Une scène aussi terrifiante qu’inoubliable: la première attaque du mastodonte.

Un succès monstre

Après avoir remporté un énorme succès auprès du public, Les dents de la mer a lancé la mode des blockbusters estivaux. Pourtant, avec son budget d’à peine 10 millions de dollars, le film était loin d’afficher les coûts faramineux des superproductions d’aujourd’hui. Cela ne l’a pas empêché de faire recette, en récoltant au box-office plus de 460 millions de dollars dans le monde. Ce succès est d’autant plus remarquable que Spielberg avait insisté pour n’avoir aucune vedette à l’affiche de son film.

Alors que les producteurs souhaitaient confier le rôle principal — celui du chef de la police, Martin Brody — à Charlton Heston ou à Paul Newman, le réalisateur a jeté son dévolu sur un nom moins ronflant, Roy Scheider. Spielberg a également préféré Richard Dreyfuss à Jeff Bridges pour incarner le jeune océanographe Matt Hooper. En choisissant des acteurs moins connus du grand public, le réalisateur voulait empêcher le spectateur de deviner quels personnages survivraient au requin. Un pari gagnant, comme celui de confier la bande sonore du long métrage au compositeur John Williams, qui a contribué au triomphe du film avec ses notes de musique angoissantes.

Une peur bleue

Si le film a obtenu un grand succès lors de sa sortie, en juin 1975, il a également fait naître une véritable psychose dans les stations balnéaires. Il faut dire que l’une des affiches publicitaires des Dents de la mer jouait à fond la carte de la peur du grand requin blanc en proclamant: «Cet été, vous n’irez pas vous baigner.» 

Photo : Universal

Toutefois, les touristes n’ont pas résisté à l’appel de l’océan. L’île de Martha’s Vineyard, au Massachusetts, qui a servi de décor aux Dents de la mer, a même vu sa fréquentation nettement augmenter. De leur côté, les experts biologistes ne manquent jamais de rappeler que les attaques meurtrières de requins restent plutôt rares. Peter Benchley a d’ailleurs avoué qu’il n’aurait pas écrit son roman s’il avait mieux connu les requins à l’époque. Il n’empêche que le mythe du squale tueur a toujours la peau dure à Hollywood, qui a produit plus d’une centaine de films de requins depuis la sortie des Dents de la mer

Le film a créé une véritable psychose chez les baigneurs.

Photo : Universal

Le film a créé une véritable psychose chez les baigneurs.

D’autres films de requins à voir ou revoir 

Si les trois suites des Dents de la mer n’ont pas eu le même succès que le volet original, d’autres films se sont chargés de perpétuer l’héritage du classique de Steven Spielberg. 

1. Océan noir 3: La cage de l’enfer (2017). Trois amis se filment dans une cage plongée dans des eaux infestées de requins, en Australie, pour envoyer la vidéo à une émission de téléréalité. À voir sur Club illico.

2. Instinct de survie (2017). Attaquée par un grand requin blanc, une surfeuse solitaire (la belle Blake Lively) trouve refuge sur un rocher à 200 m du rivage. Également sur Club illico.

Blake Lively, Instinct de survie.

Photo : Sony Pictures

Blake Lively, Instinct de survie.

3. The Reef (2010). Après avoir chaviré en pleine mer, quatre amis doivent nager jusqu’à une île pour survivre, mais un grand requin blanc les prend en chasse. Un film à glacer le sang, inspiré d’une histoire vraie.

4. Mégalodon (2018). Un plongeur d’élite (Jason Statham) se porte au secours de l’équipage d’un submersible qui a été attaqué par un requin préhistorique de 20 m de long.

Mégalodon, avec Jason Statham.

Photo : Warner Bros.

Mégalodon, avec Jason Statham.

5. Terreur sous la mer (1999). Des biologistes se livrent à des manipulations génétiques sur le cerveau des requins pour trouver un remède contre l’alzheimer, mais l’expérience tourne à la catastrophe.

À lire aussi

Et encore plus