Comment «Bonsoir Bonsoir!» a su s'adapter à la crise | 7 Jours
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Comment «Bonsoir Bonsoir!» a su s'adapter à la crise

Image principale de l'article Comment l'émission a su s'adapter à la crise

Depuis le 6 avril, Jean-Philippe Wauthier et son équipe du talk-show Bonsoir Bonsoir! et ses invités se chargent de changer les idées aux gens le soir venu. Lorsqu'il a accepté de revenir pour une deuxième saison, l'animateur ne s'attendait pas à devoir s'acquitter de sa tâche dans le contexte de crise actuel. Voilà qui donne un tout autre ton à l'émission...

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Rebondissement: la pandémie donne à ce talk-show, mené par un maître de cérémonie plus posé, une couleur plus intimiste... «Je n’ai pas fait de séances de yoga. Je suis arrivé un peu plus en forme physiquement, admet-il. Le gouvernement nous dit souvent qu’il est en train de construire un avion qui est en plein vol. Je pense que c’est un peu ce qu’on a fait nous aussi. Chercher le ton, ç’a été complexe! Quand on a ouvert les caméras, on a dit: “Voici ce qu’on a pu faire dans les circonstances, voici le ton que je dois avoir dans les circonstances, parce que je suis un citoyen comme les autres et que, moi-même, je suis affecté par ce qui se passe.” Je n’ai pas eu besoin de cours pour être zen. Je pense qu’on a juste eu      

besoin de s’asseoir et de se parler pour voir comment ça allait aller. C’est rare qu’on construise une émission comme ça, en ondes. Quand on a fait la première, je suis arrivé dans le studio trois heures avant, et c’était la première fois que je m’y assoyais; on l’avait organisée trois jours avant. Ce n’est jamais arrivé et ça n’arrivera probablement plus jamais. On est tellement habitués à ce que tout soit hyper-pensé et préparé.» Voilà ce qui explique, selon lui, le côté plus calme et indulgent de cette nouvelle formule.

PLUS PRÈS DU PUBLIC
Le public dans la salle lui manque-t-il? «C’est drôle, mais j’ai l’impression qu’on a une plus grande proximité avec le public cette année. Parce qu’on est beaucoup dans l’interaction et parce qu’on prend le temps de parler aux gens en les regardant dans les yeux.» Il se reprend: «Dans la caméra!» 

«On est tous en train d’expérimenter quelque chose pour la première fois, tous ensemble, ce qui fait que j’ai l’impression qu’on est encore plus proches du public qu’on l’était l’année passée, même s’il n’est pas dans la salle, aussi bizarre que cela puisse paraître!» 

Jean-Philippe fait preuve d’une belle écoute avec ses invités. «On dit que j’ai une meilleure écoute mais, inévitablement, on a plus de temps avec eux. On n’a pas le choix: il FAUT prendre le temps avec les gens. Et comme on prend le temps, je suis plus à l’écoute. Ceux qui viennent sur le plateau veulent se confier; ils ont envie d’être là pour ça. Et j’ai une responsabilité de mieux écouter. Et comme j’écoute mieux, les téléspectateurs aussi prennent plus le temps de le faire.»

DES INVITÉS BOOKÉS À LA DERNIÈRE MINUTE
Si vous voulez un aperçu des invités à venir, ce ne sera pas possible: leur planning est tombé deux semaines avant le début de la crise. Aujourd’hui, à cause de la situation, le booking se fait souvent à une semaine près. Une chose est certaine: on reverra à l’émission la grand-maman de l’animateur, Claire, 90 ans, au cours de l’été. «Elle m’a dit que quand ses platesbandes allaient être faites, avec plein de fleurs, elle s’installerait dehors pour le topo. Elle est au Saguenay, alors ce n’est pas pour demain... mais ça s’en vient!» 

Jean-Philippe et son équipe se sont donné pour mandat de nous changer les idées. En même temps, ils ne peuvent éviter d’aborder la situation actuelle. Comment l’animateur arrive- t-il à trouver le bon équilibre quant aux sujets abordés? «Ça vient de façon organique. À un moment donné, il y a des invités qui ont envie d’en parler, d’autres disent: “Je suis à bout de la pandémie; aujourd’hui, on va parler d’autre chose.” Il n’y a pas une grande stratégie derrière ça. Il faut laisser place à l’être humain tel qu’il est en ce moment.» 

L’équipe de la recherche s’est cassé la tête au début de la saison. «Il y a plein de gens qui nous disaient non pendant la première semaine, mais qui, maintenant, nous disent oui, concède-t-il. Parce que là, on sait que cette situation va durer encore un petit bout. Alors, il faut juste qu’on accepte que la télé, ça va être ça.»

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DES CAPSULES TOURNÉES CHEZ LUI
Outre trois jours par semaine passés à Radio-Canada, Jean-Philippe enregistre les capsules Le temps d’un café avec mon aînée de chez lui. «Je pense qu’on n’aurait jamais pu faire ces capsules en temps normal, parce qu’on n’aurait jamais accepté que j’enregistre des segments de qualité moindre, de la maison. Comme les standards sont élevés, on n’aurait pas pu se laisser aller à cette spontanéité qui existe dans ces topos. Ce segment-là, dans un Bonsoir bonsoir! sans pandémie, on ne l’aurait pas vu.» 

Pour le reste, l’homme sort-il un peu pour prendre l’air? S’entraîner? «Je n’ai pas beaucoup de temps, avec le travail, les enfants», admet-il. Mais il ne s’en plaint pas. «Comme tout le monde, j’ai hâte de prendre l’air.»

DES ENFANTS COMPRÉHENSIFS
Comment le papa explique-t-il la situation actuelle à Clarence, cinq ans, et à Bénédicte, quatre ans? «J’ai l’impression que les enfants sont plus résilients que nous, les adultes, et qu’ils comprennent mieux que nous. Les miens ont compris qu’il y avait un virus et qu’ils pouvaient moins voir les gens parce qu’il fallait faire attention. Ils sont bien zen avec ça! Je ne sais pas comment ils y arrivent, mais ils sont zen!» 

Pas de retour en classe pour eux, ils sont à la garderie. «Quand ils sont avec moi — en garde partagée —, nous restons à la maison. Ça fait de grosses journées, mais c’est correct! lance-t-il. Quand j’enregistre mes capsules, il arrive que, pendant que je tourne, il y en a un qui a envie d’aller aux toilettes et que je doive dire, par exemple, à Michel Louvain: “Je suis désolé, mon fils doit aller aux toilettes.” C’est la vie!» 

Jean-Philippe vit le célibat en temps de pandémie. Mais la vie se charge de le tenir occupé, alors, il ne se prend pas trop la tête avec le dossier des amours. «C’est tough pour tout le monde», philosophe-t-il.

L’émission Bonsoir bonsoir! est diffusée du lundi au jeudi à 21 h, à Radio-Canada. 

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