Sophie Cadieux revient sur la fin de «Lâcher prise» | 7 Jours
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Sophie Cadieux revient sur la fin de «Lâcher prise»

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Photo : Sébastien St-Jean

Comme tous les Québécois, Sophie Cadieux vit en confinement avec sa famille. Tout comme son amoureux, l’acteur et metteur en scène Mani Soleymanlou, elle a vu la majorité de ses activités professionnelles annulées ou reportées. L’insécurité est grande, mais l’occasion est belle de faire toutes ces petites choses qui habituellement ne trouvent pas leur place dans l’agenda. Puisqu’elle est de la nouvelle série Rue King, diffusée sur Club illico, l’actrice nous invite à découvrir ce nouveau projet.

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Sophie, expliquez-nous ce qu’est la nouvelle sitcom Rue King.
C’est un projet assez particulier... Nous avons déjà vu des concepts d’improvisation, mais celui-ci va encore plus loin en l’appliquant à la formule sitcom.

Vous ignorez donc ce qui vous attend, semaine après semaine?
Effectivement. Quand on arrive en studio, on nous met un costume, on nous donne les grandes lignes de notre personnage, et Stéphane Bellavance, qui est le maître de jeu, nous parle dans une oreillette et nous donne des consignes de jeu. Nous pouvons aussi lancer des pistes. Chaque semaine, il nous arrive de nouvelles aventures. Parfois, un invité se joint à l’équipe. C’est planifié. Mais à d’autres moments, nous voyons un invité arriver sans en avoir été avisés. Le défi, c’est de poursuivre à travers le temps ce que nous avons semé. Si un personnage tombe amoureux d’un autre personnage, il lui faudra poursuivre dans cette direction dans l’épisode suivant.

Quel magnifique défi!
C’est effectivement un grand vertige. C’est un concept allemand. La conceptrice est venue à Montréal et nous a dit: «Vous allez avoir le sentiment d’être dans une machine à laver!» Et c’est ce que nous ressentions! (rires)

Diriez-vous que c’est un projet qui appelle au dépassement?
Oui, ça nous amène dans le doute, l’insécurité, la folie et le plaisir. Rapidement, nous sommes devenus une petite famille en nous appuyant et en nous regardant jouer les uns les autres. Chaque seconde de cette émission est une mise en danger! J’ai hâte que les gens la découvrent. Les gens en studio ont aimé leur expérience.

 

Photo : Patrick Seguin



On a annoncé cette année la fin de Lâcher prise. Comment composez-vous avec cette nouvelle?
C’est vraiment un deuil. En même temps, je trouve ça très beau que l’autrice, Isabelle Langlois, ait dit qu’elle aime beaucoup ces personnages et qu’elle a l’impression d’avoir raconté ce qu’elle avait à raconter sur eux. C’est une belle conclusion pour Valérie, qu’on a connue en burn-out. Cette lente reconstruction nous a amenés à la voir fonder une nouvelle famille. Elle a compris plusieurs choses et elle ne cesse de réparer sa relation avec sa mère. Je trouve que c’est un beau cheminement. C’est rare qu’on ait l’occasion de faire une aussi belle évolution avec un personnage. Je suis choyée d’avoir vécu ça, mais je suis très triste de quitter cette famille.

Compte tenu des circonstances actuelles, vos autres projets sont-ils annulés ou reportés?
C’est une période d’une assez grande tristesse, et pas seulement pour les répercussions financières à court terme. Je devais me rendre en France pour présenter un solo, Psychose, qui était une tournée européenne qui avait été lancée l’année dernière. Je devais aller à Genève et faire le tour des scènes nationales en France. Nous espérons que ce sera partie remise. Des théâtres se sont engagés à nous reprendre à l’automne si l’horaire le permet. Je tourne une série Web qui a été retardée. J’habite avec un comédien-metteur en scène dont le spectacle, Les sorcières de Salem, a été annulé, et la tournée aussi. C’est la bonne chose à faire, mais nous nous retrouvons sans ou avec très peu de travail, et pour plusieurs mois. Il y a beaucoup d’incertitude, je dirais.

Derrière tous ces projets annulés, il y a des acteurs, mais aussi leur famille, leurs enfants.
Oui, effectivement. Nous passerons au travers à court terme, mais ces événements ont une répercussion sur l’avenir. Je suis convaincue que si nous le faisons bien en tant que société, nous allons passer au travers. C’est un effort collectif que nous devons fournir afin d’éradiquer le virus le plus rapidement possible.

 

Dario Ayala / Agence QMI

 

Vous êtes en quarantaine avec votre amoureux et votre fils, je présume?
Oui, mais nous allons nous promener tous les jours en famille. Nous n’allons pas dans les parcs pour enfants, nous n’entrons en contact avec personne, et ce, pour le bien de tout le monde. Nous sommes en santé, nous ne présentons pas de symptômes, et je ne connais personne qui est touché par la maladie. Nous parlons aux gens par Skype, nous prenons l’apéro virtuellement avec des amis. Je parle tous les jours à mes parents et je leur apporte des choses. Même chose pour notre gardienne de 75 ans: nous l’appelons quotidiennement.

C’est une période où il faut nécessairement mettre l’accent sur la bonté, la générosité, la solidarité.
Oui, et nous essayons de voir le positif. Le temps en famille, c’est précieux. Nous continuons de jouer avec notre fils, de lui faire prendre l’air deux fois par jour. Chez nous, la semaine, il n’y a pas d’écrans. La fin de semaine, nous pouvons regarder un film, mais durant la semaine, nous jouons aux Lego.  

Quand on compose avec un statut de pigiste, s’habitue-t-on à l’insécurité du métier?
Je pense qu’il y a toujours une insécurité, mais cette fois-ci, elle est hors de notre contrôle. Parfois, nous traversons des périodes creuses durant lesquelles nous pouvons continuer de nous alimenter, d’aller vers l’autre, de faire un court métrage avec des amis ou brasser des idées dans un café. Ce qui est déstabilisant, outre l’insécurité, c’est que notre métier est essentiellement collectif et social. Nos leaders politiques sont très inspirants sur ce plan quand ils nous recommandent de faire toutes les choses que nous n’avons pas le temps de faire habituellement. Je suis en train de faire un ménage d’archives! Je joue avec mon garçon, je dessine avec lui, nous faisons des projets de bricolage, nous faisons le ménage de la maison, je cuisine des biscuits. Je ne me rappelle pas la dernière fois que j’en ai eu l’occasion. Avoir du temps, c’est un luxe dans notre société.

Vous essayez donc de tirer le meilleur parti possible de cette situation.
Oui, pour essayer de sauver les gens que nous aimons et qui sont plus vulnérables. Je ne voudrais pas que ma mère attrape le coronavirus en faisant son épicerie...

Vous restez positive?
Oui. J’ai un enfant. À partir du moment où on se lève le matin et qu’on doit s’occuper de notre enfant, il faut rester positif. En couple, il faut préserver l’osmose de la famille. Pour l’instant, je me dis que j’ai un toit, les gens que j’aime sont en santé et nous pouvons manger. Pour le reste, il nous faudra prendre le temps nécessaire...  

Les 10 épisodes de Rue King, qui mettent aussi en vedette Pier-Luc Funk, Sylvie Moreau, Mehdi Bousaidan, Marie-Ève Morency et Stéphane Crête, sont offerts en exclusivité sur Club illico.

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