Le conjoint de Renée Claude revient sur leurs 33 ans d’amour | 7 Jours
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Le conjoint de Renée Claude revient sur leurs 33 ans d’amour

Image principale de l'article Son conjoint revient sur leurs 33 ans d’amour
Frédéric Auclair

*Au moment de mettre sous presse, l’équipe du magazine La Semaine a appris avec tristesse le décès de la grande Renée Claude, emportée à l’âge de 80 ans par la COVID-19 le mardi 12 mai, alors qu’elle publie dans les pages de son prochain numéro une entrevue avec son conjoint, Robert Langevin, qui se confie sur leur belle histoire d’amour de 33 ans et sur l’état de santé de l’artiste, qui résidait dans un CHSLD depuis deux ans et demi, en raison de l’alzheimer dont elle était atteinte.*

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Monsieur Langevin, aviez-vous le désir de voir paraître un jour la biographie de Renée Claude?
Bien sûr, et j’appuie complètement cette initiative. Renée, c’est le grand amour de ma vie. C’est une interprète de niveau mondial — ce n’est pas parce qu’elle n’a pas eu une carrière internationale d’envergure qu’elle ne l’est pas. Je crois qu’il y a un déficit de reconnaissance envers Renée Claude. Elle-même le disait: elle n’a pas été honorée et appréciée à sa juste valeur.  

Quel a été votre apport à cet ouvrage?
Il a été très limité. J’ai eu un très bon contact avec Mario Girard, qui en est l’auteur. Il me soumettait régulièrement des ébauches. Je ne suis presque pas intervenu. Le résultat me plaît beaucoup.

Avez-vous découvert des choses que vous ignoriez de votre amoureuse?
J’ai appris beaucoup de choses sur ma blonde. Je connaissais très mal l’œuvre de Renée Claude. Nous avons une différence d’âge de 17 ans. Durant ses grandes années, j’étais un enfant ou un jeune adolescent. Dans ma jeunesse, j’étais axé sur les sports et non sur la chanson. Mais bon, je la connaissais comme tout le monde. J’aimais ses succès qui tournaient à la radio, je la voyais à la télévision, mais je n’étais pas un fan. En plus, comme j’ai quitté le Québec de 18 à 28 ans, je n’étais pas au courant de ce qui se faisait ici. J’ai donc beaucoup appris sur la période qui précède 1986, l’année où je l’ai connue. Je savais que c’était une grande artiste, mais c’était la femme avant tout qui me plaisait. Les artistes croient souvent qu’on les approche parce qu’ils sont connus, mais ce n’était pas mon cas.

Était-elle méfiante, au début?
Oui, elle l’était, mais elle a compris assez rapidement que j’étais là pour les bonnes raisons. En novembre, nous amorcerons notre 34e année ensemble.  

Et malgré les difficultés de santé qu’elle a connues ces dernières années, vous êtes toujours resté...
La seule difficulté que j’ai vécue avec elle, c’est sa maladie actuelle. Sinon, ç’a été un long fleuve tranquille d’amour entre nous deux. C’est franchement exceptionnel! Je me sens extrêmement privilégié. Notre médecin de famille me disait, au début, que beaucoup d’hommes quittent leur femme ou prennent leurs dis- tances lorsqu’elle tombe malade. Je n’en revenais pas! Si certains ne peuvent pas supporter d’entrevoir leur avenir avec quelqu’un de malade, ce n’est vraiment pas mon cas! L’idée d’abandonner Renée parce qu’elle a l’alzheimer ne m’a jamais effleuré l’esprit. Au contraire! Je l’ai toujours soutenue et je continue de le faire. C’est une belle histoire...

 

Photo : Frederic Auclair / TVA Publications



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Peut-être êtes-vous ce qu’on appelle communément des âmes sœurs?
C’est ce que je dis toujours. Renée, c’est mon âme sœur. Nous nous sommes reconnus très rapidement sur le plan de l’âme, de nos valeurs, de la beauté intérieure. C’est une femme intègre, douce, romantique, sensible. Je me rappelle qu’à nos débuts, elle m’a regardé dans les yeux et m’a dit: «J’ai l’impression que je te connais depuis très longtemps...»

A-t-elle vécu une belle enfance et une belle jeunesse?
Durant sa jeunesse, elle a suivi toutes sortes de cours: de musique, de diction, d’art dramatique. Ça pouvait lui sembler lourd quand elle était jeune, mais ç’a été déterminant pour la suite des choses.

Dans le livre, il est dit qu’elle n’avait pas tellement confiance en elle. C’est juste?
C’est vrai qu’il est dit que, lorsqu’elle était adolescente, elle manquait de confiance en elle, mais en fait, elle n’a pas eu confiance en elle durant toute sa vie! À l’âge adulte, Renée était assez réservée et introvertie, comme elle l’avait été dans sa jeunesse. C’était quelqu’un de très gêné. Je pense qu’elle en souffrait.

Était-elle issue d’une famille nombreuse?
Ils étaient six enfants à la maison. Renée a toujours eu un grand amour pour ses parents. Elle les a toujours adorés! Son père a toujours été là pour elle. Sa mère lui a inspiré sa carrière en chant.  

Donnez-nous des nouvelles de sa santé. Comment se porte-t-elle?
Au moment où nous nous parlons, je ne peux plus visiter Renée (en raison de la pandémie). Depuis deux ans, j’allais la voir tous les jours. Quand j’appelle à la résidence, on me dit que Renée n’a pas changé, qu’elle est comme d’habitude, c’est-à-dire qu’elle chantonne, sourit et rit. Ça m’a beaucoup rassuré. C’est une bénédiction qu’elle en soit à la dernière étape de la maladie. Elle est dans sa bulle, coupée du monde et de la réalité. Je pense qu’elle se rend peu compte que nous ne sommes plus présents autour d’elle. Avec la maladie, elle n’a pas la notion du temps. Peut-être que pour elle, c’est comme si j’étais allé la voir la veille... Sa santé est très bonne et son moral semble bon. Son visage est serein. Elle continue à être dans la douceur.

 

Avec Luc Plamondon

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La biographie Renée Claude: Donne-moi le temps, de Mario Girard, est en vente.

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