Le positivisme naturel de Sylvie Moreau | 7 Jours
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Le positivisme naturel de Sylvie Moreau

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Photo : Eric Myre

En raison de la pandémie, Sylvie Moreau a vu, comme la plupart des travailleurs autonomes, ses projets être reportés. Elle mise sur sa nature positive pour traverser ces heures incertaines. L’actrice, qu’on retrouvera début mai dans la nouveauté télé Rue King, nous invite à vivre le moment présent.

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Sylvie, que pouvez-vous nous dire au sujet de cette émission qui débutera sous peu?
C’est un projet excitant! C’est inspiré d’un concept allemand dont la formule est éprouvée. Rue King est une sitcom qui a été tournée devant public. Nous avons chacun un personnage, mais nous ne savons jamais ce que nous allons jouer. Au moment de tourner l’émission, les auteurs ou les concepteurs nous donnent des indications et nous devons improviser chaque scène. Nous portons une oreillette, grâce à laquelle le maître de jeu peut nous donner, individuellement ou collectivement, des indications pour changer le cours de la situation. Le public sur place a accès à ces informations, tout comme les téléspectateurs. C’est fait sur mesure pour les athlètes de l’improvisation que sont les acteurs québécois!

Vous êtes aussi de la série L’heure bleue. Ces deux projets vous amènent dans deux univers fort différents...
Oui, absolument. Et c’est un privilège pour une actrice de pouvoir participer à des projets diamétralement opposés. Pour le moment, les tournages sont suspendus, et nous ne savons pas ce qui nous attend. Mais il se produira des choses incroyables dans la série. Depuis le début, mon personnage, Pauline, essaie de prendre sa vie en main, mais elle se laisse envahir par ses émotions. Et la situation redevient difficile avec sa sœur. Elle essaie de protéger sa nièce. Même si elle fait des erreurs, elle est pleine de bonne volonté et de générosité. 

Avez-vous des projets qui s’annoncent sous ce ciel incertain?
J’enseigne le théâtre à l’École nationale depuis l’an dernier. J’adore l’enseignement! Mais ça aussi, c’est suspendu. J’ai aussi des projets de scène: la reprise de Mauvais goût, à la rentrée, à l’Espace Libre, et Dans la tête de Proust (pièce écrite et mise en scène par Sylvie), que nous nous préparions à présenter en tournée. 

Vous étiez en voyage quand la pandémie a débuté...
J’étais à Madrid lorsque tout a commencé à fermer. J’étais partie trois semaines en vacances en Andalousie. Ç’a été fabuleux, mais durant les derniers jours, tout a déboulé rapidement. J’ai vécu une peur panique face à l’extrême inconnu. Le virus était en avance de deux ou trois semaines, là-bas. Il a fallu précipiter notre retour, changer nos billets d’avion. Je suis revenue le 16 mars et je me suis mise en quarantaine dès mon arrivée. Je n’ai pas fait de courses. Nous avons la chance d’avoir des gens autour de nous qui peuvent le faire pour nous.

Trouvez-vous le confinement difficile?
En raison de notre métier de pigiste, nous avons des périodes non pas de confinement, mais durant lesquelles nous vivons beaucoup à la maison au quotidien. Il faut gérer notre temps, notre horaire toujours mouvant. Je crois que cela fait en sorte que j’ai les outils nécessaires pour que cette période ne soit pas trop douloureuse. 

Votre métier vous a habituée à l’incertitude...
Oui, et à la précarité. Ce sont des situations que, d’une certaine façon, nous avons déjà apprivoisées. Par ailleurs, je n’ai pas d’enfant, je n’ai donc pas cet enjeu supplémentaire et organisationnel. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment les gens se comportent... Pour ma part, j’ai tendance à être très obéissante dans un tel contexte et à bien suivre les directives. C’est notre responsabilité et il faut l’assumer. 

Vos proches sont-ils en sécurité?
Oui, et nous nous faisons régulièrement des appels par FaceTime. Tout devient précieux. Tout mon cercle familial et amical est en sécurité. Il y a beaucoup de solidarité et de communication entre nous tous. Ça va bien. 

Ces événements nous rappellent à quel point tout est fragile...
C’est l’occasion de réfléchir à ce qui nous est essentiel: comment on vit et on fonctionne, comment on dépense et on consomme. Il faut essayer de faire de cette crise une occasion de réflexion. Ça nous oblige à donner un grand coup de barre. Nous verrons si nous allons établir de nouvelles habitudes ou si nous oublierons tout cela bien vite, une fois la crise passée. On ne peut pas vivre par anticipation, mais quand des choses surviennent, il faut agir. 

Avez-vous la capacité de vivre le moment présent?
La pratique de mon métier m’aide beaucoup en ce sens. L’improvisation, par exemple, demande d’être dans le présent. C’est un concept qui exige de la présence. Nous apprivoisons cela en tant qu’acteurs et nous tentons de l’appliquer dans la vie aussi. J’ai toujours été ainsi. Je ne suis pas quelqu’un qui s’en fait pour le futur. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai bien vécu ma vie de pigiste. Je ne vis pas de l’insécurité face à demain. Je cultive mon présent. Nous sommes à un moment où, pour ne pas paniquer ni angoisser, il faut être capable de composer avec les choses, au fur et à mesure, comme elles surviennent. Nous verrons bien. Si la crise se poursuit, nous trouverons des moyens de nous débrouiller, d’être inventifs. Il faut y croire. 

Vous êtes de nature profondément optimiste...
(Rires) Oui, c’est vrai que je suis positive. Je suis optimiste. C’est un atout précieux, surtout par les temps qui courent... J’ai été élevée ainsi. Je le vois d’ailleurs chez mes frères et sœurs, chez mes neveux et nièces. Dans ma famille, tout le monde a cette nature positive et engagée.

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