Étienne Boulay: Tout sur sa réorientation professionnelle | 7 Jours
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Étienne Boulay: Tout sur sa réorientation professionnelle

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Photo : Patrick Séguin

Dans le cadre de ma collaboration avec La Semaine, j’ai envie d’aborder avec mes invités des sujets profonds. Je désire faire ressortir des questions universelles qu’ils ont dû se poser pour se rendre où ils sont, parler des obstacles qu’ils ont rencontrés et des moyens qu’ils ont pris pour les surmonter. Le parcours de mon ami Étienne Boulay illustre bien ce dont je parle; il allait donc de soi que ce grand sportif serait au sommet de ma liste d’invités!

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Étienne, ça me touche de faire cette entrevue avec toi, puisque c’est ma première pour le magazine
La Semaine et que nous sommes des amis de longue date. En plus, ton profil est parfait pour cette série d’entretiens! D’abord, comment vas-tu?
Je vais très bien, et pour plusieurs raisons. J’ai décidé de reprendre le contrôle de mes affaires sur le plan professionnel. C’est un beau défi pour moi. Ma famille se porte très bien. Livia, notre bébé-surprise, a huit mois. Elle est en santé et elle est extraordinaire. Quand je regarde mon bagage, mon entourage et ce que j’ai mis en place dans les dernières années, je tripe chaque jour! Je sens que je suis plus que jamais à la bonne place.

J’ai l’impression que les traits de personnalité qui t’ont amené à faire des excès par le passé sont devenus des outils de réussite. C’est le même Étienne Boulay, les mêmes morceaux, mais réorganisés autrement.
Vraiment! Les mêmes qualités et défauts, mais plus assumés, donc je les utilise à bon escient plutôt que de me mettre dans des situations où je peux m’autodétruire. Ça a débuté par un processus d’introspection durant mes thérapies, puis j’ai continué à chercher à me connaître, à m’accepter comme je suis pour trouver un terrain de jeu où je pourrais être tout ça! À partir de là, j’ai commencé à bâtir de nouvelles avenues. 

Parle-nous-en.
Longtemps, je me suis cherché. Et c’est correct de se chercher. Jeune, j’ai essayé plein de choses: le piano, les arts, le théâtre, les sports... J’ai découvert le football, ce qui m’a permis d’exprimer plusieurs facettes de ma personnalité et de vivre mes premiers succès. Lors de ma transition dans les médias, j’ai fait la même chose: j’ai touché à l’animation, j’ai été chroniqueur, j’ai créé un blogue, etc. En explorant plein de choses, j’ai pu découvrir ce qui me plaisait. Maintenant, j’ai envie d’approfondir dans ce sens. 

Je te suis depuis longtemps. En voyant les extraits de tes conférences que tu publies, je constate que le ton a changé. Je te sens davantage confiant, capable d’affirmer ta valeur.
À travers mes projets, j’ai vécu les difficultés qu’on connaît (en 2017, il a parlé de sa rechute de consommation d’alcool et son retour en thérapie). M’ouvrir avec transparence sur le sujet a créé une relation de confiance privilégiée entre les gens et moi. J’ai entendu leurs préoccupations. Alors, j’ai choisi de parler avant tout du processus que j’avais suivi et de la formule que j’avais mise en place pour réussir — qui sont loin d’être parfaits —, parce que c’est de ça qu’ils ont envie de discuter. C’est donc dans cette direction que je travaille. 

Le mot «processus» revient souvent dernièrement dans ton discours. Pourquoi est-ce si important pour toi?
Comme tout le monde, j’ai longtemps été pris dans le quotidien du boulot, dodo, famille! On se met à se focaliser sur des objectifs flous et lointains qu’on n’atteindra peut-être jamais, et on oublie qu’il est important d’apprécier le processus de bâtir sa vie au quotidien. Ça demande de l’introspection, de l’organisation et du recul. J’ai quatre enfants et j’ai vécu des affaires assez intenses dans les dernières années, mais je l’ai fait quand même. Je sens donc que j’ai le droit d’en parler, mais je ne veux pas faire la morale aux gens. J’ai juste envie de partager des choses avec eux, parce qu’au bout du compte on est tous dans le même bateau! Je veux leur dire que ça peut être tripant d’être dans ce processus-là. 

Donc, tu n’es pas en train de devenir un coach de vie...
Hé boy! Vraiment pas! Je souhaite parler de mon vécu et des stratégies qui ont marché pour moi. Le public connaît mon passé et mon présent, mais il en sait peu sur le processus qui a mené à cette transition. J’ai travaillé fort. 

Tu m’as dit être un peu tanné de parler de ton passé dans les médias, mais le 6 janvier tu as souligné sur les médias sociaux tes trois ans de sobriété. N’est-ce pas un peu contradictoire?
J’ai beaucoup parlé dans les médias des problèmes que j’ai connus, car ça représente une phase très importante de ma vie et de mon parcours médiatique. Et des moments de passage importants comme cet anniversaire, j’en suis fier. Quand je reçois les témoignages de gens qui célèbrent 1 an, 5 ans, 10 ans, 25 ans de sobriété, ça me booste. Je veux aussi inspirer les autres à mon tour. Ce réseau de soutien virtuel est très constructif! Ce n’est pas que je suis tanné de parler de mon passé... C’est surtout que je n’ai pas envie d’être le porte-étendard des anciens alcooliques qui s’en sont sortis; je suis plus que ça. Je veux parler de construction et d’avenir en me basant sur mes expériences, sans prétention.
 

Tu es fier de ta carrière de footballeur, et avec raison! Aujourd’hui, on ne parle plus de toi systématiquement comme de l’ancien no 22 des Alouettes de Montréal. Qu’est-ce que ça représente ce nouveau regard qu’on porte sur toi?
J’ai toujours été un gars polyvalent. Oui, j’étais un joueur de foot, mais j’étais capable de jouer à plusieurs positions sur le terrain et j’avais des aptitudes au-delà de mon sport. Je me concentrais sur le football, mais j’avais d’autres intérêts. C’est ce que je désire faire partager à mon public: on peut explorer qui on est avec enthousiasme et passion dans le but de découvrir tout ce qu’on peut être.
 

Tu sembles vouloir prendre plus de risques, je me trompe?
Non, c’est exact, mais je les prends en respectant qui je suis. Je prends des risques sur le terrain de jeu où j’ai des forces. Comme je suis mauvais en gestion d’horaires et que j’ai de la difficulté à établir mes priorités, je m’entoure de gens qui sont bons avec ça. Je suis en train de mettre sur pied un projet pour lequel je travaille avec des gens qui ont des feuilles de route extraordinaires et très différentes de la mienne. L’idée, c’est de joindre nos voix dans un modèle de conférence qui rejoindrait beaucoup de monde. Je dis «conférence», mais il s’agit plutôt d’un concept de show interactif. J’ai décidé de ne plus me baser sur des modèles existants et d’en bâtir un avec tous les moyens de communication dont on dispose en 2020.
 

Tu as récemment mis fin à ta relation avec ton agent. Ça peut être très insécurisant. Pourquoi as-tu pris cette décision?
Ç’a été une décision effrayante, parce que les choses allaient bien. J’ai beaucoup de respect pour mes anciens agents et j’apprécie ce qu’ils ont fait pour moi. Mais je ressentais le désir de m’approprier ma carrière et de faire les choses à ma façon. Je me suis trouvé dans une situation qui me permettait de prendre ce risque. À l’été 2019, j’ai donc engagé une première employée qui ne vient pas du monde des médias et avec qui je peux bâtir mon modèle d’affaires. Engager quelqu’un me pousse aussi à faire avancer les choses sans délai. Je réalise l’importance de bien m’entourer et de collaborer pour réussir, mais je constate aussi que ça peut se faire selon mes standards.

De l’extérieur, c’est clair que ça va bien pour toi! On pourrait trouver que tu es chanceux. Tu en penses quoi?
(Rires) J’ai du mal avec le concept de la chance, mais je tiens à faire une nuance entre la chance et le privilège: certaines personnes, dans certains endroits du globe et à certaines époques, démarrent leur vie avec une longueur d’avance. C’est mon cas comme Québécois en 2020. Par contre, la chance n’a rien à voir avec ma situation actuelle. Je crois qu’on est responsables d’une grande partie des événements, des échecs et des succès qu’on vit.

Puis-je quand même te souhaiter bonne chance pour la suite?
Le mot «chance» n’a pas de connotation négative pour moi, au contraire! L’adage qui dit que plus on travaille fort et plus on se prépare, plus on devient chanceux, j’y crois!

Pour suivre Étienne et avoir des détails sur ses conférences, consultez sa page Facebook.

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