Découvrez le parcours de Ralph Prosper de «District 31» | 7 Jours
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Découvrez le parcours de Ralph Prosper de «District 31»

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KARIN BENEDICT

Le visage de François Asselin est le premier que les gens voient lorsqu’ils se présentent au poste du district 31. Si ce policier peut être glacial avec certains visiteurs, son interprète, Ralph Prosper, est tout le contraire. Avec générosité, il nous parle de son personnage et de son parcours.

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Ralph, comment décririez-vous François?

Sans le dire, François est frustré, car il sait pertinemment qu’il n’est pas utilisé à bon escient au poste de police. Il est aussi très protecteur avec les gens qu’il aime et sensible à l’être humain en général. 

Pourquoi déteste-t-il Jean Brière?
Parce que c’est un journaliste! François sait que les médias ont parfois le tour de compliquer les situations pour rien. 

Comment avez-vous obtenu ce rôle?

Imaginez-vous que j’ai auditionné pour le rôle de Stéphane Pouliot! Je m’étais vraiment préparé pour cette audition, et c’est grâce à elle qu’on m’a offert le personnage de François.

Était-ce la première fois qu’on vous offrait un rôle récurrent?

Oui, et je n’en avais aucune idée au début! Jusque-là, j’avais toujours été appelé pour participer à des productions le temps d’un épisode. Ç’a été le cas de Blue Moon, Clash et Une autre histoire. Je pensais que c’était la même chose pour François, jusqu’à ce qu’une personne de la production me dise que je serais là pour plusieurs mois. C’était une surprise exceptionnelle. Je me souviendrai toute ma vie de ce moment-là! 

Vous disiez plus tôt que François était frustré dans ses fonctions. En tant que comédien, l’êtes-vous aussi?

Bien sûr, j’aimerais que mon personnage ait un plus grand rôle à jouer. Néanmoins, je suis très heureux qu’on m’ait donné beaucoup de liberté pour imaginer le caractère de François. Je me suis d’ailleurs demandé si je devais utiliser les hauts et les bas de ma vie d’acteur pour insuffler une énergie au personnage. Finalement, je me suis dit: pourquoi pas? 

Aimez-vous le rythme d’une quotidienne?

Je tourne d’une à trois fois par semaine. La rapidité des tournages peut être intimidante pour un acteur qui débarque sur le plateau pour une journée, mais pour l’équipe, c’est devenu une habitude. Je m’étonne même du rythme plus lent des tournages des autres productions quand on m’y engage.

Quels sont vos liens avec les autres acteurs de District 31?

Nous avons appris à nous connaître et nous sommes devenus une famille. Pour moi, c’est une école incroyable de voir aller tous ces comédiens d’expérience! 

Qu’apprenez-vous d’eux?

Leur concentration m’impressionne. Même s’ils font des erreurs, ils restent concentrés et répètent. Ils vivent le moment. Souvent, je suis bien plus stressé qu’eux quand je dois dire mes deux phrases en gardant le rythme de leurs nombreuses répliques.

Qui vous impressionne particulièrement?

Gildor Roy maîtrise son art au maximum; c’est hallucinant! Souvent, lorsqu’il sent ma nervosité, il me fait signe de la main pour que je me calme. Il me répète d’accepter le moment, de respirer et de m’amuser. J’ai beaucoup de respect pour lui! 

Qu’est-ce qui vous a amené au jeu?

J’étais à la maternelle quand le premier déclic s’est produit. Une troupe était venue donner un spectacle à mon école. J’étais totalement hypnotisé par un des comédiens en particulier qui captait toute l’attention de la salle. Je me rappelle avoir constaté l’effet qu’il avait sur moi et sur la foule, et en avoir été épaté.

Comment cet amour naissant pour le jeu s’est-il traduit par la suite?

Ça n’a pas été simple pour moi de devenir comédien! Mes parents sont allés très loin dans leurs études et ont bien réussi leur vie. La seule façon pour moi de gagner leur respect consistait à performer sur le plan académique. Pendant longtemps, j’ai succombé aux pressions de mes parents et j’ai fait des choix pour leur faire plaisir. C’est au cégep que j’ai réalisé que je ne me rendrais jamais nulle part si je ne contrôlais pas ma vie et si je ne faisais pas les choses pour moi-même. J’ai donc changé de programme d’études pour aller en arts. 

Quelle a été la réaction de vos parents?

Pour la première fois de ma vie, je me suis mis à aimer aller à l’école et mes notes se sont nettement améliorées. À partir de ce moment-là, ç’a été plus facile de les convaincre que c’était ma voie. Mon père m’a dit: «D’accord, choisis les arts, mais tu dois être le meilleur dans ce que tu fais.» 

Après avoir étudié le jeu à l’Université Concordia, vous avez fait une maîtrise à l’Université du Missouri, à Kansas City. Comment en êtes-vous arrivé là?

Après mes études à Concordia, je ne me sentais pas prêt à jouer professionnellement. Je me suis donc tourné vers un organisme américain qui permet à des étudiants d’élite en beaux-arts de recevoir des bourses dans une vingtaine d’universités américaines. Il y a quelques dizaines de places, et 20 000 étudiants qui postulent. Personne ne croyait en moi, ni mes professeurs ni mon père. Je me suis quand même rendu à New York où, envers et contre tous, j’ai passé le premier tour des auditions, puis le deuxième. Huit universités ont souhaité me rencontrer en privé, et j’ai reçu une offre officielle de l’Université du Missouri, qui m’a donné une bourse complète de trois ans d’études. C’était extraordinaire!
 

Avez-vous eu envie de faire carrière aux États-Unis?

Après avoir reçu mon diplôme, j’ai paniqué et je suis rentré au Québec où, à cause du manque criant de professeurs, on m’a offert un poste en enseignement de l’anglais au secondaire. J’ai donc enseigné à temps plein pendant deux ou trois ans, et je continue en tant que suppléant depuis que ma carrière de comédien prend plus de place. 

Vos élèves sont-ils impressionnés de vous voir dans District 31?

Ils sont drôles! Mais je veux surtout qu’ils réalisent que je reste le même, quoi qu’il arrive. 

À quoi aspirez-vous?

Mon but est d’avoir un rôle principal dans une série. Je me sens capable de relever ce défi!

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