Chantal Lacroix: femme de coeur et de projets | 7 Jours
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Chantal Lacroix: femme de coeur et de projets

Elle a eu beaucoup de bonheur à présenter sa collection d’objets ornés d’un texte qui touche le cœur. «Je crois beaucoup au pouvoir des mots.»
Photo : Collection personnelle

Elle a eu beaucoup de bonheur à présenter sa collection d’objets ornés d’un texte qui touche le cœur. «Je crois beaucoup au pouvoir des mots.»

Les 15 dernières années ont été fertiles en événements de toutes sortes pour Chantal Lacroix. Parmi eux, l’arrivée de sa fille et les départs de sa mère et de sa grand-mère. Sur le plan professionnel, la période a été faste, puisque l’animatrice a lancé plusieurs beaux projets, dont une collection d’objets qui continue de toucher les gens.   

Chantal, quels événements ont été les plus marquants pour vous ces 15 dernières années?  

L’adoption de ma fille est sans contredit le plus marquant. Nous étions un couple et, du jour au lendemain, nous formions une famille. Camly a mis quatre ans à arriver dans nos vies. Ça valait la peine d’attendre tout ce temps! Même si je ne l’ai pas enfantée, j’ai l’impression que c’est ma copie conforme. Nous sommes allés la chercher au Vietnam en janvier 2011. C’était une enfant attendue par toute la famille, autant du côté de Denis que du mien. Tout a changé à partir de ce jour. Ç’a été une grosse dose d’amour qui a déferlé dans ma vie!  

En contrepartie, vous avez connu de grandes pertes durant cette période...  

Oui, le premier départ, ç’a été celui de ma mère. Elle avait le cancer et elle a attendu avant de faire installer son cathéter: elle voulait pouvoir prendre Camly dans ses bras à l’aéroport. Je suis heureuse qu’elle ait eu la chance de rencontrer ma fille. Je n’oublierai jamais ce jour-là. Denis et moi étions d’accord pour mettre Camly dans les bras de ma mère à notre arrivée. Ç’a été un moment magique... Notre famille immédiate était sur place, de même que mon amie Annie Brocoli. C’est un souvenir très précieux.  

Avec sa fille. «Camly a mis quatre ans à arriver dans nos vies. Ça valait la peine d’attendre.»

Photo : Collection personnelle

Avec sa fille. «Camly a mis quatre ans à arriver dans nos vies. Ça valait la peine d’attendre.»

Quel a été le second départ?  

Celui de ma grand-mère Cléophée, que j’appelais affectueusement «mémère». J’ai été proche de tous mes grands-parents. J’appréciais la grande sagesse de la mère de mon père. Elle avait vécu tellement de choses: la Deuxième Guerre mondiale, la pauvreté, la violence... Malgré tout cela, c’était une femme fondamentalement heureuse qui me répétait que le bonheur dépendait de notre attitude. Ma mémère me disait qu’elle allait rester en vie tant qu’elle n’allait pas avoir rencontré ma fille. Elle voulait la voir marcher. C’est ainsi qu’elle a prolongé son existence jusqu’à 99 ans et demi!  

«Denis et moi étions d’accord pour mettre Camly dans les bras de ma mère à son arrivée au Québec, en 2011. Ç’a été un moment magique…»

Photo : Collection personnelle

«Denis et moi étions d’accord pour mettre Camly dans les bras de ma mère à son arrivée au Québec, en 2011. Ç’a été un moment magique…»

C’est quand même exceptionnel!  

Oui. Nous avons vécu de belles choses... Elle m’a raconté sa vie avant de décéder. Elle m’a fait comprendre qu’on pouvait avoir des rêves jusqu’à la toute fin. À son dernier jour, elle désirait que toute sa famille soit rassemblée autour d’elle, et nous avons pu rendre ce souhait possible. Les personnes âgées nous laissent un héritage si grand! Ma grand-mère avait une telle sérénité face à la mort que son départ s’est bien fait. Elle disait qu’elle avait vécu plusieurs vies et que c’était sa dernière...  

Est-ce que ce sont ces deux femmes qui vous ont inspirée et motivée à lancer votre collection d’objets qui font du bien?  

La petite Chantal et sa mère. «Elle était ma meilleure amie…»

Photo : Collection personnelle

La petite Chantal et sa mère. «Elle était ma meilleure amie…»

Tout à fait. Je me suis rendu compte que les gens qui sont sur le point de partir ont à cœur de transmettre des choses essentielles à ceux qu’ils aiment. Ma mère et ma grand-mère voulaient transmettre des messages, comme s’il y avait une urgence à le faire. Ma mère voulait que je pense à moi et c’est ce qui a inspiré mon bracelet Je me choisis. Ma grand-mère me disait toujours: «N’attends pas le bonheur, crée-le!» Ces messages porteurs, j’ai voulu les avoir près de moi. C’est ainsi qu’est née la collection. C’est un héritage qui m’a été légué. Depuis, la collection prend de l’expansion. Ce sont des objets que je voudrais moi-même recevoir et sur lesquels est inscrit un texte inspirant. Je crois au pouvoir des mots. Ça nous motive. J’aime ce genre de cadeaux qu’on a sous les yeux et qui nous rappellent ceux qui nous les ont offerts.  

Par ailleurs, vous avez mené de beaux projets qui vous ont amenée à voyager ces dernières années...  

Oui, notamment avec les camps SOS Santé Beauté, qui contribuent au bien-être des gens. Plusieurs de ces femmes sont devenues des amies et se sont liées d’amitié entre elles. Nous avons des intervenants qui nous font grandir, qui suscitent des réflexions. J’aime qu’on revienne du camp reposés, mais aussi gonflés à bloc et inspirés, physiquement et mentalement. Tout ce que je mets en place est toujours lié à ça.  

Comme Donnez au suivant. Diriez-vous que cette émission a changé votre vie?  

Sans aucun doute. J’ai lancé Donnez au suivant en 2005, et ce show m’a donné le courage de choisir la bonté. La bonté n’était pas populaire à la télé: on considérait que ça ne générait pas de cotes d’écoute. Cette émission a défini mon chemin et m’a définie à titre d’animatrice et de productrice.  

En 2005, <em>Donnez au suivant</em> débutait. «L’émission m’a donné le courage de choisir la bonté. Elle a défini mon chemin.»

Photo : TVA

En 2005, Donnez au suivant débutait. «L’émission m’a donné le courage de choisir la bonté. Elle a défini mon chemin.»

Vous avez aussi à cœur de soutenir des fondations...  

Oui, particulièrement la Fondation les petits trésors, qui dédie son action à la santé mentale des enfants et des adolescents au Québec. J’ai beaucoup d’amies qui ont des enfants aux prises avec des problèmes de santé mentale. C’est le parent pauvre du système de santé. En tant que citoyens, nous avons la responsabilité d’aider nos jeunes.  

«Mon amie Mélanie Osborne est comme une sœur pour moi. Elle est mon bras droit pour la collection Chantal Lacroix.»

Photo : Collection personnelle

«Mon amie Mélanie Osborne est comme une sœur pour moi. Elle est mon bras droit pour la collection Chantal Lacroix.»

On pourra voir plus tard cette année Maintenant ou jamais. Qu’est-ce qui vous a donné envie de tourner ce documentaire?  

J’ai réalisé qu’au fil des ans, j’ai donné sans me protéger. J’étais beaucoup tournée vers les autres, mais je n’ai pas pris soin de moi. Ma mère me rappelait qu’il fallait que je me choisisse. Peut-être avait-elle vu venir la suite des choses... Je me suis sentie vide. J’ai tout remis en question sur les plans professionnel et personnel. J’étais dans une relation de couple saine, mais l’amour avait changé de forme: nous étions plus des amis que des amoureux. Le discours de ma mémère me revenait en tête: nous n’avons qu’une vie à vivre...  

Cela vous a donné la force de faire les changements nécessaires?  

Oui, ma mère aussi insistait sur l’importance de vivre sa vie pleinement et sans avoir de regrets. J’ai compris qu’il était temps que je prenne du temps pour moi. J’ai parlé de ma quête avec ma boss et amie à Canal Vie. Je lui ai expliqué que je partais à la rencontre de différents spécialistes qui allaient m’aider. Je constatais que plein de gens autour de moi vivaient la même chose. Nous sommes nombreux à ne pas être entièrement heureux. Pourquoi ne pourrions-nous pas espérer la totale dans toutes les sphères de notre vie? Maintenant ou jamais commence le jour où j’emménage dans ma nouvelle maison après m’être séparée. J’ai compris qu’en partageant ma quête, je pouvais en aider d’autres. C’est donc devenu une série documentaire. C’est le plus gros projet de ma vie. C’est une mise à nu complète sur le plan de l’âme. Pour moi, il y aura un avant et un après...    

  • On s’informe sur la collection et les projets de Chantal sur son site chantallacroix.com ou sa page Facebook.  
  • Compte tenu des événements en lien avec le coronavirus, Chantal n’avait toujours pas de date de diffusion pour son documentaire Maintenant ou jamais, à Canal Vie. Il ne sera pas en ondes le 1er avril comme on l’avait d’abord annoncé.  

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