«Chaque jour, mes enfants m’étonnent», -François Papineau | 7 Jours
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«Chaque jour, mes enfants m’étonnent», -François Papineau

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Photo : Bruno Petrozza, Groupe TVA

Père moderne et totalement investi dans l’éducation de ses enfants, François Papineau tire une grande satisfaction de les voir grandir. Si sa vie personnelle le comble, ses occupations professionnelles le rendent également heureux, dont son rôle de parent endeuillé dans le film 14 jours, 12 nuits, pour lequel il s’est rendu au Vietnam. 

François, on vous a confié le rôle du papa endeuillé dans 14 jours, 12 nuits.  

Oui, c’est Jean-Philippe Duval qui, encore une fois, m’a téléphoné pour me proposer ce rôle (il a travaillé avec le réalisateur entre autres dans Unité 9 et le film Chasse-galerie: la légende). Il voulait que ce soit moi qui le tienne. C’est toujours agréable, car je sais qu’il est très ouvert aux propositions. J’ai eu l’occasion de tourner à l’extérieur du pays à quelques reprises. Il y a quelques années, j’étais allé au Japon pour un film. Cette fois-ci, c’était au Vietnam. Ç’a été une super expérience! On ne connaît pas beaucoup l’Asie, qui est extrêmement différente de l’Amérique. C’est un bain de culture. J’ai trouvé ça formidable de pouvoir y retourner. 

Il a partagé la vedette avec Anne Dorval et Laurence Barrette.

Photo : Les Films Séville ©

Il a partagé la vedette avec Anne Dorval et Laurence Barrette.

Combien de temps avez-vous passé au Vietnam? 

Environ deux semaines. J’avais plusieurs journées de tournage au programme, mais je n’ai pas travaillé pendant tout ce temps. Mon ami, le cinéaste Robert Morin, était sur place au même moment. Il m’a servi de guide pendant plusieurs jours. J’ai surtout visité Hanoï. J’y étais pour le jour de l’An vietnamien. Il y avait de grandes festivités, mais c’était étonnamment calme. J’ai adoré m’installer au coin d’une rue et manger ma soupe en regardant la vie autour. Ç’a été très agréable. 

14 jours, 12 nuits porte sur la perte d’un être cher. Cela en fait-il un film universel, à votre avis? 

J’ai travaillé sur Route 132, il y a quelques années, et ça portait aussi sur le deuil. C’est un peu une façon d’accompagner les gens dans des périodes difficiles. Ça ne s’adresse pas à tout le monde, à tous les moments de la vie, et ça ne touchera pas tous les gens de la même façon, mais je pense que ce sont des œuvres qui peuvent les aider à passer à travers leur peine. Parfois, ils doivent se sentir démunis face à leur chagrin. Que faut-il en faire? Le personnage d’Anne Dorval remonte dans le temps et décide d’aller à la source pour rencontrer la mère de sa fille adoptée. Il y a quelque chose de fort et de poétique, là-dedans... Souvent, on ne voit que notre partie à nous dans les histoires d’adoption, alors que c’est intéressant d’aborder les deux pendants. 

Quand on a à jouer une personne en deuil, qu’est-ce qui nous inspire? 

Je m’inspire toujours de l’histoire telle quelle, de la fiction. Je ne m’invente pas d’histoire. La fiction pour moi est plus émouvante. Des coachs d’acteurs enseignent qu’on ne peut pas se servir d’une peine au présent. Il faut attendre des années pour pouvoir le faire: il faut l’avoir réglée. Sinon, on ne fait que se traumatiser. Disons que j’ai plus tendance à converger qu’à diverger. Par exemple, on peut lire sur une époque, et c’est très bien de le faire, mais le chemin émotif du personnage est indépendant de l’époque et il reste le même à travers le temps. 

Vous parle-t-on beaucoup de Charles Faucher, que vous incarnez dans 5e rang

Oui, les gens m’en parlent, et leurs commentaires m’étonnent. J’adore faire cette série! Après sept ans d’Unité 9, je me demandais quel projet allait me faire autant triper. J’ai été vraiment chanceux. J’adore travailler avec l’équipe, tourner des extérieurs, faire de vrais jobs de ferme. Mon personnage vit plein de choses extrêmes. Il y aura aussi du théâtre à l’automne.

Y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas fait et que vous aimeriez faire? 

Une sieste! (rires) Je blague, car j’y arrive de temps en temps. Mes enfants ont maintenant quatre ans et bientôt deux ans (Céleste est née en décembre 2015, et Lambert, en avril 2018). Disons que nous sommes dans le jus... 

Vous serez un brin nostalgique de cette période, un jour... 

Effectivement et, quand j’y pense, qu’est-ce que je ferais d’autre? Qu’est-ce que j’ai tant à faire d’autre? La famille est un grand bonheur. Il faut prendre du temps pour la famille. 

Avec sa conjointe, la comédienne Bénédicte Décary. Le couple a accueilli Céleste en décembre 2015, puis Lambert en avril 2018.

Photo : Joël Lemy, Agence QMI

Avec sa conjointe, la comédienne Bénédicte Décary. Le couple a accueilli Céleste en décembre 2015, puis Lambert en avril 2018.

Certains hommes vous disent-ils parfois que vous les inspirez? 

Non, pas vraiment... Nous parlons surtout d’autres choses. Je suis entouré de gars sensibles, des pères qui s’occupent de leurs enfants. Il y a une belle modernité dans la façon de faire les choses. Ce sont des gars qui s’impliquent, qui s’intéressent à l’éducation, aux étapes de la vie et qui sont abonnés à Naître et grandir sur le Web! (rires) 

Si on ne s’engage pas dans l’éducation des enfants, on se prive de quelque chose de merveilleux. 

Oui, et on n’est pas en phase avec leur évolution. On ne voit pas ce qui se passe et on en perd un bout. Moi, j’ai envie de connaître mes enfants. Chaque jour, ils m’étonnent. Chaque jour, ils se confirment dans ce qu’ils sont. 

Et que ressentez-vous en les voyant ainsi évoluer?

J’adore ça! C’est une belle expérience d’apprentissage. C’est important que j’investisse du temps auprès de mes enfants, que je reconnaisse ce qu’ils font, qu’ils voient dans mon œil ce que je pense de ce qu’ils font et que je les encourage. 

Parce que lorsque ce regard manque, l’enfant le cherche toute sa vie durant... 

Exact. Peut-être que mes enfants vont le chercher, mais peut-être qu’ils le chercheront un peu moins. C’est mon but, c’est mon intention: briser la chaîne de la culpabilité et du manque
de confiance en soi qui se transmet depuis des générations. Il faut être aimé, même si on ne fait pas ce qui nous est demandé. C’est d’ailleurs un conseil que j’ai lu au sujet des enfants dans Naître et grandir: «Dites-leur tous les jours que vous les aimez, peu importe ce qu’ils font et ce qu’ils sont par rapport à vous», sinon, ça devient de l’amour conditionnel: ça sous-entend qu’on les aime à la condition qu’ils fassent ce que nous voulons... 

  • En raison de l’actualité liée à la COVID-19, notez que les projections de 14 jours, 12 nuits pourraient être annulées. Nous vous invitons à vous informer auprès des responsables ou établissements concernés.
  • Voyez l’acteur dans l’épisode final de la saison de 5e rang, mardi à 21 h, à Radio-Canada.

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