«Je serai toujours en faveur de la différence», -Guillaume Lambert | 7 Jours
/magazines/lasemaine

«Je serai toujours en faveur de la différence», -Guillaume Lambert

Image principale de l'article «Je serai toujours en faveur de la différence»
Photo : Eric Myre, Groupe TVA

Comédien, réalisateur, auteur et scénariste, Guillaume Lambert explore avec bonheur les voies d’expression! Il s’est entretenu avec nous de son rapport unique avec l’humour, les femmes de sa vie et l’art. 

Une génération, la nôtre, est en deuil depuis la fin de Like-moi! Quelle place tient cette émission dans ta vie?  

Pour moi, c’est une famille. Je suis si chanceux d’en avoir fait partie! On était tous au même point dans notre carrière quand on a commencé. Au début, je ne savais pas si j’allais faire 10 jours ou un mois et, finalement, l’émission a duré cinq saisons! Je salue les producteurs et l’auteur Marc Brunet d’avoir mis en ondes de nouveaux visages et d’avoir parlé de thèmes qui sont de notre époque et qui touchent notre génération. 

Avec sa belle gang de <em>Like-moi!</em>. «C’est une famille. Je suis chanceux d’en avoir fait partie.»

Photo : Télé-Québec ©

Avec sa belle gang de Like-moi!. «C’est une famille. Je suis chanceux d’en avoir fait partie.»

L’humour est super présent dans tout ce que tu fais. Quelle relation as-tu avec celui-ci? 

Ç’a été pour moi un mécanisme de survie, principalement pour passer à travers le secondaire! Après, je me suis rendu compte que j’adorais faire rire les gens, mais j’ai senti que la scène n’était pas pour moi. J’aime l’humour dramatique, les malaises, etc. Les gens disent que je suis humoriste, mais c’est un hasard de la vie. 

Tu parles de «survie»... Te faisais-tu intimider au secondaire? 

Je ne peux pas dire que je me faisais intimider, mais disons que je n’étais pas le plus sportif du groupe! Je viens de Sorel et à cette époque, soit tu jouais au football, soit tu étais cheerleader. J’ai donc décidé de fonder une ligue d’improvisation. Cette période a développé mon côté entrepreneur. Je devais organiser des spectacles, recruter des gens, faire passer des auditions, etc. Cela m’est utile encore aujourd’hui. 

As-tu encore recours à l’humour comme mécanisme de défense? 

Oui, mais pas à tout prix. Il est facile de l’utiliser pour toutes les situations, mais les gens n’ont pas véritablement accès à ce qu’on est. Je sais que j’ai plus de profondeur que cela, alors oui, je m’en sers, car j’aime les personnes qui ont de l’humour et de la vivacité, mais pas à tout prix. 

Te sens-tu atypique? 

Je serai toujours en faveur de la différence et de l’unicité. Je crois en l’originalité, j’aime les gens qui ont de la personnalité et qui vivent leur vie à leur façon, en dehors du jugement des autres. Si c’est cela être atypique, alors oui, je le suis!  

Quel genre d’enfant étais-tu? 

Je faisais beaucoup de pièces de théâtre dans le sous-sol, j’inventais des jeux, je faisais des soirées club vidéo... Je suis vraiment un enfant des années 1990! 

Tu as grandi entouré de femmes. Comment t’inspirent-elles? 

J’ai toujours eu des relations très fortes avec plusieurs femmes dans ma vie. J’aime écrire des rôles de femmes fortes, gueulardes et complexes, qui assument ce qu’elles sont. Mes personnages masculins sont plus introvertis. Ma mère est gaspésienne et j’ai deux sœurs, Mélanie et Julie. L’une est dans le milieu policier, l’autre est entrepreneure. Les femmes de ma vie, ce sont des femmes indépendantes et libres.  

On pourrait dire qu’il y a quatre Guillaume: le réalisateur, l’auteur, l’acteur et l’animateur. Dans lequel de ces rôles te sens-tu le plus libre et toi-même?  

Tout ce que je fais part de la même volonté: celle de m’exprimer. Ce sont des porte-voix différents. Ce que j’aime du comédien, c’est que je suis appelé à défendre des personnages que je dois apprendre à connaître. J’aime écrire, car quand je le fais, c’est que je pense que je suis outillé pour dire ce message-là. En fait, j’écris presque toujours; c’est pour moi une prise de parole.  

Tu as 36 ans et moi, 37. Comment décrirais-tu notre génération? 

On est uniques et je trouve qu’il y a beaucoup de créativité qui se dégage de nous. On fait beaucoup avec peu de moyens, on n’attend pas. Par exemple, Xavier Dolan n’a pas attendu 40 ans pour faire son long métrage! On est impolis, mais dans le bon sens du terme. Notre génération bouscule un peu, mais elle est honnête, intéressée. Elle est ouverte à collaborer et n’a pas peur.  

Tu as déclaré que l’intelligence et la retenue sont deux choses qui t’impressionnent. Que veux-tu dire?  

On est dans une société où les gens parlent beaucoup, s’expriment sur tout et tout le temps. J’ai plus tendance à regarder ceux qui regardent la game plutôt que d’y participer. J’aime ceux qui parlent moins souvent, mais qui s’expriment avec du punch. 

À lire aussi

Et encore plus