«Vous m’avez tellement manqué!», −Marie Carmen | 7 Jours
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«Vous m’avez tellement manqué!», −Marie Carmen

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Photo : Chantal Poirier, Le Journal de Montréal

Vivant loin des projecteurs depuis plusieurs années, Marie Carmen repart en tournée pour la première fois en plus de 20 ans. De retour sur scène aux côtés de Marie Denise Pelletier et de Joe Bocan, dans le cadre du spectacle Pour une histoire d’un soir auquel on a assisté, la chanteuse partage des retrouvailles touchantes avec son public et déclare vivre l’une des plus belles périodes de sa vie.  

La fébrilité des spectateurs est à son apogée. Combien sont-ils dans la salle à avoir attendu le grand retour de Marie Carmen? Nombreux, sûrement! Mais à quoi ressembleront ces retrouvailles entre la chanteuse et son public? Nul ne le sait. Alors que résonnent les instruments des cinq musiciens présents sur scène, c’est main dans la main que Marie Denise Pelletier, Marie Carmen et Joe Bocan se présentent à la foule au grand bonheur de leurs admirateurs, impatients de les entendre chanter Tous les cris les SOS, Entre l’ombre et la lumière et Repartir à zéro

Marie Carmen en 1995, au sommet de sa gloire.

Photo : Archives

Marie Carmen en 1995, au sommet de sa gloire.

C’est à Marie Denise Pelletier de partir le bal. De sa voix forte et claire, l’interprète envoûte rapidement la salle avant de céder sa place à Joe Bocan, qui en fait tout autant. Arrive enfin Marie Carmen, qui se présente sur scène vêtue d’un chemisier blanc, d’une cravate noire et d’un pantalon noir. Ne se laissant pas envahir par le stress, c’est avec un calme olympien que l’artiste amorce son tour de chant avec Faut pas que j’panique. Devant un micro sur pied entouré d’une liane de roses rouges, la chanteuse nous prouve que sa voix est toujours aussi forte et réconfortante que dans nos souvenirs. À la fin de son interprétation se font entendre les applaudissements chaleureux d’un public conquis. C’est à ce moment que l’artiste, qui célébrait le 24 août dernier son 60e anniversaire, décide de s’exprimer pour la première fois. «Ceux qui me connaissent très bien ne sont pas surpris de m’avoir vue commencer par cette chanson. Il n’y a pas lieu de paniquer, même si c’est palpitant les rendez-vous. (Elle mime les battements de son cœur avec ses mains.) Le cœur... Le cœur qui bat très fort et c’est normal... car vous m’avez tellement manqué!» s’exclame-t-elle en enchaînant avec J’ai l’blues de vous. Elle poursuivra avec la chanson L’aigle noir, puis aura droit à une ovation debout de plusieurs minutes.

Entre souvenirs et confidences

À l’aise sur scène comme un poisson dans l’eau, Marie Carmen reviendra plus tard dans la soirée en compagnie de Marie Denise Pelletier, qu’elle a rencontrée pour la première fois il y a plus de 30 ans. «Ce qui est extraordinaire avec cette “histoire d’un soir”, c’est que ce sont des retrouvailles avec vous, mais aussi entre nous. J’ai rencontré Marie Denise en 1986, dans le cadre de Starmania. Cette comédie musicale a complètement changé le cours de nos existences. À l’époque, je jouais le rôle de Marie-Jeanne et, 10 ans plus tard, celui de Sadia», s’est-elle souvenue.

En 1986, Marie Carmen pose entourée de Fabienne Thibeault et de Louise Forestier, qui ont tenu avant elle le rôle de Marie-Jeanne, la serveuse automate, 
dans Starmania.

Photo : Archives

En 1986, Marie Carmen pose entourée de Fabienne Thibeault et de Louise Forestier, qui ont tenu avant elle le rôle de Marie-Jeanne, la serveuse automate, dans Starmania.

Marie Carmen a aussi dévoilé à son public quelques bribes de sa vie. «Vous savez, des enfants plein la maison, je n’en ai pas eu. J’ai plutôt eu des rires, des guitares, des chansons», dit-elle en faisant référence aux paroles de sa chanson J’veux d’la tendresse, qu’elle venait juste d’interpréter. «Des chansons, c’est ça que j’ai mis au monde. Des chansons qui ont fait leur chemin au fil des années. Je n’ai pas fait le compte, mais je crois avoir écrit près du tiers de tout mon matériel. Ce sont des choses dont on ne parlait pas à l’époque, mais j’en parle aujourd’hui, dans ma soixantaine heureuse et lumineuse. Petite maman que je suis de mes chansons, il y en a une qui me rend vraiment très fière parce que depuis qu’elle est venue au monde, elle a la plus belle des vies», a-t-elle dit avant d’interpréter Entre l’ombre et la lumière

À l’image de son célèbre Aigle noir, Marie Carmen a ainsi repris son envol vers la scène, dans un retour réussi, mariant les bons souvenirs et les moments heureux. «Sortir de scène, rentrer chez soi le cœur gonflé de bonheur... Décidément, j’ai mis le pied dans la plus belle partie de ma vie et j’en savoure chaque instant... Merci! Merci! Merci!» a-t-elle écrit sur Facebook, à la suite de cette soirée mémorable. L’artiste semble ainsi réaliser à quel point elle nous a manqué. 

Un parcours inusité 

Née en 1959 à Québec, en compagnie de sa sœur jumelle Hélène, Marie Carmen, dont le vrai nom est Marie Aubut, fait ses débuts en musique dans les années 1980 à titre de choriste du groupe The Box. En 1986, elle est recrutée par Luc Plamondon pour jouer Marie-Jeanne, la serveuse automate, dans Starmania. Un an plus tard, la jeune femme enregistre la chanson Piaf chanterait du rock, de Plamondon, et participe au spectacle Vis ta vinaigrette, de Marc Drouin. C’est dans le cadre de ce projet qu’elle fait la rencontre de François Jean, le batteur du groupe Les B.B., avec qui elle vivra une relation amoureuse de 10 ans.

En 1993, en compagnie du batteur des B.B. François Jean, avec qui elle a partagé 10 ans de sa vie.

Photo : Archives

En 1993, en compagnie du batteur des B.B. François Jean, avec qui elle a partagé 10 ans de sa vie.

En 1989, la carrière de Marie Carmen connaît une ascension fulgurante, et ses chansons Faut pas que j’panique et L’aigle noir se hissent au sommet des palmarès. La popularité croissante de la chanteuse lui permet, en 1993, de remplir à elle seule le Forum de Montréal, faisant d’elle une des figures marquantes de la musique québécoise des années 1990. Toutefois, l’interprète d’Entre l’ombre et la lumière découvre rapidement l’envers de la médaille quand les médias et le public s’intéressent de plus en plus à sa vie privée. 

En 1993, elle remportait pour une seconde fois le Félix de l’interprète féminine de l’année au Gala de l’ADISQ.

Photo : Archives

En 1993, elle remportait pour une seconde fois le Félix de l’interprète féminine de l’année au Gala de l’ADISQ.

En 1996, elle joue dans Starmania à Paris et, en 1998, elle lance L’autre, son quatrième album en 10 ans. Ce disque n’obtient pas le succès escompté et, après plus d’une décennie dans l’œil du public, Marie Carmen, fatiguée, se retire du monde artistique pour aller travailler comme volontaire au Pérou. 

Donner au lieu de chanter 

«Ma voix, je l’ai toujours, sauf que je vais chanter pour bercer un enfant, pour réconforter quelqu’un en cuisinant», nous avait confié Marie Carmen en 2004, au moment où elle revenait d’un voyage au pays des Incas organisé par la Fondation Père-Eusèbe-Ménard. En 2008, trois ans après un passage remarqué à Star Académie, Marie Carmen lance un cinquième album intitulé Le diamant, dont les chansons ne seront jamais défendues en tournée. Au cours des 10 années suivantes, la chanteuse continue néanmoins de donner des représentations ici et là, sans trop faire de vagues. «Les gens n’en entendaient pas parler parce que je ne voulais pas en faire la promotion. J’aime chanter. Ça, ça ne change pas. Mais la promo, les kodaks, les entrevues où je dois partager mon vécu et mes angoisses, ça, je n’ai jamais aimé ça», a-t-elle confié en février 2020 au Journal de Montréal

En compagnie de René Simard lors d’une voyage humanitaire en République dominicaine, en 1993.

Photo : Archives

En compagnie de René Simard lors d’une voyage humanitaire en République dominicaine, en 1993.

L’artiste reste cependant reconnaissante envers ceux qui ne l’ont jamais oubliée. «Ç’a été touchant de voir comment mes fans ont respecté mon choix quand j’ai décidé de quitter le métier. Je sais que ça a fait de la peine à beaucoup d’entre eux, mais ils ont accepté de me laisser partir. Et là, à la moindre occasion qu’ils ont, ils sont encore là pour moi, même après tant d’années. Ça, c’est de l’amour.» Aujourd’hui, Marie Carmen déclare n’avoir aucun regret. Sereine et heureuse face à son grand retour sur scène, la chanteuse n’a assurément pas fini de nous faire vibrer et de nous émouvoir. 

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