«Chaque titre est un petit morceau de moi», −Matt Holubowski | 7 Jours
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«Chaque titre est un petit morceau de moi», −Matt Holubowski

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Photo : Dominick Gravel, Agence QMI

Matt Holubowski dédie son album Weird ones aux gens bizarres... Quatre ans après la parution de solitudes et après avoir sillonné le Canada, l’Europe et les États-Unis, l’auteur-compositeur-interprète est heureux de nous présenter son nouvel univers, un amalgame de mélancolie et d’optimisme.

Matt Holubowski sirotait du champagne, seul dans sa chambre, lors de notre appel: «Un an   de travail, il faut fêter ça!» s’est exclamé l’artiste. Son album Weird Ones sortait le jour même, le 21 février. «Le titre de l’album est l’aboutissement d’une longue période de réflexion sur la recherche d’identité et l’acceptation de soi. J’ai toujours apprécié les êtres un peu étranges; les Bob Dylan, Tom Waits et David Bowie de ce monde. Malheureusement, je ne suis pas comme ça; j’aimerais bien, mais je suis assez “normal”, du moins comparativement à certains.» 

Matt Holubowski en a fait du chemin depuis la sortie du doux et mélancolique Solitudes en 2016. Quatre années et une longue tournée se sont écoulées avant qu’il signe son troisième album. «Je ne suis pas quelqu’un de très prolifique, je n’écris pas beaucoup de chansons, confie-t-il. En fait, je les mijote trop longtemps; je rumine sur des idées et puis, à un moment donné, je réussis à les mettre sur papier ou sur une mélodie. Je ne fais généralement pas de brouillons; ça sort d’un coup!» 

Anecdotes savoureuses

L’auteur-compositeur-interprète originaire d’Hudson parle de ses chansons comme de témoignages. Il est maître de son monde riche et fascinant. «Chaque titre est un petit morceau de moi. Mes chansons reflètent une partie différente de ma vie, en particulier les deux ou trois dernières années, explique le chanteur. J’avais envie d’écrire quelque chose de surréel depuis longtemps, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre. J’ai toujours écrit de manière rationnelle en raison de mon background et de mes études en sciences politiques et en philosophie. Je souhaitais faire quelque chose d’un peu plus ambigu, rempli de métaphores. J’avais loué un chalet à Morin Heigths, j’étais un peu brûlé et à sec d’idées pour les paroles. J’ai donc voulu m’imprégner de littérature et je suis allé m’acheter Crime et châtiment, de Dostoïevski. Finalement, ce n’était pas ce que je recherchais. Un ami m’a alors conseillé de lire Haruki Murakami, un auteur japonais. J’ai acheté 1Q84 et je l’ai dévoré en deux jours. J’ai fini la dernière page, je suis allé m’installer à la guitare et j’ai écrit Two Paper Moons en 15 minutes. Le roman m’a aidé à ouvrir les vannes et la porte à beaucoup d’idées, alliant le récit et mon vécu.» 

Matt pourrait détailler son processus de composition durant une heure avec chaque couplet de toutes ses chansons, et on en redemanderait! «J’ai écrit les paroles “Heaps of roads have given youA thing to talk about or two”, de la chanson Down the Rabbit Hole, il y a probablement huit ans, pour une chanson complètement différente. Finalement, je ne l’aimais pas. C’était avant Old Man (son premier disque lancé en 2014). À cette époque-là, je voyageais beaucoup et je ressentais de la solitude quand je revenais chez moi. J’avais vécu plein de choses et, de retour à la maison, tout était un peu statique, rien n’avait changé. C’est un sentiment un peu bizarre, comme de garder un secret en soi. Ma récente tournée m’a donné exactement le même sentiment. Imaginez que vous faites un spectacle devant 10 000 personnes et, deux heures plus tard, vous êtes à la maison à faire votre lessive! (rires) Down the Rabbit Hole est, pour moi, la façon d’expliquer ce vertige.»

Écrivain? 

Matt Holubowski ne tardera sûrement pas à nous dévoiler ses autres projets. «Cet album m’a donné envie d’explorer d’autres avenues musicales rattachées à mon nom ou à un autre band. J’ai plusieurs idées: je veux faire un truc plus électro, des chansons en français et je veux également composer de la musique plus rock! J’ai aussi envie d’écrire un petit livre sur le processus de création de Weird Ones, parce qu’il a été intense et qu’il y a beaucoup d’anecdotes intéressantes... avec mes collaborateurs également (ses musiciens Simon Angell, Marc-André Landry, Stéphane Bergeron et Marianne Houle, auxquels se sont ajoutés Mélanie Bélair, Pietro Amato et Claudia Bouvette)

Photo : Gracieuseté

  • À la suite de la sortie de son album Weird Ones, Matt et ses musiciens sont en spectacle un peu partout au Québec. 

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