«Quand je lisais mes textes, je pleurais» −Catherine Bérubé | 7 Jours
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«Quand je lisais mes textes, je pleurais» −Catherine Bérubé

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Photo : Eric Myre, Échos Vedettes

Dans le café où nous nous rencontrons, Catherine Bérubé se fait demander par le serveur si elle a mis son masque, une allusion à son rôle dans Épidémie. Preuve de l’intérêt du public pour la série. Mais pendant longtemps, c’est de son personnage dans 19-2 qu’on lui a parlé... 

La veille, un épisode de la série Épidémie mettant en vedette Catherine Bérubé était diffusé (le mardi à 21 h, à TVA) et celui-ci a généré beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, car on a vu son personnage, Geneviève Lévesque, se battre pour voir son fils, Marcellin, placé en isolement à l’hôpital. Un rôle des plus intenses pour une femme qui, si elle ne l’est pas moins, a dû se surpasser. « La première fois que j’ai lu le scénario, je me suis dit: “Oh non, non, non...” C’est bien écrit, et chaque fois que je le lisais, ça m’arrachait le cœur. C’était difficile sur le plan de la gestion des émotions, ça faisait mal. Je n’avais pas le goût de répéter mes scènes; c’était la première fois que je vivais ça. Mon chum m’aide beaucoup avec mes lignes et, à un moment donné, il a dit: “Je ne peux plus, Catherine, je ne veux pas.” »  

Dans <em>Épidémie</em>, elle est Geneviève Lévesque, une maman prête à tout pour son fils.

Photo : Yan Turcotte, TVA

Dans Épidémie, elle est Geneviève Lévesque, une maman prête à tout pour son fils.

Fait rare, la comédienne dit aimer faire des auditions. Cependant, au moment d’auditionner pour ce rôle, elle a dû composer avec un grand stress. « J’avais l’impression qu’il fallait que je me mette complètement à nu. Quand je suis sortie de là, je me sentais toute petite, tellement vulnérable! »  

Elle parle en termes élogieux de son personnage, la qualifiant de battante. « C’est, dit-elle, une femme investie émotionnellement. Ce n’est pas quelqu’un qui va se laisser faire. C’est une petite maudite! (rires) Elle représente la maman ourse qui va tout faire pour protéger son petit. »  

Un automne intense 

Il se trouve que Catherine tournait, en même temps qu’Épidémie, des épisodes de la série humoristique Les Newbies au Nouveau-Brunswick (la deuxième saison sera diffusée dès le 18 mars à 21 h, à Unis TV). Les journées de tournage se suivant, elle passait littéralement d’une province à l’autre et du rire aux larmes. Une semaine, elle a dû tourner huit jours d’affilée. « Je prenais l’avion le soir et je tournais le matin... C’était vraiment intense. Il fallait que je répète dans l’avion, mais c’était immanquable, quand je lisais mes textes d’Épidémie, je pleurais. J’avais vraiment une résistance à les apprendre. » Elle confesse que le rôle de Geneviève est « très beau, très complexe, mais c’était un défi; ce n’était pas des cordes le fun où aller jouer. »  

La maman d’une petite fille de quatre ans a pu compter, pendant cette période de travail très chargée, sur le soutien de son conjoint, le réalisateur Gabriel Allard. « Je suis très chanceuse parce que lui aussi est travailleur autonome; il comprend ma réalité. Je n’étais pas inquiète, lui et ma fille, c’était le bonheur. Elle, elle a eu du fun! Et Gabriel me soutient. C’est grâce à lui que je suis en train de me développer comme entrepreneure. Il me pousse et me valorise dans tout ce que j’entreprends. Jamais je ne serais où je suis sans lui. C’est un homme qui voit le potentiel des gens, il a un incroyable instinct. » 

Une femme d'affaires  

Cet instinct, justement, a abouti à la création de leur compagnie de production cinématographique Grand Karma. « Gabriel a aussi étudié en gestion. Il a eu l’idée de subvenir à nos propres besoins, de faire des vidéos corporatives et de produire de la fiction. »  

Avec six courts métrages à leur actif, dont cinq gagnants de prix divers, ils se sont lancés dans la production d’un long métrage, Snow Angel. Le film est actuellement en préproduction. Le tournage se fera sur 22 jours, du 5 avril au 3 mai, en Gaspésie. « On tourne en anglais, car le personnage principal est une Américaine, mais elle est dans un environnement francophone. Ça se passe au Village Grande Nature Chic-Chocs, sur le site d’un village qui a fermé en 1971, Saint-Octave-de-l’Avenir. Il y a une école qui a été transformée en dortoir, une église, une ancienne piscine intérieure... Quand on est allés visiter et qu’on a trouvé ça, on a même adapté le scénario au lieu. »  

Deux producteurs, Marc Lapointe et Laurent Allaire, se sont associés à eux. « On est donc quatre producteurs, ce qui est merveilleux parce que, éventuellement, il va falloir que je joue et que Gabriel réalise! » Tout le processus amenant à la création de Snow Angel a représenté un apprentissage énorme pour la jeune femme. « C’est toute une expérience en tant qu’humain et en tant que femme d’affaires! J’ai exploré tous ces aspects. » 

Lâcher prise 

Des années après son interprétation de la policière Audrey Pouliot dans 19-2, Catherine se fait encore régulièrement aborder par rapport à ce rôle. « Ça a marqué beaucoup de gens. Mais c’est aussi pour la série en elle-même, sa qualité, la distribution, le jeu, la réalisation, l’écriture. Le réalisateur, Podz, disait: “Dis-le pas, joue-le!” On bâtissait quelque chose. »  

Un rôle qui aura marqué le grand public, celui d’Audrey Pouliot dans <em>19-2</em>.

Photo : Bertrand Calmeau, Radio-Canada

Un rôle qui aura marqué le grand public, celui d’Audrey Pouliot dans 19-2.

On l’a pourtant vue depuis dans diverses productions, dont Victor Lessard, Les jeunes loups et Le Jeu. L’automne dernier, elle a travaillé — en anglais — sur la série The Transplant. « Mes automnes sont souvent bien occupés et, régulièrement, je n’ai rien au printemps, puis ça débloque. Ça ne me stresse pas. Je me suis toujours vue comme travailleuse autonome. Je ne vois pas ça comme étant à la merci des autres. » Attendre que le téléphone sonne, très peu pour elle! « Je suis très proactive. Je n’ai pas l’anxiété de me dire que je vais attendre de voir si les gens veulent encore travailler avec moi. En fait, j’essaie de ne pas aller là parce qu’il y a tellement de facteurs qui déterminent si on aura un rôle ou pas, tellement de gens impliqués dans les décisions, qu’à un moment donné il faut lâcher prise. » 

Catherine a joué dans la populaire série <em>Victor Lessard</em>.

Photo : TVA

Catherine a joué dans la populaire série Victor Lessard.

L’appel des planches  

Catherine aimerait renouer avec la scène, remonter sur les planches d’un théâtre, ce qu’elle n’a pas fait depuis 2014 « parce que l’occasion ne s’est pas présentée. Mais le théâtre, je considère ça comme une nécessité pour une comédienne, car c’est très formateur. C’est un muscle que je n’ai pas travaillé depuis longtemps. Le jeu, la caméra, les séries, c’est le fun, c’est rapide pour une assoiffée de nouveaux défis comme moi. Au théâtre, il y a une répétition, il faut maîtriser son texte, son corps, sa projection, l’ensemble de la pièce. »  

Tout au long de cet énergique entretien, elle évoque le plaisir de se donner de nouveaux défis et d’apprendre, toujours. Elle cherche constamment à se perfectionner, voire à sortir de sa zone de confort. Et quand on évoque les différents styles de danse qu’elle pratique, et l’envie — ou pas — de jouer dans une comédie musicale, elle déclare sans ambages que ça fait partie de ses objectifs de vie. « J’aimerais beaucoup en faire, avoir un gros rôle, avoir à m’impliquer, et me remettre à faire du training en chant, en danse...»  

Elle conclut en disant avoir le goût de collaborer avec des gens, de s’investir, « mais m’investir dans des choses auxquelles je crois, des choses qui vont aussi me faire grandir sur plusieurs plans, comme je suis en train de le faire avec mon long métrage. »  

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