«Je suis une contemplative» -Marie-France Lambert | 7 Jours
/magazines/lasemaine

«Je suis une contemplative» -Marie-France Lambert

Image principale de l'article «Je suis une contemplative» -Marie-France Lambert
Photo : Julien Faugère, Groupe TVA

Une vie professionnelle satisfaisante, une vie familiale heureuse et du temps pour profiter de la vie font de Marie-France Lambert une femme comblée. L’actrice, dont le rôle de la lieutenante Josianne Primeau dans Fugueuse la suite marque le retour au petit écran, se confie sur son quotidien, qui satisfait largement sa nature contemplative... 

• À lire aussi: Fugueuse la suite: Daisie se rend à Manawan

• À lire aussi: «Fugueuse la suite»: ces deux personnages apprennent la vérité concernant Fanny

Marie-France, vous jouez une lieutenante de police dans Fugueuse la suite. Ça doit être un pur bonheur de jouer dans une série aussi populaire? 

En effet. Fanny, qui est devenue policière, a maintenant un pied de chaque côté de la clôture. Sa patronne, Josianne Primeau, l’a vite remarquée. Fanny a le profil parfait pour s’infiltrer dans un milieu qu’elle connaît bien. Josianne est très protectrice envers elle. Ça fait longtemps qu’elle a vu quelqu’un avec autant de talent, mais la retourner dans ce monde est une décision qu’on peut remettre en question... Je suis heureuse de plonger dans cet univers. Je réalise que les gens sont passionnés par l’émission. 

Aviez-vous suivi la première saison? 

Oui, je l’avais écoutée avec ma fille, qui avait alors 17 ans, comme Fanny. J’étais terrifiée! Quand on a une fille qui a l’âge du personnage, ça nous interpelle. On se rend compte que le grand moteur de tout cela, c’est l’amour! Fanny tombe amoureuse de Damien. Ça dépasse l’histoire de la famille: ça peut arriver à tout le monde. C’est l’amour qui la guidait, le désir d’être choisie, l’espoir de le changer. Quand le cœur est pris, l’extérieur n’a plus beaucoup de poids... On se demande si Fanny va retomber, et c’est ce qui crée cette incroyable tension dans la deuxième saison. 

La lieutenante Josianne Primeau dans Fugueuse la suite.

Photo : Bertrand Calmeau, TVA

La lieutenante Josianne Primeau dans Fugueuse la suite.

Avez-vous d’autres engagements qui vous attendent? 

Pas pour l’instant, mais j’ai des projets à l’automne et pour la saison 2020-2021. L’an dernier, j’ai mis en scène «Art» avec Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin. Ce sont des complices de longue date. J’étais touchée de leur confiance. Je signerai une autre mise en scène cette année.

Votre passion pour votre métier est-elle intacte? 

Oui, elle l’est. Je ne suis pas la même femme qu’il y a 30 ans; je sais plus ce que je veux et ce que je ne veux pas. Toutefois, malgré l’expérience que j’ai acquise, il m’arrive souvent de me sentir comme une débutante... Quel privilège de faire un métier qu’on aime tant! Ça fait des décennies que je roule ma bosse, même s’il y a eu des périodes creuses. Comme je n’ai rien jusqu’à mes répétitions qui débuteront en août, j’ai du temps pour rêver... (rires) C’est toujours un peu paniquant, mais il y a de belles choses qui m’attendent, alors je compte profiter de la vie. Dans ce métier, par contre, les choses changent vite: un coup de fil, et l’agenda se remplit! 

Qu’est-ce qui occupe votre temps libre? 

Je suis une contemplative. Quelqu’un a dit: « Le temps que vous aimez perdre n’est jamais perdu... » Et il y a le quotidien. Nous sommes cinq à la maison, alors il y a toujours quelque chose à faire... J’adore regarder des séries! Je lis, je pianote, je gratte la guitare. Je me sauve à la campagne chez ma sœur. Je peux parler des heures au téléphone avec mes bonnes amies! 

Vous n’êtes donc pas une hyperactive. 

Non, contrairement à mon amoureux (Martin Drainville), qui multiplie les projets dès qu’il a une journée de congé! 

Cet horaire vous permet d’être présente pour votre fille. 

Oui, c’est un beau métier pour ça. C’est compliqué, la conciliation travail-famille, mais être pigiste nous donne accès à des plages de liberté auxquelles n’ont pas accès ceux qui ont un métier plus traditionnel. Je me souviens de ces moments où, avec Marc (Béland), le père de ma fille, nous nous promenions sur la rue avec Aimée dans la poussette un matin de semaine... Je ne connais pas beaucoup de couples qui ont l’occasion de faire ça. J’aime cet horaire. Je n’aime pas la routine. En contrepartie, il n’y a pas de sécurité d’emploi... 

Votre fille suit-elle vos traces? 

Non. Elle termine ses études en sciences humaines, profil individu. Je pense qu’elle va peut-être se diriger vers les communications, mais elle n’a jamais manifesté le désir de faire ce métier, de suivre des cours dans le domaine. J’ai des amis acteurs et actrices dont les enfants ont, très jeunes, voulu faire du doublage. Aimée, non. 

Semble-t-il qu’Aimée vous garderait branchée sur les préoccupations actuelles, entre autres sur le plan de l’alimentation? 

Oui, c’est vrai que nos jeunes nous influencent beaucoup. Après avoir vu un documentaire sur la cruauté animale, Aimée a voulu devenir végétarienne. Félix, le fils de Martin, a décidé de la suivre. Nous avons appliqué le proverbe qui dit: «Si vous ne pouvez les battre, joignez-vous à eux!» (rires) Nous nous sommes mis au végétarisme pendant des mois, puis nous avons perdu des joueurs, dont ma fille, qui avait lancé le mouvement... Il y a de tout chez nous: végé, carnivore, etc. Mais c’est vrai que nous essayons de manger moins de viande et de changer nos habitudes sur ce plan. J’ai été végétarienne pendant huit ans avant de tomber enceinte.  

Vous menez une belle carrière et vous semblez comblée dans votre relation amoureuse et dans votre vie familiale. Que manque-t-il à votre bonheur? 

Je ne peux pas me plaindre... Quelle chance! Ce qui me manque? Un chalet au bord d’un lac! Mais c’est honteux de dire ça, car dans les faits il ne manque rien à mon bonheur. Sur le plan professionnel, j’aimerais avoir un premier rôle au cinéma. 

Croyez-vous que ce métier rende philosophe, à certains égards? 

Oui, ça demande un gros travail sur soi. Les refus ne doivent pas être pris de façon personnelle. Nous sommes toujours en position d’être choisis. Il faut être fait fort... 

  • Fugueuse la suite est diffusée le lundi à 21 h, sur le réseau TVA. 

À lire aussi

Et encore plus