La maison bleue | Monsieur le président
Dès le 13 février, Tou.tv Extra
«J’ai toujours eu un intérêt marqué pour la politique, sans me douter que ça me servirait un jour à camper le président Hamelin», confie Guy Nadon.
Une comédie mettant en scène un Québec indépendant et souverain, réalisée par nul autre que Ricardo Trogi? En voilà déjà assez pour attiser notre curiosité. Guy Nadon, qui se glisse dans la peau de Jacques Hamelin, le président de la République du Québec, nous révèle quelques secrets sur La Maison Bleue.
Guy Nadon, comment se prépare-t-on à camper un politicien?
Je me suis inévitablement inspiré des politiciens que j’ai observés au fil des ans dans les médias et de ceux que j’ai croisés ici et là dans le cadre de différents événements. Mais je ne me suis pas attardé à un seul, le but n’étant pas de faire une caricature, mais plutôt de créer mon propre personnage en combinant toutes mes références.
Quel genre de président est Jacques Hamelin? Est-il efficace ou maladroit?
L’un n’empêche pas l’autre! (rires) Jacques Hamelin, quatrième président de l’histoire du Québec indépendant, est parfois audacieux et bien intentionné, parfois maladroit et lâche. Il n’est pas parfait et, selon moi, c’est ce qui le rend particulièrement attachant. Lorsqu’on fait sa connaissance, au début de la série, le président cherche à reconquérir le cœur des Québécois, car sa popularité ne cesse de baisser dans les sondages.
L’offre du président américain, qui consiste à échanger une partie du Grand Nord québécois contre une parcelle de la Floride, arrive donc à point pour Jacques Hamelin!
Tout à fait, puisqu’il s’agit d’un projet rassembleur pour le peuple québécois. Savez-vous ce qui est le plus fou dans cette intrigue? Quelques semaines après le tournage de La Maison Bleue, Donald Trump a montré de l’intérêt pour l’achat du Groenland! Les auteurs ont écrit une intrigue qui se voulait une pure absurdité, sans savoir que la réalité rejoindrait la fiction! (rires)
En quoi La Maison Bleue est-elle une comédie?
Même si j’exerce mon métier depuis de nombreuses années, la comédie a toujours quelque chose de mystérieux pour moi. Si toutes les comédies étaient aussi drôles qu’elles le prétendent, nous serions tous morts de rire depuis longtemps! (M. Nadon réfléchit et poursuit.) Je pense qu’il y a un indice qui ne ment pas lors d’un tournage: la réaction de l’équipe sur le plateau, notre premier public. Quand j’entends un caméraman ou un directeur photo réprimer un rire lorsque je livre mes répliques, je me dis qu’on tient quelque chose de drôle, comme ç’a été le cas sur le plateau de La Maison Bleue.
En terminant, les téléspectateurs souhaiteront-ils vivre dans un Québec indépendant en regardant cette série?
S’ils regardent La Maison Bleue pour trouver des réponses à propos de l’indépendance du Québec, ils n’en auront pas, pour la simple et bonne raison que le président Hamelin passe plus de temps à discuter de niaiseries que de grands enjeux politiques. (rires) Cette vision loufoque de ce à quoi ressemblerait un Québec indépendant est une satire, qui a pour seul but de faire rire le public et de le divertir.
Travailler avec Ricardo Trogi
«Ricardo Trogi est réalisateur et coscénariste — avec Daniel Savoie — de La Maison Bleue. Il peut donc faire des ajustements aux répliques jusqu’à la dernière minute. Comme un capitaine, il mène sa barque d’une main de maître, sans perdre de vue le propos sérieux derrière la comédie», souligne Guy Nadon.
Les personnages qui gravitent autour de Jacques Hamelin