Steph Carse: «La cause me tient à coeur» | 7 Jours
/magazines/lasemaine

Steph Carse: «La cause me tient à coeur»

Image principale de l'article Steph Carse: «La cause me tient à coeur»
Photo : Collection personnelle

Il y a 25 ans, il nous faisait danser le Achy Breaky Dance. Il a d’ailleurs revisité ce succès dans un album anniversaire lancé récemment. Bien installé en Floride depuis 1999, Steph Carse partage son temps entre sa passion pour la musique et son engagement auprès des jeunes. L’artiste, qui a vécu de l’intimidation durant sa jeunesse, va à leur rencontre et a aussi mis sur pied une fondation pour les aider. Cette cause, il la défend avec sa femme, Natasha, qui est arrivée dans sa vie comme un cadeau...  

Steph, quels sont les projets qui vous occupent?  

J’en ai plusieurs. J’ai tourné dans un film américain, Don’t Say My Name, qui devrait sortir aux États-Unis cette année. J’y joue un avocat. Ça parle d’un sujet délicat: le trafic du sexe, qui concerne 40 millions d’enfants dans le monde. Je trouve ça inconcevable...   

Aux 43es Emmys, il a gagné un prix pour la chanson Amazing Grace dans la catégorie Composition / Arrangement musical.

Photo : Collection personnelle

Aux 43es Emmys, il a gagné un prix pour la chanson Amazing Grace dans la catégorie Composition / Arrangement musical.

Avez-vous des projets du côté de la chanson?  

Pour mes 25 ans de carrière, j’ai lancé en novembre un album intitulé 25. J’ai repris la célèbre chanson Achy Breaky Dance. J’ai aussi fait un beau duo avec Véronique Labbé sur le succès Crying, de Roy Orbison. Tout a commencé en 2017 quand P-A Méthot m’a invité à faire le Centre Bell. Parce que j’étais parti depuis longtemps, je croyais que les gens ne se souvenaient plus de moi... J’ai accepté à condition de pouvoir livrer mon message en interprétant une chanson contre l’intimidation.  

Et le public était heureux de vous revoir... 

L’accueil a été chaleureux! C’est ce qui a provoqué mon retour après 25 ans. Cela dit, j’aime beaucoup le travail derrière la caméra. Je produis beaucoup de vidéos et des émissions spéciales pour la télé. J’ai aussi une compagnie à but non lucratif, Yicount, qui aide les jeunes aux prises avec l’intimidation. C’est une cause qui me tient à cœur.  

Pourquoi cette cause en particulier?  

Un jour, une amie m’a fait parvenir une lettre d’un adolescent de 14 ans qui avait mis fin à ses jours. Il se faisait intimider. Il espérait que sa lettre allait avoir un impact. Ça m’a vraiment touché... Ça m’a aussi ramené à mon passé. Jeune, j’étais réservé et j’ai été intimidé. Nous étions un foyer d’accueil pour des handicapés mentaux. Je vous laisse imaginer les commentaires qu’on faisait sur nous... À l’époque, quand on se faisait intimider, la maison était un lieu sûr. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas: le problème suit les jeunes jusqu’à la maison.   

Ça vous a donné envie de vous engager dans la cause?  

Oui, je voulais agir. Nous avons fait une chanson, Awesome, qui traite de ce sujet. Ça m’amène à aller à la rencontre des jeunes dans les écoles. Le but, c’est de leur rappeler ce qui se passe à l’intérieur d’eux, entre autres que le plus gros ordinateur du monde met 40 minutes pour enregistrer 1 seconde d’activité mentale. Avec ce genre d’information, nous voulons leur rappeler qu’ils sont géniaux! Que leur téléphone n’est pas intelligent comparativement à eux. Je constate qu’ils ont soif d’entendre des propos positifs à leur sujet.  

Comment vous en êtes-vous sorti?  

À la maison, nous avons reçu une bonne base. Je savais qui j’étais. Aujourd’hui, l’identité est liée aux réseaux sociaux et au regard des autres. C’est paralysant. Moi, j’étais peut-être timide, mais je savais ce que je voulais faire dans la vie. Ça m’a aidé. C’est ce que je dis aux jeunes que je rencontre aux États-Unis. J’aimerais bien pouvoir donner aussi des conférences au Québec.  

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous installer de l’autre côté de la frontière?  

J’ai d’abord vécu à Nashville. Deux ans plus tard, en 1999, je suis parti en Floride parce que j’avais rencontré un agent qui y habitait. Comme il y avait plus de travail pour moi là-bas, je m’y suis installé. Je suis tombé en amour avec le soleil! (rires) Quand j’ai quitté le Québec, il y avait 10 pieds de neige sur le toit de mon garage...  

Le Québec vous manque-t-il parfois?  

Je reviens régulièrement, trois ou quatre fois par an. Ma mère est encore ici, tout comme mes deux frères, mais ma sœur vit à Toronto. Mon père est décédé en 1996. Quand ils sont tannés du froid, ils viennent me visiter
en Floride! Au Québec, j’aime faire du ski, mais je n’ai pas encore convaincu ma femme d’en faire avec moi. Je donne aussi des spectacles au Québec. Avec le nouvel album, je prépare une tournée. Je vais être plus actif au Québec à partir du mois d’avril.  

Vous avez épousé votre amoureuse en 2018. Parlez-nous d’elle.  

Photo : Collection personnelle

Le plus beau cadeau que j’ai eu dans la vie, c’est ma femme. À l’âge que j’avais, je ne m’y attendais plus. Je suis un workaholic, le travail a toujours été ma priorité. Mais rencontrer ma femme a changé ma vie. C’est un miracle! Elle est originaire de Californie, mais son travail l’avait amenée en Floride.  

À quoi ressemble votre vie là-bas?  

Mon studio est à la maison, je travaille donc chez moi. Je voyage environ deux semaines par mois. Natasha et moi sommes tous deux impliqués dans la cause de l’intimidation. J’ai d’ailleurs rencontré mon amoureuse lors d’une soirée-bénéfice. Elle aidait les jeunes femmes qui avaient été victimes de trafic sexuel à rebâtir leurs finances. C’est pour ça que ç’a été magique entre nous: nous avons tout de suite su que nous étions faits l’un pour l’autre, comme si nos âmes s’étaient reconnues. Quand nous ne travaillons pas, nous aimons aller à la plage, que ce soit à Cocoa Beach ou à Clearwater.  

Avez-vous de grands projets de couple?  

Oui, nous essayons d’avoir un enfant. Nous verrons ce que la vie nous réserve...   

Photo : courtoisie

À lire aussi

Et encore plus