«Pour la première fois, je profite de la vie» -Joanie Gonthier | 7 Jours
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«Pour la première fois, je profite de la vie» -Joanie Gonthier

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Photo : Marï photographe, Groupe TVA

Ayant longtemps souffert de graves problèmes liés à l’anorexie, la boulimie et l’alcoolisme, Joanie Gonthier a beaucoup fait réagir en publiant, en décembre dernier sur le site d’Urbania, un texte poignant dans lequel elle décrit l’enfer qu’elle a vécu. Poursuivant depuis un an son chemin vers la guérison, la jeune femme de 32 ans s’ouvre sur ses problèmes passés et nous parle de sa nouvelle vie.

Depuis qu’elle a quitté son poste de présentatrice météo — pour lequel, pendant quatre ans, elle devait se lever aux aurores — à Salut Bonjour en octobre 2018, Joanie Gonthier ne cache pas avoir fait des pas de géant. Aujourd’hui, après une période de plus d’une douzaine d’années de longs combats contre les troubles alimentaires, ponctuée de passages très sombres liés à l’anxiété, Joanie se dit prête à crever l’abcès et à accepter le fait qu’elle est vulnérable. Une vulnérabilité qu’elle assume entièrement et publiquement dans son texte, lu à ce jour par plus de 700 000 personnes sur le site d’Urbania. «Au départ, j’avais peur d’écrire ce texte-là, car je ne savais pas ce que les gens allaient en penser. Très rapidement, j’ai constaté que plusieurs personnes se reconnaissaient dans mon histoire. J’ai d’ailleurs reçu de nombreux messages de gens qui ont vécu des choses similaires aux miennes.» 

Briser les tabous

La jeune femme ressentait le besoin de parler de son histoire, mais aussi d’amener sur la place publique la discussion concernant les problèmes de santé mentale. «Je ne pensais jamais arriver à un point dans ma vie où je m’ouvrirais vraiment sur ce que j’ai vécu. Dans mon métier, on m’a souvent dit qu’il fallait que je sois toujours souriante et pleine d’énergie. Mes problèmes, je devais les garder pour moi afin de ne pas nuire à mon image publique. Chaque matin, je me levais pour inviter les gens à commencer leur journée du bon pied, alors que je vivais plusieurs problèmes dans ma vie.» 

Un jour, le miroir a craqué, et la jeune femme a fait le choix de se reprendre en main. «Dans la vie, tout le monde finit par frapper un mur. Que ce soit la dépression, l’anxiété ou un autre problème de santé mentale. Il faut faire tomber les tabous. Il faut aussi en parler et arrêter d’avoir honte. Plusieurs personnes souffrent à différents degrés, et il faut se serrer les coudes afin qu’ils n’aient plus honte de leur vulnérabilité. Être vulnérable, c’est être vu pour ce qu’on est, et c’est à partir de là que la reconstruction se fait.» 

De l’ombre à la lumière

Vers la fin de 2018, Joanie Gonthier a pris la décision de venir à bout des problèmes qui minaient sa vie depuis ses 17 ans. «Quelques mois après mon départ de Salut Bonjour, j’ai vraiment commencé mon processus de guérison. L’été dernier, je me sentais déjà beaucoup mieux et j’avais repris le travail. Je suis désormais rendue à un point de ma vie où je suis plus à l’aise de m’exprimer sur ce que j’ai vécu. J’ai fait de l’anorexie pendant plusieurs années. L’alcool est ensuite entré dans ma vie, et je me suis mise à faire de la boulimie. Je ne veux plus jamais retomber dans la noirceur où j’étais. Ce désir de ne plus rechuter m’incite à continuer chaque jour à suivre le chemin vers la lumière.» 

Afin de suivre cette voie, l’animatrice fait preuve d’une grande persévérance. «Peu à peu, je me suis bâti une routine santé. Je ne saute plus de repas et je prends des collations — ce que je n’ai pas fait pendant plusieurs années. À force de répéter ces bons gestes au quotidien, je dors mieux. Je me sens tellement fière de moi!» Joanie déclare cependant que chaque changement part de soi. «Tu ne pourras pas t’en sortir si tu ne le veux pas. Des spécialistes peuvent te donner des outils à mettre en pratique pour te sortir de tes problèmes, mais il faut à la base que tu aies la volonté de t’en sortir. En ce qui me concerne, dans la dernière année, j’ai consulté une psychologue qui m’a ouvert les yeux sur des aspects de mon comportement face à la nourriture. Ça m’a beaucoup aidée.» 

Un ange gardien

Avec Yannick Garon-Mondoux, son amoureux. «Je ne serais pas ici si ce n’était pas de ce gars-là.»

Photo : Marï Photographe, Groupe TVA

Avec Yannick Garon-Mondoux, son amoureux. «Je ne serais pas ici si ce n’était pas de ce gars-là.»

Issue d’une famille tricotée serrée, Joanie Gonthier a aussi pu compter sur le soutien de ses proches dans ses mésaventures, notamment sur celui de son conjoint, Yannick Garon-Mondoux, qui est caméraman, monteur et réalisateur. «Je ne serais pas ici si ce n’était pas de ce gars-là. En 10 ans de vie de couple, il a toujours fait preuve d’amour et de compassion à mon égard. Il a tout fait pour m’aider et pour que je m’en sorte. J’ai eu la chance de trouver la bonne personne. Il est mon âme sœur et mon tout.» 

Joanie Gonthier ne cache pas que son nouveau bonheur lui fait remettre en question sa décision de ne pas avoir d’enfants. «Pour la première fois, je profite de la vie. Je me permets d’avoir du fun et de lâcher prise par rapport à mon alimentation. En ce moment, j’ai envie de nous offrir une vie de couple normale, à mon amoureux ainsi qu’à moi-même. On ne veut pas d’enfants, mais mieux je me porte, plus je pense à la vie de famille. Si nous n’avons pas d’enfants, ce ne sera pas la fin du monde. Mon chum et moi adorons les animaux, et nos deux chiens sont comme nos bébés.» 

Un regard vers l’avenir

Sur le plan professionnel, Joanie Gonthier reste confiante face à l’avenir. «Je suis prête à travailler et à relever de nouveaux défis. En ce moment, je n’ai rien à annoncer. Je continue toutefois à travailler sur des projets qui me rejoignent et me stimulent en lien avec les problèmes de santé mentale et le bien-être. Je veux aider les gens qui souffrent et parler de ces sujets sensibles à la télévision. Je demeure passionnée par la télé, la radio et le Web, et j’essaie présentement de m’entourer des bonnes personnes pour mener ces projets à terme!» s’exclame la jeune femme, qui compte bien continuer à combattre ses peurs et à surpasser ses limites. 

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