Lindsay-De Larochellière en tournée: Conciliation vie privée, vie publique | 7 Jours
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Lindsay-De Larochellière en tournée: Conciliation vie privée, vie publique

Image principale de l'article Conciliation vie privée, vie publique
Photo : Valerie Blum, Échos Vedettes

Aujourd’hui, ce n’est pas dans un lieu public qu’on s’entretient avec Andrea Lindsay et Luc De Larochellière, mais à la maison. Et pas n’importe laquelle: la leur! Une invitation d’autant plus surprenante que, depuis qu’on les connaît, la discrétion est un trait de personnalité qui caractérise autant l’un que l’autre. 

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On connaît le grand Luc depuis trois bonnes décennies, tandis qu’Andrea est arrivée dans notre paysage en 2006 avec La belle étoile, un délicieux premier disque. Leurs routes parallèles allaient éventuellement se croiser et, en 2012, les Lindsay-De Larochellière nous offraient un premier album à la hauteur de leur immense talent d’auteurs-compositeurs, C’est d’l’amour ou c’est comme. À la fin de l’année dernière, ils remettaient ça avec S’il n’y avait que nous. On sonne aujourd’hui à leur porte pour parler de leur tournée et deviser sur la vie publique d’un couple privé.

Driiiiing! Le chanteur ouvre la porte avec un large sourire, alors que le journaliste passe à un cheveu de piquer une fouille sitôt qu’il met le pied sur le paillasson. L’équilibre retrouvé nous permet d’apprécier les lieux. C’est doux, c’est sobre, c’est de bon goût, c’est à l’image des propriétaires. Ce qui ne gâte rien, le café est exquis et l’éclairage, tamisé. La table est mise pour une bonne jasette. Seul absent: Louis, trois ans et demi, pas mal trop occupé à régler des dossiers importants à la garderie pour venir rendre visite à ses parents.

Les quatre mains sur la poignée

Le 8 octobre avait lieu le lancement de S’il n’y avait que nous à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Les 7 et 8 février, le duo y retournera pour présenter le spectacle qui en découle.

Photo : Toma Iczkovits, Agence QMI

Le 8 octobre avait lieu le lancement de S’il n’y avait que nous à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Les 7 et 8 février, le duo y retournera pour présenter le spectacle qui en découle.

C’est drôlement calme et feutré, ici. Apaisant. Au sous-sol, une pièce a été aménagée pour gosser des chansons, mais au rez-de-chaussée, aucune trace de la trentaine d’années de carrière de Monsieur ou de la quinzaine de Madame. Sur un mur de la salle à manger, une peinture, fort belle, qui rappelle que l’auteur-compositeur-interprète a étudié les arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal.

Le journaliste suit la carrière de Madame et Monsieur depuis leurs débuts. Quelques pochetées d’entrevues et de spectacles plus tard, il partage son étonnement de se trouver dans l’intimité de ces deux artistes relativement secrets.

Une première entrevue avec Andrea en 2008. Elle se souvient: «Mon équipe m’avait suggéré de ne pas dire que j’étais avec quelqu’un et de ne pas révéler mon âge. Je venais d’avoir 30 ans. J’étais mal à l’idée de cacher quelque chose. Je trouvais ça difficile. Parfois, les gens veulent imaginer que tu es célibataire et croire que tu es accessible. Ce n’est pas sain d’être obligé de mentir tout le temps.»

Ainsi parle cette femme qui, sous l’œil du public, mène une partie de sa carrière main dans la main avec son chum, qui est le père de son enfant. Un monde semble s’être écoulé entre hier et aujourd’hui.

Les temps changent. Alors, on s’adapte. Tant par souci de transparence que par nécessité. Luc fait remarquer: «Je suis plus ouvert sur certaines affaires. J’assume qui je suis. Si je suis bien avec ça, pourquoi ne pas le montrer? Aujourd’hui, on est en charge de plus de choses pour se faire exister. Il y a la création de musique, la chanson... Il faut amener ces   chansons-là aux gens, tandis qu’il y a des canaux de diffusion qui n’existent plus. Il faut réussir à passer tout en se respectant. De mon côté, il y a des lignes qui ont changé de place. Quand j’étais jeune, j’étais plus réfractaire.»

Aussi, à l’ère du Web et constatant l’état des lieux, les Lindsay-De Larochellière entrouvrent la porte, mais gardent les mains sur la poignée. Luc reprend: «On a décidé qu’on allait jouer avec ça. On a une maison et un téléphone. Alors, oui, on ouvre les portes parce que ça part de là. Notre maison devient en quelque sorte un lieu de diffusion. Ça n’était pas le cas avant. Mais, bon! On n’ira pas trop loin dans la vie privée, mais on va plus loin qu’avant.»

Dans cet esprit, le couple a mis en ligne un savoureux clip maison — littéralement — pour la chanson On fait la moue. Il y en aura d’autres.

La mathématique du couple

C’est le calme dans la maison... avant que Louis ne revienne de la garderie!

Photo : Valerie Blum, Échos Vedettes

C’est le calme dans la maison... avant que Louis ne revienne de la garderie!

À ce moment-ci, il convient de mettre à l’épreuve la transparence d’Andrea. Allons-y subtilement et avec tact: «Quel âge as-tu?» Elle hésite. Non pas par coquetterie, mais simplement parce qu’elle réfléchit tout le temps. Puis, dans un éclat: «43!» Une exclamation qui rime avec Eureka! «Le temps passe vite. J’oublie mon âge...»

Si elle n’est pas douée pour les chiffres, elle peut compter sur son chum pour administrer la conciliation travail-famille. Elle explique: «Louis aura quatre ans en juillet et il est à la garderie. Éventuellement, il ira à l’école, où il devra être du lundi au vendredi. Il faudra toujours que Luc ou moi soyons à la maison. Donc, c’est maintenant qu’il faut faire notre tournée.» Puis, en souriant: «C’est Luc qui a fait les maths.»

La beauté de la chose est que le gamin accompagne ses parents en tournée, nounou en sus. Maman reprend: «Avoir l’enfant autour, ça donne une énergie qui se sent dans le spectacle. Je suis contente qu’il ait accès à ça. Je trouve ça inspirant, aussi, d’aller sur la route et de lui faire visiter le Québec.»

Papa, qui est déjà père de Claudel, 24 ans, aborde cette étape de sa vie et de sa carrière avec grand enthousiasme: «Quand elle était en bas âge, elle ne me suivait pas en tournée, alors j’ai vécu des périodes d’ennui. Cette fois, j’avais envie qu’on vive cette période de travail avec Louis.»

N’empêche, un peu plus tard avec Claudel, Luc a été à même de constater à quel point ce mariage travail-famille peut donner des fruits extraordinaires. «En 2011, année où j’avais été le Passeur du Festival en chanson de Petite-Vallée, elle m’avait accompagné en Gaspésie. Elle m’en parle encore! Ce sont des moments incroyables.»

La richesse du partage, le plaisir de faire naître l’étincelle dans l’œil de l’autre et le bonheur décuplé font dire à Andrea: «La carrière fait vivre la famille et l’âme. On fait ce métier parce qu’on l’aime et qu’on a besoin de faire ça. Avant, je pouvais être plus égoïste dans ma réflexion. Si je vivais une vie de bohème ou si j’avais des années plus creuses, ça n’était pas grave. Un enfant doit avoir accès à toutes les opportunités. Maintenant, je pense à sa qualité de vie avant toute chose.»

Quand la famille débarque

La tournée S’il n’y avait que nous est encore jeune de cinq représentations, et Louis a accompagné ses parents à trois d’entre elles. «C’est l’fun! s’enthousiasme son père. On se sent comme une petite caravane qui arrive avec la gardienne. Ça change l’ambiance. Même pour les diffuseurs qui nous reçoivent, c’est comme une famille qui arrive.» Sa mère ajoute, amusée: «Il y a même une place où il y avait une baignoire en arrière. Louis a pris son bain pendant le show.» 

Lindsay et De Larochellière ont un sens de l’humour bien aiguisé. Deux pince-sans-rire qui manient l’ironie avec maestria. Ça se manifeste dans leurs chansons, mais aussi dans leurs interventions sur scène. Luc: «On veut faire du bien, en fait. L’humour crée un lien.»

Sur scène, ils sont accompagnés de Marc Pérusse (guitare et basse), Claude Pineault (basse et claviers) et Justin Allard (batterie). Le programme est essentiellement constitué des pièces de leurs deux albums, C’est d’l’amour ou c’est comme, paru en 2012, et du tout récent S’il n’y avait que nous. De l’excellent matériel magnifié par quelques perles pigées dans leur répertoire solo. Sans vouloir gâcher l’effet de surprise, il n’est pas déraisonnable d’espérer, notamment, Les yeux de Marie de l’une et Si fragile de l’autre.

De son premier spectacle, le duo avait donné quelque 120 représentations. Impressionnant. Qu’a-t-il retenu de cette aventure? «Qu’on voulait refaire ça!» lance spontanément Andrea en riant. «C’est déjà beaucoup.» 

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