Comment je m’appelle: Mohamed Ali | Le combat d’une vie | 7 Jours
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Comment je m’appelle: Mohamed Ali | Le combat d’une vie

Jeudi le 30 janvier à 22 h, Canal D (1re de 2 parties)

Image principale de l'article Le combat d’une vie
Photo : Canal D

Boxeur de légende et grand défenseur des droits des Noirs, Mohamed Ali pouvait frapper aussi fort avec ses mots qu’avec ses poings. Le documentaire Comment je m’appelle: Mohamed Ali, dont la première partie est présentée cette semaine, rend hommage à un homme qui savait se montrer inébranlable.

Cassius Marcellus Clay, sixième du nom, a vu le jour à Louisville, au Kentucky, en 1942. Très tôt, le futur athlète a démontré des capacités physiques étonnantes. À seulement 18 mois, il a même déchaussé une dent de sa mère après l’avoir accidentellement atteinte en balançant les bras! Toutefois, c’est à 12 ans qu’il a réellement découvert sa force de frappe. Lorsqu’il s’est fait voler son vélo tout neuf, on lui a suggéré de s’inscrire dans un club de boxe pour donner une leçon au voleur.

Champion olympique

Photo : Canal D

Dès lors, le prodige a enchaîné les victoires chez les amateurs. Avant de rejoindre les professionnels, il a pris part à 180 combats et n’a perdu que les trois premiers. Ses succès l’ont mené aux Jeux olympiques de Rome, où il a remporté la médaille d’or des mi-lourds. Cependant, lorsqu’il est rentré aux États-Unis avec sa médaille au cou, on a refusé de le servir dans un restaurant de sa ville natale à cause de la couleur de sa peau.

Le jeune homme a alors entamé son véritable combat, celui de la reconnaissance des droits des Noirs, grâce à sa popularité grandissante. «La boxe est un tremplin pour me faire connaître du public. Si j’étais resté à Louisville, j’aurais pu être assassiné au cours d’une marche pour la liberté sans que ça se sache», a-t-il affirmé en entrevue.

Cassius devient Mohamed

Pour étendre sa puissance de frappe, Cassius Marcellus Clay est devenu boxeur professionnel à 18 ans. Il raflait tout sur son passage et, à l’image du lutteur Gorgeous George, il a adopté un personnage médiatique arrogant qui vantait en public sa beauté et son talent. «Je suis le roi du monde», a-t-il crié, le 25 février 1964, lorsqu’il a battu Sonny Liston et est devenu champion du monde des poids lourds.

C’est aussi à 22 ans qu’il s’est rebaptisé Mohamed Ali et qu’il s’est converti à l’islam. Son arrogance, sa nouvelle religion et ses discours en faveur des droits des Noirs lui ont attiré bien des ennemis, mais il a toujours affirmé qu’il ne tremblait devant personne, même si ses amis Malcom X et Martin Luther King ont payé pour avoir tenu leurs discours. «On nous a appris à nous détester nous-mêmes. Entre nous, on s’appelle nègre, bamboula, Mamadou... On se déteste. Beaucoup veulent faire des mariages mixtes pour s’éloigner de notre race, mélanger leur sang. Nous sommes le seul peuple qui veut s’identifier à un autre», a-t-il déclaré au cours d’un voyage en Afrique.

Photo : Canal D

Non au Vietnam

Si les propos pro-Noirs d’Ali faisaient sourciller les racistes, son refus de combattre au Vietnam malgré la conscription a rallié contre lui des gens de toutes les couleurs. Même Jackie Robinson, première vedette noire du baseball, s’est offusqué de son refus à prendre part à la guerre, jugeant que le boxeur n’était pas reconnaissant envers sa nation. Grande gueule, Ali ne s’est pas tu pour autant, allant jusqu’à perdre son titre de champion en refusant de s’enrôler dans les forces armées. On lui a alors interdit de monter sur le ring pendant trois ans. Il a aussi risqué de passer cinq ans en prison avant d’être lavé de toute accusation à la suite d’un long combat judiciaire. «Je peux me retrouver sans un rond / Et finir en prison / Mieux vaut bouffer ici / Qu’au Vietnam être occis», déclamait Ali, qui aimait bien s’exprimer en poèmes devant les médias.

Photo : Canal D

L’inaction du champion et l’ascension de nouveaux pugilistes durant la période où il lui était interdit de combattre ont rendu la reconquête de son titre fastidieuse. C’est sur sa quête pour retrouver ses moyens et redevenir le champion qu’il était que se termine la première partie de Comment je m’appelle : Mohamed Ali. Mais qu’est vraiment un champion? « Un champion, c’est celui qui reste fort malgré la pression », répondait Mohamed Ali.

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