Briser le code | Pour une société plus ouverte | 7 Jours
/magazines/tvhebdo

Briser le code | Pour une société plus ouverte

Mercredi le 29 janvier à 20 h, TQc

Fabrice Vil
Photo : © TQc

Fabrice Vil

Tous les jours, des gens adoptent des comportements qui ne sont pas naturels pour eux afin d’être mieux acceptés par la population majoritaire de la province. Fabrice Vil brise le silence sur ce code et va à la rencontre de personnes qui veulent s’en libérer.

Fabrice, qu’est-ce que le code?

C’est un enjeu lié au racisme, un phénomène de société qui met en relation la population majoritaire et certaines minorités, comme les personnes racisées et les Autochtones. Le rapport de pouvoir fait en sorte que les membres de ces groupes minoritaires en viennent à adopter des attitudes, des gestes et des comportements qui leur permettent de se fondre dans la majorité sans déranger. Le code empêche ces personnes de pleinement exister et de se révéler. 

Qui impose le code?

Personne en particulier; il est plutôt le résultat d’un rapport de pouvoir. Tout le monde y contribue par des gestes et des paroles. Certaines personnes ne se rendent même pas compte qu’il n’y a pas seulement une manière de vivre. Ils ne comprennent pas que leur vision unique génère des difficultés dans la vie de personnes racisées ou autochtones, tant à l’école qu’au travail ou dans leurs rapports avec les autorités policières. 

Que découvrira-t-on grâce à ce documentaire?

André

Photo : © TQc

André

Vous ferez la connaissance de trois personnes qui, à leur façon, cherchent à briser le code. Il y a d’abord André, qui est d’origine sino-vietnamienne et qui se questionne sur la francisation. Il pose des actions concrètes pour que l’on comprenne les difficultés des gens qui ne parlent pas le français quand ils arrivent au Québec. Ensuite, Sonia, qui est d’origine tunisienne, parle des regrets qu’elle a de ne pas avoir nommé certaines choses pendant son enfance et son adolescence. Elle encourage d’autres jeunes femmes à dénoncer les injustices qu’elles vivent. Finalement, Alexandre relate les situations difficiles qu’il a vécues en côtoyant les Blancs et les Autochtones. Chez les premiers, il était un Amérindien, et chez les seconds, un Blanc. Il a contribué au racisme envers sa communauté en ne réagissant pas aux insultes de ses amis sur celle-ci. Aujourd’hui, il cherche à faire évoluer les jeunes en racontant son expérience.

Sonia et d’autres jeunes.

Photo : © TQc

Sonia et d’autres jeunes.

Quel rôle tenez-vous dans le documentaire?

Je suis à la fois narrateur et intervieweur. Je témoigne aussi de ma réalité, et on me voit en action, en conférence et dans mon milieu de travail.

A-t-il été difficile de trouver des gens qui avaient envie de parler du code?

Je salue le courage de nos participants. Ils ont accepté de parler, car ils savent que c’est important. Cependant, ils savent aussi que le fait de nommer le code va générer de l’incompréhension autour d’eux, des questionnements et peut-être même des insultes.

Avez-vous été ébranlé pendant le tournage?

Deux choses m’ont secoué. La première, c’est la réalisation de l’emprise du code dans ma vie, moi qui m’en croyais presque guéri. La deuxième, ce sont les histoires que j’ai entendues. Je pense qu’aucun être humain ne peut y rester insensible.

Quels sont vos espoirs pour ce documentaire?

L’exercice n’est pas de montrer qui que ce soit du doigt. J’ai bon espoir que, grâce au documentaire, les gens qui vivent le code au quotidien pourront retrouver un espace leur permettant de parler du phénomène afin qu’ils s’aperçoivent que ce qu’ils vivent est légitime. Ça pourrait les sortir de l’isolement. J’espère aussi que ceux qui ne sont pas sous l’emprise du code prendront conscience du phénomène et assumeront leurs responsabilités. Ce documentaire est une invitation au dialogue face à certains enjeux de discrimination.

Alexandre et d’autres jeunes.

Photo : © TQc

Alexandre et d’autres jeunes.

Plus sur le Web

Au moment de la diffusion du documentaire à Télé-Québec, des capsules Web seront mises en ligne. Elles constituent une sorte de lexique résumant certains concepts, dont le profilage racial, le racisme systémique et le White savior. Un balado sera aussi offert: on y a enregistré les témoignages de personnes racisées qui racontent le moment où elles ont compris qu’elles devaient adopter un code pour vivre plus aisément dans la société québécoise.

À lire aussi

Et encore plus