Martin Drainville dans Les Hardings: Questionnements et responsabilité | 7 Jours
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Martin Drainville dans Les Hardings: Questionnements et responsabilité

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Photo : Bruno Petrozza, TVA Publications

Le 6 juillet 2013, la ville de Lac-Mégantic était plongée dans une effroyable tragédie avec le déraillement d’un convoi de wagons remplis de pétrole. Très vite, des questions ont été soulevées. L’auteure Alexia Bürger s’est inspirée de cette catastrophe pour imaginer une rencontre fictive entre trois hommes qui mène à de profondes réflexions. 

«Cette pièce tourne autour de la tragédie de Lac-Mégantic. Harding est le nom de famille du cheminot responsable du train», raconte Martin Drainville, qui reprend son rôle de Thomas Harding comme ses deux collègues, Bruno Marcil et Patrice Dubois. Les trois personnages portent le même nom, mais ont chacun leur vie. Martin explique que le nom du cheminot, rôle tenu par Bruno Marcil, a une certaine particularité. «C’est un nom très commun dans le monde anglophone. Il y a beaucoup de Thomas Harding. Alexia Bürger a donc trouvé d’autres hommes qui portent ce nom. L’un d’eux est un auteur anglais (Patrice Dubois), mais on a fait un petit changement: cet homme avait une fille, qui est décédée dans un accident de scooter, à cause d’un problème de freins. Le troisième est un banquier américain qui vendait des assurances à des compagnies pétrolières. Je campe ce personnage. La pièce, c’est la rencontre de ces trois gars qui ne se connaissent pas.»  

Cette rencontre mène vers une série de réflexions et de questionnements, peut-on comprendre en écoutant Martin Drainville. «Ce spectacle permet de réaliser que les catastrophes à l’échelle humaine sont, la plupart du temps, prévisibles. Comment se fait-il qu’une chaîne d’événements finisse par se faufiler? Ça raconte ça. Les questionnements portent là-dessus.»  

Quelles sont les réactions et les pensées des spectateurs après le spectacle? demande-t-on à Martin Drainville. «Je pense que les spectateurs, en s’attardant à la tragédie de Lac-Mégantic, sortent en se disant: “On ne pensait pas que c’était évident à ce point que ce n’était pas Thomas Harding le coupable. Et comment se fait-il qu’on ait laissé passer tous ces signes?” Je crois aussi que les gens se demandent ce qu’ils feraient s’ils voyaient eux-mêmes des signes et qu’ils étaient le maillon d’une chaîne chez eux ou à leur travail — parce que, parfois, on est témoins de choses qui n’ont pas de bon sens. À un moment donné, on devient tous responsables, et je pense que les choses changent tranquillement.» 

Encore Broue 

Outre sa participation à la pièce Les Hardings, Martin Drainville retrouvera ses complices Benoît Brière et Luc Guérin pour plusieurs autres représentations du classique Broue dès la prochaine saison estivale. «En juillet, on reprend ça au Théâtre du Vieux-Terrebonne et ensuite, on part en tournée. On en a jusqu’en 2021 à se promener. Je peux témoigner que cette pièce dépasse le simple spectacle. Il y a un phénomène social. Les gens viennent et reviennent voir Broue. On pose la question avant de jouer, et 80 % des spectateurs dans la salle l’ont déjà vue. Dans un premier temps, ils viennent voir la pièce pour s’assurer qu’on est à la hauteur. Une fois que c’est fait — on tire quand même bien notre épingle du jeu! —, ils remettent ça en amenant leurs enfants, par exemple. Cette pièce a quelque chose de spécial: les gens veulent amener d’autres personnes pour la voir. Ça fait 40 ans que ça dure et ça décrit quelque chose qui n’existe plus: la taverne. Ça fait encore résonner une corde sensible et ça décrit bien l’Homo sapiens québécois qui a de la difficulté à s’exprimer et qui a besoin d’avoir un p’tit verre dans le nez pour dire quelque chose.»  

On peut également apprécier les talents de comédien de Martin Drainville dans la série Fragile, de Serge Boucher (ICI Tou.tv Extra), où il tient un rôle important. «Mon personnage s’appelle Patrick Provencher, mais on le surnomme Bazou. Il fait le lien entre les deux familles qui sont celles des deux personnages principaux, rôles tenus par Pier-Luc Funk et Marc-André Grondin. Bazou a à cœur le bien-être des deux familles.»  

  • Créée en 2018 au Théâtre d’Aujourd’hui et reprise récemment à Québec, au Théâtre de la Bordée, la pièce Les Hardings reprend l’affiche au Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 15 février.

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