Paul Houde, un grand-papa occupé | 7 Jours
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Paul Houde, un grand-papa occupé

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Photo : Karine Lévesque, Groupe TVA

À force de le côtoyer au 98,5 FM depuis plusieurs années, j’ai constaté à quel point Paul Houde était un homme de radio! Comptant 44 années au micro, il a adopté un nouveau rythme cet automne, quittant la barre du retour à la maison en semaine pour accompagner ses fidèles auditeurs le week-end. L’animateur est aussi un homme de famille, père de deux garçons, Karl et Paul-Frédéric, et qui nourrit des projets avec son petit-fils, Léni, deux ans et demi.

Paul, la fidèle relation que tu as avec tes auditeurs m’impressionne. Comment expliques-tu ce lien?

J’anime depuis 44 ans, et le public s’attache aux voix radiophoniques. J’ai développé malgré moi une réputation d’avoir des statistiques sur tout, et c’est le fun; ça définit bien ce que j’ai toujours été! Je crois que les gens aiment ça, que ça les fascine et les divertit. J’y ajoute aussi de l’humour et ça leur plaît. 

Maintenant, tu es au micro le week-end. Comment vis-tu ce changement?

Je me sens un peu orphelin de la discipline qu’exigeait la routine d’une émission du lundi au vendredi. Je lis encore mes quotidiens et me prépare comme si j’allais en ondes... mais je ne peux rien faire de cette actualité! Rendu au week-end, on est ailleurs! Francine, ma femme, n’arrête pas de me dire que je devrais relaxer, qu’à 65 ans, j’ai mérité un rythme de vie plus tranquille!

Suis-tu son conseil? 

Je ne peux pas, je n’ai jamais fait ça! Ma routine reste la même. Je développe toutefois des projets que je n’avais pas le temps de faire, comme la télé. De belles choses s’en viennent. 

Paul Houde est-il un workaholic?

Workaholic big time! Au point de se faire soigner... 

Cela a-t-il affecté ta vie familiale?

Probablement, car je n’ai pas la même relation avec mon petit-fils qu’avec mes deux gars. Tout ce que je n’ai pas pu trouver comme espace pour mes deux fils, c’est non négociable pour Léni. Je dois compenser inconsciemment. 

As-tu des regrets?

Je n’ai pas de culpabilité et je ne veux surtout pas me juger sur le fait que j’ai été un bon ou un mauvais père. Être parent, ce n’est pas un classement mathématique. Il n’y a personne de parfait, mais je reconnais que j’ai fait des choix professionnels qui ont affecté le temps passé avec mes fils et ma relation avec eux, entre autres avec le plus vieux. Karl a fait son chemin, mais Paul-Frédéric a eu un parcours atypique. Je me dis parfois que si j’avais été là à des moments stratégiques, les choses auraient peut-être été différentes.

Il semble que Léni et toi soyez très proches et que vous aimiez les mêmes choses. 

Oui! Je vois mon portrait en lui! Ça ne sera pas populaire auprès de ses parents! (rires) Comme moi, il adore tout ce qui est transport — les camions, les avions — et les chiffres! Il connaît ses chiffres à deux ans et demi! Il aime aussi mon VR, qu’il nomme «le bu-bus à papi!» Et papi l’emmène en bu-bus! On a de belles activités de prévues en VR. Par exemple, le mardi 8 avril 2024, il y aura une grande éclipse totale du soleil en Amérique du Nord. À Bromont, il y aura 3 minutes 21 secondes d’éclipse totale! Je veux vivre cela avec lui!

C’est tellement toi, tu parles toujours des chiffres! Qu’est-ce que tu aimes tant de ceux-ci?

Le fait qu’il n’y a pas de jugement. Les chiffres, c’est final. Tu auras beau utiliser toutes les émotions du monde; les chiffres, eux, ne mentent jamais. Dans ce monde irrationnel, heureusement, ils viennent mettre de l’ordre! Je suis le gars le plus plate au monde, hein? 

Paraît-il aussi que Léni réussit à faire ses siestes quand il est chez grand-papa et pas à la maison! Quel est ton secret?

(Rires) Le truc est le protocole avant d’aller à la sieste: il faut le préparer. On ne passe pas du jeu à la sieste directement. Il faut relaxer l’esprit et le corps graduellement, c’est biologique. On passe donc du jeu à une autre activité qui épuise, comme passer l’aspirateur, car il adore cela, pour ensuite aller lire un livre dans le lit et, tranquillement, je l’emmène vers la sieste. C’est une science!

Que veux-tu lui inculquer? 

Je veux qu’il soit capable de se défendre dans la vie. Quand j’étais petit, dans l’autobus, ça se battait toujours! La façon de me battre que j’ai trouvée? Mon humour! Je veux cela pour lui. Il est chanceux, car le monde actuel n’est pas aussi sombre qu’on le pense. On est, en général, mieux que dans certaines périodes de l’histoire. 

Avec tes fils, qui ont 31 et 35 ans, as-tu plus une relation «chums de gars» ou «père-fils»?

Entre toi et moi, je n’ai jamais su ce qu’était censée être une vraie relation père-fils. Est-ce que c’est de prendre un air grave quand c’est le temps? Je te dirais que je suis chum de gars avec les deux, mais à des niveaux différents. Avec mon petit-fils aussi, mais ce n’est pas pareil, c’est en douceur et intellectuel. Je sens qu’il est stimulé par plein des choses, alors je mets des bûches dans le feu! 

Tu es avec Francine depuis 38 ans. Où en êtes-vous dans votre relation?

(Il rit fort.) Trente-huit ans et trois mois! On est comme deux amis sur un banc. Come on, après 38 ans, on a tout vécu! Il n’y a pas plus différents qu’elle et moi, c’est le pôle Nord et le pôle Sud!

Qu’est-ce qui a fait que vous avez connecté?

J’ai toujours été séduit par les femmes fortes. Ma mère et ma tante en étaient et j’ai toujours admiré cela. Francine est comme ça, une femme de tête, et c’est ce qui m’a plu chez elle. Elle est aussi profondément maternelle. Quand les enfants étaient petits, c’était elle qui se levait la nuit, vu que j’étais morning man. Elle est merveilleuse!

  • Il est au micro de l’émission Les week-ends de Paul Houde au 98,5, les samedi et dimanche dès 7 h.

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